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Une manière de vivre : En quête de sens
Cinéma

Une manière de vivre : En quête de sens

Laurent Lucas et Rose-Marie Perreault campent des êtres en pleine crise existentielle dans le film Une manière de vivre.

Les temps sont sombres au sein du plus récent long métrage de Micheline Lanctôt. Une psychanalyste (Gabrielle Lazure) se remet en question après le décès mystérieux de son conjoint. Sa fille (Rose-Marie Perreault), boulimique et escorte, erre dans un Montréal vidé de son essence. Puis il y a ce spécialiste européen de Spinoza (Laurent Lucas) qui décide de tout lâcher pour s’aventurer dans le Nord québécois.

«C’est un homme de réflexion et d’analyse qui n’arrive plus à contrôler sa logique et ses pulsions, explique en entrevue Laurent Lucas. Mon personnage passe son temps à parler de quelqu’un qui est génial, qui a une morale exemplaire. Côtoyer le génie, à un moment donné, c’est trop lourd. Mais je suis qui, moi, à côté de lui? Il faut être méchamment équilibré pour s’en sortir… C’est passionnant à jouer, car il est complètement en déséquilibre. Comme comédien, tu ne demandes qu’à jouer des personnages comme ça.»

Des individus en marge d’une société aliénante, qui s’enlisent sans s’en rendre compte et qui cherchent des réponses afin de combler un abysse de plus en plus prononcé et généralisé. «Je joue le rôle d’une jeune femme qui n’a pas beaucoup d’espoir, qui n’a pas d’aspiration, laisse entendre Rose-Marie Perreault. Je me questionnais à savoir comment quelqu’un de mon âge (jeune vingtaine) pouvait être dans une apathie aussi grande… Je suis quand même chanceuse de savoir ce que je veux faire dans la vie. Je sais que je veux jouer, c’est clair dans ma tête. Mais il y a plein de gens qui sont extrêmement brillants et qui sont perdus, qui ne savent pas comment vivre.»

Il n’y a évidemment pas de mode d’emploi, bien que le long métrage rappelle l’importance de prendre conscience de son état, de se pardonner et de tendre la main aux autres. «Moi, je me définis beaucoup par la création, explique la jeune actrice, omniprésente sur les écrans de cinéma depuis sa fabuleuse prestation dans Les faux tatouages. Je me définis aussi beaucoup par mes amis, les rencontres que je fais.»

«Ma manière de vivre est très équilibrée, avance de son côté l’expérimenté interprète Laurent Lucas, qui rêve de faire du théâtre sur la scène québécoise. Quand je travaille sur un film en France, je suis un peu comme Louis XIV. Je n’ai aucune responsabilité. Et quand je reviens au Québec, je suis un père de famille avec mes trois enfants et je m’occupe de tout. Je passe du Roi-Soleil à esclave. C’est carrément le grand écart. Mais si ne je faisais que l’un ou que l’autre, mon déséquilibre existerait. Je partirais dans le Grand Nord sur un coup de tête affronter des carcajous…»

Tous s’entendent toutefois pour dire que de jouer dans une création de Micheline Lanctôt cadre avec leurs valeurs, leurs idéaux, cette manière de vivre qui leur est propre. «C’est quand même une icône, un jalon dans le cinéma québécois, souligne le touche-à-tout Laurent Lucas. Le premier film que j’ai vu au Québec, c’était Sonatine… On parle beaucoup de la nation québécoise en ce moment pour essayer de montrer que les mots « nation » et « nationalisme », ne sont pas forcément mauvais. Elle représente ça aussi.»

«Surtout qu’elle défend le cinéma, elle ne prend pas ça à la légère, poursuit sa partenaire de jeu. Elle se bat constamment contre les institutions et elle ose revendiquer une parole qui n’est pas la parole populaire. J’admire qu’elle ne soit pas corrompue d’aucune façon. Elle ose critiquer, ce qui n’est pas tout le monde qui ose le faire, parce qu’on est tellement dépendant des institutions…»

À l’affiche le 1er novembre

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