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L'extraordinaire voyage du fakir : L'aventure, c'est l'aventure
Cinéma

L’extraordinaire voyage du fakir : L’aventure, c’est l’aventure

Ken Scott parcourt la planète avec sa fable ludique L’extraordinaire voyage du fakir.

La dernière décennie a passé en un clin d’œil pour Ken Scott. Ses grands succès Starbuck (2011) et La grande séduction (2003) ont été refaits à l’étranger, pendant qu’il tentait sa chance aux États-Unis en filmant Vince Vaughn dans Delivery Man (2013) et Unfinished Business (2015). Puis, le 30 mai 2018 prenait l’affiche en France L’extraordinaire voyage du fakir, un film qui a depuis été vendu dans 160 pays. Cette transposition du populaire roman de Romain Puértolas devait être adaptée au cinéma par Marjane Satrapi (Persepolis), avant que le scénariste québécois n’apparaisse dans le portrait.

«Un producteur avec qui j’avais déjà travaillé a suggéré mon nom, car il trouvait qu’il y avait une similarité entre ce projet et ceux que j’ai écrits ou réalisés, raconte en entrevue le cinéaste. Je pouvais aménager le scénario qui était déjà écrit pour qu’il me ressemble.»

«Je trouvais que c’était une histoire qui était pleine de cœur, continue-t-il. Il y avait des surprises inattendues, de la comédie. C’était poignant, parfois poétique, vraiment foisonnant d’idées.»

Le long métrage suit le destin d’un fakir pauvre (Dhanush, immense star en Inde) qui quitte New Delhi pour la France, où il sera plongé dans des péripéties incroyables. «Je ne voulais pas faire une comédie cynique, explique le scénariste de Maurice Richard (2005). J’avais envie que les gens sortent de la salle avec un sourire… mais aussi avec quelque chose à discuter. Que ce ne soit pas juste: “On a ri et après c’est un peu vide”.»

Le récit ne tarde d’ailleurs pas à explorer des thèmes plus sensibles et dramatiques comme la crise des migrants qui sévit en Europe. «Le film n’est pas politique du tout, maintient le créateur des Doigts croches (2009). On ne se positionne pas. Par contre, on dit quelque chose d’important. C’est que si on regarde les immigrants simplement comme une autre version de nous, le monde serait meilleur. Il faut avoir plus d’empathie les uns et les autres. J’ai voulu filmer des immigrants avec beaucoup d’empathie, montrer des cultures pour que les gens les aiment.»

Le côté fantaisiste et fantastique de l’histoire est ainsi maximisé par la réalisation rythmée et colorée qui regorge d’hommages (à Bollywood, Fellini et les Monty Python), puis par cet aspect conte de fées magique qui permet les bons sentiments. «Les fables disent des choses de manière très, très simple et c’est assumé, rappelle le cinéaste. Les personnages sont mis de l’avant de façon assez évidente et on travaille avec des archétypes qui sont incarnés, contrairement aux stéréotypes.»

L’étonnante distribution qui défile parfois à toute vitesse comprend Bérénice Bejo, Gérard Jugnot et notre Sarah-Jeanne Labrosse nationale dans le rôle d’une femme qui hésite à devenir lesbienne par commodité… L’humour est évidemment toujours au cœur de la filmographie de Ken Scott, qui se confie sur ce qui le fait rire. «Au cinéma, c’est la frustration et la passion de personnages qui essaient d’accomplir quelque chose et qui n’y arrivent pas, avoue-t-il. Ce clivage-là entre ses moyens et son désir amène la comédie. Voir ces gens ne pas y arriver, c’est pour moi un bon mécanisme pour faire rire.»

Il le fait d’ailleurs dans L’extraordinaire voyage du fakir avec cette figure du héros qui a été influencée par celles de Being There (1979), Forrest Gump (1994) et After Hours (1985). «Ce sont des gens à qui tout arrive comme ça, par hasard, expose le Québécois. Je pense qu’on aime ces personnages qui se débattent contre le monde.»

À l’affiche le 21 juin

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