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Greta : Une amie qui vous veut du bien
Cinéma

Greta : Une amie qui vous veut du bien

Les apparences sont parfois trompeuses, et le dernier né de Neil Jordan en est un bon exemple.

Ne vous fiez pas à l’une de ses actrices que vous reconnaîtrez sans doute (Maika Monroe), Greta n’a rien d’un digne héritier du petit bijou d’horreur It Follows (2014). Le casting était pourtant parfait, avec en tête d’affiche deux pointures des cinémas français et américain, Isabelle Huppert et Chloë Grace Moretz. Trop beau pour être vrai sans doute, puisque le résultat est fade, témoin d’un manque cruel d’exploitation du talent des actrices choisies.

Un soir en rentrant de son dernier shift de serveuse, Frances (Chloë Grace Moretz) tombe sur un sac à main orphelin dans le métro new-yorkais. Y trouvant une carte d’identité, la jeune femme décide de le ramener à sa propriétaire: Greta (Isabelle Huppert), une nouvelle amie solitaire qui devient de plus en plus envahissante.

Le développement de l’intrigue n’est pas là où on aimerait pouvoir l’attendre, comme avec cette première partie de film qui traîne en longueur et en scènes répétitives qu’on sait depuis un moment définir comme du harcèlement. La seconde partie, au plus fort potentiel, retombe à plat lorsque l’ambiguïté du personnage de Greta est abandonnée. Alors qu’elle suit Frances jusqu’au restaurant où elle travaille, elle est soudainement prise d’une crise de colère qui fait perdre tout son charme à la subtilité de sa folie. Quelques scènes isolées lui redonnent de la couleur lorsqu’elle alterne – impassible – verres de vin rouge et nettoyage de flaques de sang sur le parquet. Une éclaircie au sein d’un jeu somme toute assez insipide pour une actrice française qui sait pourtant si bien manier la nuance. Mais derrière chacune des actrices se cache un personnage féminin bien trop unidimensionnel. Si Greta est la folle, Frances n’est finalement pas grand-chose d’autre que la bonne poire. Même lorsque surgit le thème de la relation mère-fille – certes convenu mais piquant la curiosité – rien n’y fait, encore une fausse piste: le tout passe alors à côté d’une dimension psychologique qui aurait donné davantage de consistance à ses héroïnes.

Pour un soi-disant suspense psychologique, Greta ne possède décidément ni l’un ni l’autre, le suspense laissant entendre une quelconque surprise là où l’on trébuche plutôt dans l’ennui mortel. 

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