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Douleur et gloire : Le Grand Antonio
Cinéma

Douleur et gloire : Le Grand Antonio

Pedro Almodóvar et Antonio Banderas se trouvent au pinacle de leur carrière dans Douleur et gloire.

Déjà, la précédente offrande du célèbre cinéaste espagnol, l’immense tragédie Julieta, remettait Pedro Almodóvar dans la bonne voie après des années de galère. Un sentiment confirmé avec ce nouveau long métrage, facilement un de ses plus accomplis et personnels.

L’homme derrière les opus Tout sur ma mère et Parle avec elle se dévoile comme jamais par l’entremise de cette éblouissante mise en abyme qui revisite son enfance, ses désirs et les doutes liés à la création. Présent et passé cohabitent à la même enseigne au sein de ce généreux voyage intérieur où fiction et réalité forment les deux faces d’une pièce. 

Almodóvar y arrive grâce à Antonio Banderas, son parfait alter ego. L’acteur est tout simplement magistral en réalisateur vieillissant et hirsute, mal en point – et pas seulement physiquement. Une mélancolie latente berce son jeu, lui permettant de garder les pieds sur terre lorsqu’il chasse le dragon et de titiller les larmes en évoquant une conversation avec sa matriarche ou un ancien amant. En voilà un qui n’a pas volé son prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes.

Bien plus qu’une simple variation sur La mauvaise éducation, Douleur et gloire le transcende allègrement en faisant un art qui semble si simple et facile, jamais dans l’esbroufe. La mise en scène en apparence sage et même conventionnelle est au contraire d’une complexité étonnante dans sa façon ludique et presque géographique de jouer des ellipses, d’inonder la rétine de couleurs vives et les tympans de la vibrante trame sonore d’Alberto Iglesias.

Alors qu’il n’avait plus rien à prouver à personne, le père du film culte Femmes au bord de la crise de nerfs vient de faire un Fellini de lui en signant son propre Huit et demi. Une réflexion profonde et pudique sur le vieillissement et le temps qui passe, où les souvenirs demeurent durables grâce à la force du cinéma. Un procédé qui permet à la fois de figer les films dans l’ambre et de les rendre immortels. Voilà l’hymne à la vie, d’une remarquable puissance émotionnelle, qu’avait besoin le protagoniste pour renaître et enfin exister à nouveau.

Présenté au
Festival du nouveau cinéma
les 15 et 17 octobre

À l’affiche :

Le 18 octobre
à Montréal


Le 1er novembre
à Québec (Cinéma Le Clap/Sainte-Foy et Cinéma Le Clap/Loretteville)
et à Sherbrooke (La Maison du Cinéma)

Le 8 novembre
à Trois-Rivières (Le Tapis Rouge)

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