We The Animals : À moitié laid, à moitié noir, à moitié sauvage
Cinéma

We The Animals : À moitié laid, à moitié noir, à moitié sauvage

Adapté du roman d’apprentissage semi-autobiographique de Justin Torres, ce film délicat et intimiste réussit à camper un monde de l’enfance hystérique, joyeux, fou et triste à pleurer dans lequel se démarque le jeune comédien Evan Rosado au regard foudroyant.

Au coeur de We The Animals, réalisé par Jeremiah Zagar, il y a une famille américano-portoricaine pauvre du Nord de l’état de New York dans les années 1980. Le film dépeint un certain milieu social ouvrier. La mère, attentionnée et aimante, travaille la nuit dans une usine d’embouteillage de bière et le papa au caractère instable vivote comme gardien de nuit dans une usine abandonnée. Avec leurs trois enfants, ils vivent dans une bicoque au fond de la forêt. We The Animals raconte leur histoire du point de vue de Jonah, le plus jeune des trois fils. 

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Le film nous présente des scènes de leur vie conjugale. Ils sont cinq sans le sou, mais heureux et des moments à jouer à la cachette dans le bain sont suivis par de la violence entre le papa et la maman. La caméra regarde toujours à la hauteur de Jonah, le plus jeune des trois frères, le plus fragile: c’est l’artiste de la famille. Le jour de son anniversaire, sa mère lui dit qu’il aura éternellement neuf ans plus les années qui s’écoulent, magnifique tendresse d’une maman envers son fils qu’elle verra toujours comme un enfant. Jonah écrit, dessine et ses illustrations viennent ponctuer les scènes du film comme pour les préciser. En plus de ces illustrations, le réalisateur utilise parfois des images sur pellicule 16mm pour mettre en perspective les divers moments de ce récit familial. On songe à Boyhood de Richard Linklater. On ressent l’enfance et les relations qui se transforment à mesure que la vie fait sentir son rouleau compresseur sur la famille.

Dans la plus pure tradition du cinéma indépendant américain, ce drame familial nous rappelle que le territoire de l’enfance, avec toute sa violence, détermine tout ce qui fera de nous des adultes. Ainsi, Jonah construit un lieu où ses frères et lui sont les rois d’un royaume fragile, mais pur et intact. Le jeu récurrent où les trois frères se réfugient sous les couvertures avec des lampes-torches nous rappelle la force de la fraternité et le triomphe de l’imagination. Un film qui nous rappelle d’où l’on vient.

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