Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Fabuleuses : Des femmes sous influence
Cinéma

Fabuleuses : Des femmes sous influence

Avec son premier long métrage Fabuleuses, Mélanie Charbonneau s’intéresse à l’importance des médias sociaux et à la culture des «likes».

«J’avais envie de saisir l’ADN de notre époque, confie la pimpante cinéaste, rencontrée dans un café du Mile End. C’est quelque chose d’ultra présent mais on n’en parle pas beaucoup.»

S’inscrivant dans la veine de sa web série Les stagiaires, ce projet féministe coécrit avec l’auteure Geneviève Pettersen (La déesse des mouches à feu) suit trois jeunes femmes – interprétées par Noémie O’Farrell, Juliette Gosselin et Mounia Zahzam – dans une société dominée par le paraître et les apparences. La tentation est grande de sortir du lot en devenant influenceuse.

«Quand j’ai commencé à travailler sur le film, j’étais dans un questionnement, se rappelle celle qui a goûté à la célébrité instantanée en 2006 avec son court métrage L’anti-kamasutra. Est-ce que c’est effectivement complètement superficiel? C’est en plongeant dedans que ça m’a touché. Ce sont juste des humains qui essayent.»

«Il y a un mépris envers la culture youtubeur, poursuit la réalisatrice. Ces gens n’aboliront pas la famine dans le monde, mais il y a plein d’autres départements dans la vie qui ont une grosse place médiatique et qui sont aussi vides, comme le hockey.»

Plus comique que cynique ou dramatique, ce feel-good movie met l’accent sur l’amitié et la solidarité féminine, tentant de créer des personnages humains et complexes afin d’échapper à une certaine frivolité du présent.

«J’aime ça voir des personnages qui me surprennent, avoue la metteure en scène. On joue beaucoup dans Fabuleuses avec des archétypes, l’image que les gens ont de ces individus, qui se révèlent complètement différents de ce qu’on imaginait.»

Il ne faut donc pas se fier à la première impression qui se dégage du synopsis et qui peut être faussée.

«C’est drôle comment, sur papier, quand tu lisais le scénario de Fabuleuses, tu ne voyais pas ce dosage de gris là, toute la nuance, insiste celle qui s’est inspirée de l’ambiance de films américains comme Working Girl, Singles et Reality Bites. Même dans l’équipe de tournage, tout le monde pensait que ça allait être vraiment une grosse comédie. C’était peut-être un certain préjugé de films de filles…»

Des préjugés à combattre, comme le fait si bien l’acteur Alexandre Nachi (1991), qui prête ses traits à Antoine, une figure romantique aussi surprenante qu’irrésistible.

«C’est un rôle qui témoigne d’une époque qui change, révèle Mélanie Charbonneau. Il est assuré, super proche de ses sentiments. Ce personnage-là, je l’ai côtoyé chez plein de gars. Et je trouvais que c’est un personnage masculin qu’on avait rarement vu.»

«C’est drôle, dans le processus du film, j’ai rencontré des étudiantes d’université pour leur montrer le film et voir si je dépeignais leur époque d’une manière juste. Sur les fiches de réponses, il y avait quatre filles qui ont laissé leur numéro de téléphone pour Antoine! Les filles voulaient un Antoine dans leur vie.»

À l’affiche le 23 août

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie