Cielo : Capturer toute la beauté du ciel
Cinéma

Cielo : Capturer toute la beauté du ciel

Le premier long métrage d’Alison McAlpine – un documentaire contemplatif et méditatif, humain et inspirant – nous fait découvrir les splendeurs du désert d’Atacama, au Chili, et interroge notre rapport au ciel.

C’est délicat de composer une musique pour un film comme Cielo, car apposée aux images du ciel, on peut tomber dans une présentation plutôt ésotérique au planétarium. Comment avez-vous travaillé l’aspect sonore du film?

J’ai travaillé avec le compositeur montréalais Philippe Lauzier et nous sommes voisins en plus! On n’a pas mis de musique sur le rough cut, car je n’aimais pas l’idée d’avoir de la musique au départ; ça détourne l’attention. Grâce à l’équipe technique, on avait accumulé une banque de sons exceptionnelle et finalement je me disais que le film nécessitait une musique acoustique, humaine, comme la voix du ciel. C’est chaleureux, organique et quand j’ai rencontré Philippe, j’ai été convaincue par son travail.

Étiez-vous familière avec le désert d’Atacama au départ? Comment a débuté cette aventure?

J’ai reçu une petite bourse pour faire un projet dans le désert sur un télescope. Sur place, j’ai rencontré des scientifiques, j’ai lu des poètes chiliens inspirants et j’ai été mise en contact avec des gens très sympas. Mais au départ, je ne pensais pas faire un film. C’est une fois dans le désert, sans électricité, sans lune, que j’ai vu le ciel pour la première fois. C’était l’élément déclencheur.

On ne vous voit jamais à l’écran. Il y a votre voix off, très douce, mais vous ne vous mettez pas en scène; vous laissez davantage parler les gens et les paysages. Et quand vous parlez du ciel dans votre film, vous vous y adressez comme s’il s’agissait d’une personne. Ça apporte une autre dimension au film, plus personnelle.

En effet, je ne suis pas comme Michael Moore! Je ne voulais pas être devant la caméra et je préfère nettement m’effacer. J’ai établi un lien de confiance avec les gens que je rencontrais et je voulais que la caméra soit invisible. La voix off, c’est tout de même un défi pour moi. Il fallait trouver un bel équilibre pour que ces ajouts soient pertinents et que ça ne soit pas qu’un assemblage de commentaires de ma part.

Comment filmer le ciel d’une manière différente de tout ce qu’on a vu jusqu’à présent?

C’était un défi énorme. Comment capturer toute la beauté du ciel, toute son infinité? Je n’aime pas trop les time lapses, et nos objectifs n’étaient pas les plus précis, mais on a réussi à faire quelque chose de très bien avec la boîte de postproduction Post-Moderne, en trouvant des textures très belles. J’étais vraiment très satisfaite du résultat.

Alison McAlpine
Alison McAlpine

Votre film oscille entre l’aspect scientifique et le spirituel. Dans quelle mesure les contes, les légendes locales et les anecdotes personnelles sont-ils importants dans votre film?

J’adore les contes à propos des fantômes et des extraterrestres dont on entend beaucoup parler au Chili. Pour moi, le ciel est pour tout le monde. J’ai choisi des scientifiques qui sont davantage des poètes et des philosophes. Les Chiliens que j’ai interrogés ont une vision du monde très intéressante. On associe plein de choses avec le ciel; des mythes, les morts, Dieu, et au final on réalise que tout le monde se projette un peu dans le ciel.0

À la fin du film, vous réunissez plusieurs personnes autour d’un repas en leur demandant: «Que signifie le ciel pour vous?». Je vous pose la question à mon tour.

Je vais bientôt retourner au Chili pour un festival et je veux dormir à la belle étoile. Le ciel chilien et ses étoiles me manquent. Je ressens une liberté dans le désert et je me semble humble. En ville, on vit à l’horizontale, la vue est bloquée alors que dans le désert, la nuit, on a une tout autre perspective. On arrive à voir la Voie lactée! Le ciel m’enseigne et me donne de l’énergie.

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Le film sera présenté au Cinéma Beaubien, en version originale sous-titrée en français, et au Cinéma du Parc, en version originale sous-titrée en anglais dès le 10 août.

Quatre projections-événements sont organisées les 10, 11 et 12 août, en présence de la cinéaste Alison McAlpine, de la productrice Carmen Garcia et des astrophysiciens René Doyon et Frédérique Baron de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx), pour des discussions avec le public.

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