Madeline's Madeline : «Tu ne joues pas un chat, tu ES un chat.»
Cinéma

Madeline’s Madeline : «Tu ne joues pas un chat, tu ES un chat.»

Dans sa troupe de théâtre expérimental, la jeune Madeline (Helena Howard, dont la carrière sera à surveiller de près) tente, par tous les moyens possibles, d’atteindre ce que sa metteure en scène enceinte et à la voix douce (Molly Parker) attend d’elle. Madeline est fascinée par cette figure d’autorité et se donne corps et âme en ayant une totale confiance dans ses méthodes immersives, pourtant de plus en plus tordues. Évoluant dans un climat familial difficile, avec une mère hypocondriaque et surprotectrice (l’artiste, comédienne et réalisatrice Miranda July), c’est dans le théâtre et la danse que l’adolescente trouve un certain salut. Et lorsque sa metteure en scène réalise qu’elle peut exploiter la relation tendue entre Madeline et sa mère, elle pousse sa jeune protégée dans des recoins troubles, voire dangereux, au point d’inclure sa mère dans son projet artistique. Dans cette mise en abyme qu’elle découvre et exploite, elle entremêle réalité et fiction, provoquant un mélange explosif pour l’adolescente déjà fragile psychologiquement. 

Pour symboliser le trop-plein de créativité qu’exulte Madeline, une mise en scène éclatée se devait de dominer le film de bout en bout. Tous les personnages sont filmés de très près, ce qui laisse peu de place à l’artifice et permet de scruter leur vulnérabilité, parfois avec un sentiment de malaise volontairement exacerbé. Tantôt déchainées, tantôt sensuelles, les images défilent à un rythme immodéré et collent au tourbillon foisonnant que représente la vie de Madeline. Peu à peu, sous le regard apparemment attendrissant – mais surtout égoïste – de cette femme qu’elle admire, Madeline s’abandonne complètement dans une enfilade d’excentriques chorégraphies et de singuliers exercices de jeu. Pour ce long métrage, la réalisatrice Josephine Decker s’adonne à de nombreuses extravagances, en superposant des trames sonores, en amplifiant les éclairages et les effets de flou et en proposant un montage en apparence chaotique. Par ses abondantes associations surprenantes, le montage fracturé relève davantage des connexions entre les synapses du cerveau humain ou d’un flot ininterrompu de pensées éparses. Une expérience filmique touchante et épatante, un tourbillon émotif et stylistique réussi.

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