Une femme en guerre : La croisade salvatrice
Cinéma

Une femme en guerre : La croisade salvatrice

Une Islandaise se dresse devant ceux et celles qui s’en prennent à la Terre dans l’engageant Une femme en guerre.

Non, il ne s’agit pas de Björk avec ses chansons, mais d’une activiste qui n’a pas froid aux yeux. Telle une Don Quichotte des temps modernes, elle affronte cet immense moulin du capitalisme ravageant, sabotant notamment des pylônes électriques avec son arc et ses flèches!

La volonté de changer les choses chez le cinéaste Benedikt Erlingsson (découvert en 2014 grâce à l’exquis Des chevaux et des hommes) prend la forme d’un conte écologique aussi excentrique que ludique, qui n’aspire nullement à la profondeur du supérieur Night Moves (2013) de Kelly Reichardt. Au contraire, la révolte passe par l’humour et le suspense, ces genres cinématographiques où les réactions s’avèrent instantanées et les émotions souvent manipulables. Surtout lorsque l’héroïne hésite à abandonner sa cause afin d’adopter un enfant…

Ce manifeste absurde a beau prêcher par un certain excès – les gags se répètent, au même titre que cette façon à la Kusturica de transposer des musiciens et des choeurs directement dans l’action – qui limite sa folie, il est difficile de s’y ennuyer. L’oeuvre ambitieuse et généreuse rassemble, puissant au sein même des magnifiques paysages islandais afin de multiplier les images panoramiques. Des plans inclusifs rappelant que l’humanité tout entière est concernée afin de sauver et préserver les beautés de la planète.

La naïveté du trait renforce le charme du film, qui se donne cœur et âme sans jamais ménager les efforts. Un constat qui s’applique également à la lumineuse Halldóra Geirharðsdóttir, renversante dans le rôle-titre. Celle que plusieurs Québécois ont découvert dans le conte pour tous Régina! (2002) trouve le rôle de sa vie, apportant verve et outrance à ce personnage unique dont la dualité se manifeste inéluctablement à l’écran. Si jamais un remake francophone se dessine à l’horizon, il faudra faire appel à Juliette Binoche… ou à Marie-Thérèse Fortin.

Récit féministe dans l’ère du temps, Une femme en guerre donne le goût de résister, de refuser l’inéluctable. Il ne faut parfois qu’un exemple pour inspirer, ce que parvient à faire cette figure certes imparfaite, mais foisonnante de possibilités et d’espoir.

En salle le 29 mars à Montréal, le 5 avril à Québec et Trois-Rivières, puis le 12 avril à Sherbrooke.

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