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Capharnaüm : Dans la faiblesse de l'âge
Cinéma

Capharnaüm : Dans la faiblesse de l’âge

Tout commence dans un tribunal. Le petit Zain se retrouve face au juge après avoir commis un crime. Du haut de sa douzaine d’années, il affirme vouloir poursuivre ses parents en justice pour l’avoir mis au monde. Telle une bombe, la phrase est lancée, et le ton tragique de Capharnaüm est donné.

Bien que leurs thèmes soient graves, des deux premiers films de Nadine Labaki se dégageaient une ferveur et un enthousiasme propres à la comédie. C’est au drame que la cinéaste choisit cette fois-ci de se consacrer corps et âme. Une deuxième couche n’est pourtant jamais bien loin sous la carapace initiale pour celle qui a toujours su mélanger les genres. Le caractère hybride du cinéma de Labaki revient au galop lorsque dans son rapport frontal au réel l’histoire du jeune Zain se rapproche toujours un peu plus d’un regard issu du documentaire.

Si la réalisatrice ne déroge pas à la règle et fait à nouveau une apparition dans son propre film – ici à titre d’avocate -, le reste des acteurs sont non-professionnels. Une méthode déjà utilisée pour son second film (Et maintenant, on va où?, 2011) qui insuffle à Capharnaüm toute sa force de conviction.

Le destin que suit Labaki est aussi celui de Yonas (Boluwatife Treasure Bankole), un bébé éthiopien dont la mère est arrêtée subitement et dont Zain (Zain al-Rafeea) devra s’occuper. Après avoir fui de chez ses parents, le jeune garçon fait la rencontre de Rahil (Yordanos Shiferaw), jeune mère sans-papiers. Même si la nuance dans ce dernier long métrage est moins palpable que dans les précédents, cette croisée des destins est l’occasion d’exposer les deux côtés de la médaille, une volonté que l’on retrouve au procès de Zain où ses parents tenteront de se justifier.

C’est avant tout par son propos que Capharnaüm rejoint ses prédécesseurs. Alors que le Liban est systématiquement un protagoniste à part entière, le septième art est pour Nadine Labaki un moyen de parler des groupes de population qui sont les premiers touchés par les inégalités et les conflits. Après les femmes – qui parlaient d’amour et de liberté dans Caramel (2007) puis de paix dans Et maintenant, on va où? – c’est sur les plus jeunes que Labaki braque ici sa caméra, toujours à l’épaule pour adopter leur point de vue et ainsi livrer un véritable plaidoyer pour l’enfance.

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En salle le 1er février à Montréal (Cineplex Forum, Cinéma Beaubien et Cineplex Odeon Quartier), le 15 février à Montréal (Cinéma du Parc)

Le film débutera le 15 février à Montréal au Cinéma du Parc, à Québec au Cinéma Le Clap et à Trois-Rivières au Cinéma Le Tapis Rouge

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