L'amour à la plage : Le temps qu'il reste
Cinéma

L’amour à la plage : Le temps qu’il reste

C’est sur les airs de Je sais de Michel Louvain que s’ouvre L’amour à la plage. Voilà une chanson en adéquation avec ce documentaire qui traite de la vie amoureuse immédiate des derniers snowbirds de Fort Lauderdale. Un premier film qui réussit à prendre le pouls de cette génération en voie de disparition.

«La première fois de ma vie que je me suis rendu en Floride, c’est pour faire la recherche sur ce film», nous confie le Brésilien d’origine Lessandro Sócrates, l’un des deux réalisateurs de ce documentaire. «Mise à part Montréal, je ne connaissais pas le Québec et ses habitants. J’ai essayé de voir comment je pourrais me reconnaître dans leurs vies et dans leurs propos.»

En compagnie de Judith Plamondon, Sócrates a démarré ce projet en effectuant un appel de candidatures sur Facebook. Des centaines de personnes ont répondu à ce projet de film. L’idée de départ était de faire un film sur la retraite et l’adaptation qui doit suivre.

«On a réalisé que ce moment marquait un tournant dans la plupart des relations de cette génération de baby-boomers», nous explique Judith Plamondon. «Ceux qui étaient en couple se tapaient sur les nerfs et ceux qui étaient célibataires avaient plus de temps pour chercher quelqu’un d’autre. Lorsque nous avons fait des recherches en Floride et que nous sortions au fameux Thunderbird Café à Miami, la tension sexuelle était à son comble.»

EyeSteelFilm
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C’est donc devenu évident pour le duo de réalisateurs que son sujet était les moeurs de cette génération, l’envie d’amour et de vie sexuelle active. Ils ont alors procédé au choix de protagonistes: Richard, Jean, Gigi et Mimi, tous des snowbirds qui représentent bien cette génération ayant travaillé longtemps pour le même employeur et jouissant d’une retraite en Floride l’hiver.    

«On voit bien dans le documentaire qu’on ne parle presque pas du passé», observe Sócrates. «Nos personnages vivent dans le présent et dans le futur proche. On ne parle pas de leurs relations passées et de leur vie avant la retraite. Je trouve que c’est très fidèle à ce que nous avons observé là-bas: les gens vivent dans l’immédiat.»

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On observe dans le film du duo une seconde adolescence avec moins de temps en avant. Tout se déroule avec une certaine fureur de vivre. Mimi vit l’amour comme à 16 ans, rongée par l’attente et le doute. Le couple formé par Gigi et Jean a ses zones de tension et ses grandes folies amoureuses tandis que l’homme-orchestre de Saint-Anicet, Richard Cusson, demeure cet éternel adolescent qui a du mal à changer, mais pour qui l’espace du documentaire est aussi l’occasion de procéder à une certaine analyse.

«Il représente en quelque sorte un petit Québec en Floride, une génération qui est en train de disparaître», nous expliquent les deux réalisateurs. «C’était aussi un défi que de le faire parler et se révéler à la caméra. Il n’y en a pas des tonnes d’hommes de 65 ans qui acceptent de se livrer. On a réussi ensemble à aller dans cette direction, car il a peu à peu compris ce que nous voulions faire: du cinéma et non du Canal Évasion.»

photo EyeSteelFilm
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Avec ces quatre protagonistes, L’amour à la plage devient en quelque sorte la chronique d’une époque presque révolue. Les motels de Québécois en Floride ferment leurs portes et le mode de vie des snowbirds semble se transformer. Ce film documente avec intelligence cette émigration saisonnière de nos aînés sans aucun sarcasme et nous en apprend un peu plus sur leurs façons d’aimer et d’être. Le film pourrait d’ailleurs donner naissance à une suite axée sur une histoire du petit Québec en Floride. Un film résolument attachant.

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Première du film au FCVQ le vendredi 14 septembre 19h

À l’affiche le même jour à Montréal, au Cinéma Beaubien et à la Cinémathèque québécoise, et dès le 21 septembre à Québec au Cinéma Le Clap.

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