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The King : Timothée Chalamet devient roi
Cinéma

The King : Timothée Chalamet devient roi

«Les rois du monde se battent entre eux / C’est qu’y a de la place, mais pour un pas pour deux.»

Angleterre, début du 15e siècle. Lépreux et colérique, le premier roi de la nouvelle dynastie des Lancastre se meurt. Son fougueux fils, Henri V, aura fort à prouver alors que son royaume replonge au cœur de la guerre de 100 ans avec la France. 

Le jeune roi Henri (Timothée Chalamet) est d’abord dépeint comme un adolescent paresseux et libertin, en querelle avec son père dont il rejette l’autorité. D’aucuns pourraient être tentés de qualifier ce récit de coming of age, cet intervalle entre l’enfance et l’âge adulte, comme l’exposait Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Il s’agit bien de l’histoire d’un adolescent propulsé dans la royauté – forcé de devenir adulte avant le temps – mais là s’arrêtent les parallèles. Rapidement, le jeune Henri V devra déterminer sa manière de régner en départageant ses alliés de ses ennemis, conseillé au passage par William (Sean Harris, convaincant) et l’archevêque de Canterbury au zozotement profond. Même si The King s’appuie sur des faits historiques, certaines libertés ont tout de même été prises. En ce sens, les amateurs de Shakespeare retrouveront Falstaff, cet ancien militaire bouffon de la pièce en deux parties Henry IV et compagnon du jeune Henri V. Ici, il ne s’agit pas nécessairement d’une adaptation de cette pièce mais plutôt d’une interprétation très libre. Joel Edgerton incarne ce personnage fictif dans le film qu’il a lui-même écrit avec le réalisateur australien David Michôd. Son interprétation semble d’ailleurs résulter d’une étrange rencontre entre Gimli du Seigneur des Anneaux et Toulouse Lautrec de Moulin Rouge. Car si Falstaff semble a priori n’être qu’un personnage sanguin et bon vivant, il fait montre de profondeur, de don de soi voire de stratégie. 

Avec ses tons désaturés, le film reprend les codes visuels de nombreux longs métrages d’époque récents, repris également dans Game of Thrones. Il est par ailleurs ironique qu’un Français (Chalamet) interprète un roi anglais alors qu’un Anglais (Robert Pattinson) interprète le Dauphin de France. Mentionnons l’accent quelque peu risible et affecté de ce dernier, sorte de parodie de l’arrogance de la monarchie française. Néanmoins, Chalamet demeure convaincant dans sa transformation et surprend par son emportement lors de la harangue militaire qu’il prononce juste avant une bataille décisive. Si le film n’apporte rien de particulièrement nouveau, on retiendra notamment l’impressionnante scène du siège, où les catapultes attaquent un château fort avec des projectiles en feu. Même si la bataille occupe une place centrale dans le film, celui-ci ne se conclut pas sur cette note belliqueuse. L’histoire se poursuit et ose apporter une touche de nuance. Que se passe-t-il une fois la poussière retombée et que de fragiles alliances se forgent? Cela s’avère un choix judicieux, même si le retournement de situation final était quelque peu prévisible. 

Le film a eu sa première au festival de Venise et sortira le 1er novembre en salle et sur Netflix

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