Le Prodige : sursaut sans surprise
Cinéma

Le Prodige : sursaut sans surprise

Il est intéressant de noter que la scène plutôt traumatisante et bien ficelée que l’on aperçoit dans la bande-annonce du Prodige est en réalité un rêve. Du moins, c’est ainsi qu’elle est représentée dans ce dernier long métrage de l’Américain Nicholas McCarthy (Le pacte, At the Devil’s Door, Holidays). Comme il est étonnant, déjà, de constater une fois de plus l’utilisation du réveil en sursaut au sein d’un film d’horreur. Ensuite, rien d’autre n’équivaut à cette scène qui se révèle être de courte durée, bien loin d’illustrer la totalité du film, trop prévisible et finalement très pauvre sur l’échelle de la frayeur.

Il est né le jour de la mort d’un célèbre tueur en série. Sarah (Taylor Schilling) serait prête à tout pour son fils Miles (Jackson Robert Scott), jeune garçon surdoué aux yeux vairons. Jusqu’au jour où celui-ci commence à se comporter de façon étrange. Le prodige est de ces films facilement oubliables, similaire à une centaine d’autres réalisations du genre où choquer réside davantage dans l’attente de quelques jump scare que dans la réelle construction d’une tension. Revenons une dernière fois à cette scène du rêve – opposant mère et fils dans un couloir – révélatrice du manque d’originalité de l’oeuvre, puisque recopiée du film d’horreur italien Shock (1977).

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Plusieurs passages laissent néanmoins croire à une éclaircie, comme celui où la mère du jeune Miles fait appel à un spécialiste, qui comprend la situation, mais pour une fois n’incarne pas par son analyse la solution divine. À nouveau, l’espoir d’un changement de rythme se fait bref puisqu’il finira par trouver un indice et rappeler Sarah peu de temps après cette rencontre. Cette séquence, la deuxième choisie pour la bande-annonce, est une plongée au coeur d’une séance de psychanalyse peu commune qui semblait préparer le terrain pour un film d’horreur psychologique. Or, il n’en est rien. Si Miles semble être habité par l’esprit de quelqu’un d’autre, jamais n’est-il question d’explorer au-delà du statut de l’enfant pris au piège dans son propre corps, sujet somme toute assez banal tant ils sont nombreux à être passés par là dans le cinéma de genre.

Rien n’est donc véritablement creusé en deçà de cette première couche narrative qui se résume à sauver le jeune Miles. Tout n’est voué qu’à être exposé en surface, sauf peut-être le jeu des acteurs, particulièrement celui du jeune Jackson Robert Scott (Ça version 2017), de Taylor Schilling (Orange is the New Black) dans le rôle de la mère et du thérapeute joué par Colm Feore.

Pour le grand frisson, on repassera.