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Midsommar : Les bienfaits de la communauté
Cinéma

Midsommar : Les bienfaits de la communauté

Un an après la sortie d’Hereditary, voilà qu’Ari Aster revient avec un nouvel opus. À la fois conte folklorique, hommage à The Wicker Man de Robin Hardy et trip hallucinogène, Midsommar revisite le piège à touristes avec distinction. 

Dani (Florence Pugh) essaie de se remettre d’une tragédie, alors que son copain (Jack Reynor) traîne une envie de rompre depuis plus d’un an. Pelle (Vilhelm Blomgren), leur ami suédois, propose un voyage dans son village natal afin d’observer les fascinants rites païens entourant les festivités du solstice d’été. Excellent prétexte pour fuir l’hiver permanent qui habite l’âme, le couple s’envole avec ses amis à la recherche d’un peu de divertissement. Sous le couvert d’une étude des zones sombres d’un amour moribond, il s’agit davantage d’une excursion au cœur de la solitude qui règne en période de trauma, allant jusqu’à proposer une représentation un peu tordue de la guérison grâce au pouvoir de la communauté. 

Si la prémisse suit un patron sans trop y déroger, Aster compte là-dessus non pas pour tromper les attentes scénaristiques, mais plutôt chercher à révéler des surprises au niveau de l’expérience émotive. Midsommar n’est pas tellement un film d’horreur plutôt qu’un drame aux couleurs horrifiques. Si un certain amour du gore surgit pour quelques plans, ça et là, l’élément anxiogène réside dans l’inquiétante étrangeté d’une menace latente et difficilement identifiable parce que bordée de bienveillance.  

Midsommar rejoint Hereditary bien au-delà de certains de ses thèmes et symboles. Les esthètes y retrouveront le même style soigneusement travaillé par le découpage et la composition. À la lumière au seuil de la surexposition et aux mouvements de caméra hypnotisants de Pawel Pogorzelski, on ajoute le montage tranchant, parfois brutal, de Lucian Johnston (qui était également du précédent long métrage) pour faire cohabiter malaise et beauté, déjouant ainsi les prévisions du spectateur. De plus, tout comme Toni Collette dans le précédent, Florence Pugh impressionne de par sa performance généreuse et son charisme naturel, explorant sans pudeur l’univers psychologique de son personnage.

Si l’odyssée de Dani et de ses amis est loin d’être ennuyante, on sort de ce deux heures et demie avec l’impression que la réflexion du réalisateur est inachevée. Peut-être a-t-il été lui-même fasciné par la communauté qu’il a créé? Peut-être que l’instinct de conteur a été distrait par l’envie d’embrasser une approche anthropologique? Heureusement, cela n’atténue que très peu l’effet singulier du film, presque capable de nous faire sentir le soleil de minuit sur notre peau.

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