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Nous finirons ensemble : occasion manquée
Cinéma

Nous finirons ensemble : occasion manquée 

«Ce n’est pas parce qu’on a été potes pendant 20 ans qu’on est obligés de le rester.»

C’est avec ce constat pessimiste quoique lucide prononcé par le personnage de Max (François Cluzet) que Guillaume Canet amorce la suite de sa comédie dramatique à succès Les petits mouchoirs (2010). 

Plus de trois ans après leurs dernières vacances communes et la perte de leur ami Ludo (Jean Dujardin), les amis se trouvent à nouveau réunis chez Max dans Nous finirons ensemble. Seul hic, les retrouvailles de la bande ne se passent pas comme prévu et la fameuse maison de vacances est au bord de la vente. 

Contrairement à l’hypocrisie ambiante dans le précédent opus, l’honnêteté règne dès le début au sein du groupe. Un parti pris logique lorsqu’on approche la quarantaine, mais qui se dissipe finalement assez rapidement au cours du long métrage. Une sincérité diffuse… tout comme celle du cinéaste, qui passe à côté de son sujet. Là où la recette fonctionnait plutôt bien dans le premier, la sauce ne prend pas dans le second, en grande partie car cette affirmation somme toute universelle lancée par Max sur l’amitié tourne au vinaigre sur le plan cinématographique. 

Là où une réelle réflexion sur le groupe et les rapports sociaux aurait été la bienvenue, Guillaume Canet privilégie l’accumulation d’instants comiques et de saynètes qui ont pour effet d’amuser la galerie plutôt que de décortiquer l’évolution des liens amicaux. 

Les deux éléments les plus symboliques de ce résultat sont sans doute incarnés par les personnages joués par José Garcia et Laurent Lafitte. L’un, ennemi numéro 1 de Max, constitue une intrigue de plus qui n’apporte aucune plus-value au thème du film, tandis que l’autre, déclencheur comique par excellence et bouffon de la bande, finit par lasser tant il représente le manque de renouveau de cette suite. Si son ami Gilles Lellouche a réussi à faire ressortir d’un film choral des personnages forts et nuancés avec Le grand bain (2018), on ne peut pas en dire autant de Canet qui ne parvient ici pas à extirper les siens des stéréotypes dans lesquels il les campe. 

Nombreuses sont les sous-intrigues d’un autre temps – un personnage homosexuel qui retombe sous le charme de son ex-femme (Benoît Magimel), un père incapable de s’occuper de son enfant (Gilles Lellouche), une baby-sitter à l’image d’hystérique (Tatiana Goussef). Celles-ci ne font que confirmer que Nous finirons ensemble était davantage motivé par une nostalgie de ce groupe d’amis, partagée par le public, que par un besoin véritable d’approfondir le propos. 

En salle le 28 juin

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