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Il pleuvait des oiseaux : Ce feu qui brûle
Cinéma

Il pleuvait des oiseaux : Ce feu qui brûle

Le phénix de l’amour et des secondes chances renaît de ses cendres dans Il pleuvait des oiseaux, qui vient tout juste d’être présenté au Festival international du film de Toronto.

Le plus récent long métrage de Louise Archambault, adapté du roman à succès de l’Abitibienne Jocelyne Saucier, ne manque pas de poésie et d’émotion, célébrant un certain retour à la nature et au bonheur, même tardif, alors que deux ermites (Gilbert Sicotte et Rémy Girard) doivent s’occuper d’une femme (Andrée Lachapelle, dans ce qui devrait être son dernier rôle au cinéma) dont l’existence est loin d’avoir été une sinécure. 

Les braises du passé sont toujours vives, prêtes à être allumées n’importe quand, ce qui n’empêche pas le trio d’espérer de beaux lendemains.

«Tous les personnages sont appelés à changer, même dans un âge avancé, confie en entrevue Gilbert Sicotte. C’est troublant, ça. Ça me replace. Ça met un miroir devant moi.»

Une des scènes qui lui faisait le plus peur est cette délicate séquence d’intimité entre son personnage et celui d’Andrée Lachapelle. Des plans charnels, tendres et touchants qui rappellent que l’amour et le sexe n’ont pas d’âge. Le chevronné interprète n’a plus rien à prouver à personne et il connaît depuis belle lurette sa partenaire (ils ont notamment joué ensemble dans Cap Tourmente, il y a plus d’un quart de siècle), ce qui ne l’a pas empêché d’hésiter… avant de plonger et de profiter du moment présent.

«Quand ils jouent, les comédiens ne sont pas dans l’ego ou comment ils vont être représentés à l’écran, explique la cinéaste, à qui l’on doit également les oeuvres cinématographiques Gabrielle et Familia. Ils me font confiance et ils sont dans l’écoute de l’autre, de l’émotion. Évidemment, il faut que tout le monde s’abandonne. Il y a quelque chose qui s’est passé, qui a transcendé, et ce n’est pas juste moi qui l’a senti.»

«C’était comme dans un ballet, compare de son côté l’acteur, qui s’est fait discret ces dernières années au cinéma. Je me souviens, j’avais appris ça de Michel Brault dans Les bons débarras, où je dansais avec Marie Tifo. Il était avec nous, il s’accrochait à nous. C’est la même chose ici. On est trois, quatre personnes dans le lit et ça devient plus agréable.»

Sisyphe à l’action

Ce qui est également agréable, c’est que de film en film, Louise Archambault explore sans cesse les mêmes thématiques, transcendant les maux du quotidien pour offrir à ses personnages marginaux des oasis de paix où ils peuvent enfin être heureux en échappant au cynisme ambiant.

«C’est certainement parce que je suis ouverte à la différence, avance-t-elle. Si tu prends ce film-là ou bien Gabrielle, la base c’est quoi? On veut aimer et être aimé. C’est ça l’être humain… J’ai du mal avec le jugement, les premières impressions des gens. J’ai envie de tendre la main vers l’autre.»

Il a pourtant fallu attendre six années avant que les institutions gouvernementales se tournent à nouveau vers elle et lui tendent la main en l’encourageant dans un de ses projets. Et ce, malgré le triomphe critique récolté par Gabrielle en 2013.

«C’est un concours de circonstances et de financement, admet la réalisatrice, qui a pu travailler pendant ce temps à la télévision. On me disait: «Tu es une fille, tu as eu du succès, tu vas avoir ton argent tout de suite.» Eh bien, je vous affirme que non. J’ai travaillé très, très fort pour arriver à faire un autre film.»

Tellement qu’un second long métrage, Merci pour tout, qui met en vedette Magalie Lépine-Blondeau et Julie Perreault, sortira plus tard cette année, comme cadeau de Noël. 

À l’affiche le 13 septembre

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