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The Beach Bum : Entre deux joints
Cinéma

The Beach Bum : Entre deux joints

Le cinéma d’Harmony Korine n’a jamais fait l’unanimité et ce n’est pas avec The Beach Bum qu’il va commencer.

À sa sortie en 2013, Spring Breakers a profondément divisé le public. Il s’agissait d’une oeuvre creuse et immature pour les uns, brillante et nécessaire pour les autres. Les gens quittaient la salle avant la fin du film, happés par cette virulente critique d’une société vide et nihiliste.

Beach Bum est fait du même bois. À priori, il ne s’agit que d’un film de poteux comme les autres, poreux et de mauvais goût. En y regardant bien, on y décèle pourtant une vibrante satire du rêve américain, celle où le plaisir personnel passe avant le bien commun. Et lorsque le drame arrive, c’est l’espoir mélancolique d’une joie renouvelée qui permet de ne pas tout envoyer promener.

Développant une poésie des drogués qui n’est pas sans rappeler celle du mésestimé Inherent Vice (2014), Harmony Korine joue le jeu à fond. C’est de ça qu’il s’agit justement: une partie de plaisir. À prendre ou à laisser. Le scénario volontairement confus et les répliques improvisées ne sont que des prétextes pour le réalisateur de se détourner d’une histoire balisée afin de l’amener ailleurs, de suivre un chemin complètement imprévisible. Un peu comme si Godard décidait de refaire The Big Lebowski (1998).

Sans doute que le point de saturation est rapidement atteint. Surtout que le long métrage a tendance à traîner en longueur. Cette overdose de sexe et de drogue est pourtant voulue, culminant dans ses répétitions qui font tourner la tête, gracieuseté de la splendide photographie de Benoît Debie (proche collaborateur de Gaspar Noé). Il faut d’abord avoir la nausée pour oser une autre forme de liberté.

Matthew McConaughey s’avère hallucinant en dude détendu et un peu cinglé, n’hésitant pas à se moquer de son image. Les rencontres qu’il fait dépassent l’entendement. D’abord avec Snoop Dogg qui semble jouer son propre rôle. Puis avec Jonah Hill, Zac Efron et sa barbe en forme de panini, avant d’atteindre l’apothéose au contact de Martin Lawrence lors d’une scène d’anthologie avec des dauphins.

The Beach Bum a déjà tout du film culte irrévérencieux dont il ne faudra pas attendre 20 ans pour reconnaître ses vertus thérapeutiques, cinématographiques et, qui sait, spirituelles.

En salle le 29 mars

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