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Honeyland : Dans un pays de tous les temps vit la plus belle des abeilles
Cinéma

Honeyland : Dans un pays de tous les temps vit la plus belle des abeilles

Primé à Sundance, candidat aux Oscars et présenté au Festival de cinéma de la ville de Québec, le saisissant documentaire Honeyland nous transporte dans le quotidien de la dernière apicultrice artisanale en Europe, Haditze, qui vit isolée dans les Balkans. 

Déjà, il ne s’agit pas d’un documentaire typique sur la manière de récolter le miel. La première séquence du film montre Haditze, avec sa jupe fleurie et son foulard coloré, perchée sur le rebord d’une falaise escarpée afin de se rendre à une ruche à flanc de montagne. Elle vit seule avec sa mère malade, complètement isolée en campagne désertique macédonienne, sauf lorsqu’elle se rend à Skopje pour vendre son miel au marché. Le documentaire est ponctué de moments de sa vie quotidienne, mais explore aussi les relations de l’apicultrice avec une famille itinérante qui emménage dans une ferme en ruine à côté de chez elle. C’est là que la famille aux sept enfants s’occupe du bétail de manière plutôt cavalière jusqu’à ce que le patriarche décide de se lancer lui aussi dans l’apiculture. Une amitié se dessine d’ailleurs entre Haditze et le garçon du voisin, qui respecte sa vision. Son éthique de travail est claire: si l’on récolte le miel, il faut en laisser la moitié aux abeilles. Prendre, mais être mesuré et respectueux en ne bousculant pas l’équilibre naturel.

Ici, la présence des réalisateurs Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov s’efface. Il s’agit d’une observation naturaliste réalisée sur une période de trois ans. Rapidement, les gens oublient la caméra, ce qui permet une rare incursion dans leur intimité et leur quotidien ardu. Et par moments, nul doute que la réalité dépasse la fiction; certaines séquences rappelant même le superbe film Les merveilles d’Alice Rohrwacher. Devant ce documentaire plein d’humanité, mais aussi d’injustices, nous nous sentons tantôt humbles, tantôt déconcertés. Le désir d’accroître la production de miel afin de dégager plus de profits entraîne le voisin d’Haditze à développer des méthodes qui mettent en péril toute la production artisanale. Comment régler ce conflit, cette rivalité qui dérègle la cohabitation quotidienne? Le film dépasse la simple étude de cas pour proposer un microcosme de la société. Le portrait qui est dressé de cette femme forte est absolument marquant et touchant. Il s’agit, hors de tout doute, un exemple de résilience hors du commun, présenté dans une œuvre à la fois intime et grandiose. 

En salle le 20 septembre

Au FCVQ ce mercredi 18 septembre à 17h30

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