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Menteur : Ou comment reséquencer le multivers
Cinéma

Menteur : Ou comment reséquencer le multivers

Sur les sommets de l’Himalaya, des moines discutent, l’air sévère, d’un problème apparemment imminent: notre univers est en danger. Jamais il n’y a eu autant de tromperie, ce qui cause un terrible déséquilibre. Évidemment, le plus grand menteur au monde est à Montréal et il doit être guidé vers sa première vérité.

Avec cette prémisse digne des comédies les plus abracadabrantes des années 1990 mettant en vedette Jim Carrey, la table est mise pour un film haut en couleur. Simon (Louis-José Houde) est VP d’une compagnie d’aéronautique et doit gérer un conflit syndical. Un jour, ses proches organisent une intervention pour le confronter à sa menterie perpétuelle, suite à laquelle il bascule dans un univers parallèle où ses mensonges deviennent réalité. Et cela vaut pour tous ses mensonges, des plus anodins (tu as de beaux cheveux) aux pires (mes parents m’ont toujours maltraité).

Le concept est clair, simple et amusant, mais on pourrait par moments faire davantage confiance à l’intelligence des spectateurs plutôt que de souligner l’information à quatre reprises au gros marqueur rose fluo. Pour le scénario de Menteur, le réalisateur Émile Gaudreault a collaboré avec Sébastien Ravary et Éric K. Boulianne. D’ailleurs, les spectateurs qui connaissent l’œuvre de Gaudreault (Mambo Italiano, De père en flic, Nuit de noces, Idole instantanée, Le vrai du faux) ne seront certainement pas dépaysés. Une blague n’attend pas l’autre et même si elles n’atteignent pas toutes leur cible, plusieurs s’avèrent hilarantes.

Dans cette comédie estivale qui en charmera plus d’un, Louis-José Houde livre la marchandise et il est soutenu par une distribution très conséquente. Comme toujours, Anne-Élisabeth Bossé s’avère impeccable, entre autres dans une scène de rupture qu’elle partage avec Antoine Bertrand. Dans le rôle de Chloé, la traductrice, Catherine Chabot s’impose comme un choix judicieux. Nul doute qu’on la reverra dans d’autres rôles au grand écran, elle qui brille déjà au théâtre, notamment dans ses propres pièces finement écrites.

Si le film laisse place à de nombreux caméos, l’un des plus savoureux est redevable à Denise Filiatrault au volant d’un Uber qui converse inlassablement au sujet des propriétés de la mélasse. Grâce à sa formule divertissante et légère, à sa proposition encore peu vue dans le cinéma québécois et à la brève introduction au multivers qu’elle propose, cette comédie est rafraichissante comme une canette d’Orange Crush par temps de canicule. À voir dans un ciné-parc près de chez vous!

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