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Nous sommes Gold : Quand les cendres se déposent
Cinéma

Nous sommes Gold : Quand les cendres se déposent

Avec son deuxième film Nous sommes Gold, Éric Morin fait à nouveau rimer Abitibi avec rock indie.

Dix années se sont écoulées depuis qu’une catastrophe minière a fragilisé une ville éloignée. Les commémorations poussent une chanteuse (Monia Chokri) à rompre son exil pour revenir au pays. Malgré le fardeau du passé, l’appartenance à la terre et au territoire semble plus forte que tout.

«Ce n’est pas un choix conscient de dire que je trouve important ou non d’être proche de ses racines, explique en entrevue le réalisateur et scénariste Éric Morin. En fait, je ne le sais même pas, mais je pense que mon inconscient comprend que ce thème a une place fondamentale dans mes valeurs.»

Comme son héroïne, Éric Morin vient d’une petite ville minière. Et comme elle, il l’a désertée dans la vingtaine pour des contrées plus grandes. «J’y suis revenu 20 ans plus tard quand j’ai eu des enfants, pour me rapprocher de mes parents et pour écrire», relate-t-il.

La poussière a eu le temps de retomber, les fantômes de se dérober et même si ce récit n’a rien d’autobiographique, le poids des régions demeure palpable. «Mon père a travaillé toute sa vie dans une mine, confie le cinéaste. C’est un milieu qui ne m’a jamais intéressé. Sauf qu’en y retournant, je me suis aperçu que c’est incontournable. C’est dans la culture, c’est un mode de vie qui est en arrière de tout.»

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L’ADN musical

Pour notre protagoniste, ce retour aux sources doit absolument passer par la résurrection du groupe de musique GOLD qu’elle formait avec ses amis d’enfance (campés par Emmanuel Schwartz et Patrick Hivon). Une formation d’un milieu ouvrier – dont les références avouées sont les Pixies et Joy Division – qui arrive à rallier la communauté dans l’adversité.

Cette fascination pour le rock indépendant, Éric Morin l’a déjà exprimée dans son précédent film Chasse au Godard d’Abbittibbi. La musique maculée du sceau des années 1980 et 1990 forme ici l’enrobage conceptuel du long métrage. Un esthétisme organique, porté par les compositions de Philippe B qui font résonner autrement le drame, l’humour (car il y en a beaucoup) et l’émotion.

«Philippe B est mon ami depuis le secondaire 3 et on a eu un band ensemble, rappelle le cinéaste. Je lui ai demandé d’écrire les tounes en même temps que j’écrivais le scénario. Le scénario a évolué au fil des tounes et vice-versa.»

«Je voulais faire un film de musique pour rendre une expérience crédible de rock indie dans le cinéma, poursuit Éric Morin. C’était très important de créer un band qui se peut».

Pour s’en convaincre, les Rendez-vous Québec Cinéma organisent le soir de la première mondiale (le 28 février) un spectacle en bonne et due forme où Emmanuel Schwartz, Monia Chokri et compagnie seront sur scène pour rocker les mélodies de Philippe B. Ça va brasser!

En salle le 29 mars au Québec

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