Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Poches & Fils : L'affaire est dans la poche
#Dossier

Poches & Fils : L’affaire est dans la poche

C’est l’histoire de poches imprimées et cousues sur des chandails. On y voit des licornes, des chats, des crevettes, des poutines, des sushis ou encore des bananes… C’est l’histoire de Poches & Fils, une entreprise montréalaise vraiment pas poche.

Poches & Fils est né en 2015 et depuis trois ans, le «Royaume de la poche», comme le surnomme son cofondateur, Anthony Vendrame, se situe rue Parthenais, à Montréal. C’est là que ses petites mains inventent le design des poches, les cousent, puis les expédient dans des boîtes à pizza. Aujourd’hui, Poches & Fils compte 30 employés et sort chaque semaine une nouvelle poche. Les chandails sont vendus dans 250 points de vente – et même au Simons.

Le tout premier a été créé à Varennes, par une certaine Josiane. «C’était la mère d’un de mes amis qui avait cousu une poche sur un t-shirt, je trouvais ça cool», raconte Anthony. Peu à peu, il «l’embauche» et commence à vendre à ses amis des chandails à poche. «C’était un peu pour se payer la brosse du week-end… Mais je suis un peu intense quand je commence quelque chose. Je vends un t-shirt par jour et je me dis que je vais en faire un business», ajoute-t-il en riant.

Il s’associe par la suite à un camarade de football, Nicolas Dubeau. Les deux jeunes hommes se complètent: Anthony a les idées créatives, Nicolas, lui, les met en place concrètement. Grâce à leur page Facebook, leur affaire prend de l’ampleur et suscite même de l’intérêt jusqu’à Rouyn-Noranda. À ce jour, ils ont déjà expédié des vêtements au Royaume-Uni et en France.

«Se montrer la poche»

Ce qui plaît: l’humour décalé des dessins qui figurent sur les poches. Les deux associés en ont à revendre, mais ne perdent pas le sens des affaires et savent aussi être sérieux. Lorsque le duo passe à l’émission Dans l’œil du dragon, ils viennent en robe de chambre en expliquant que ce qu’ils veulent, c’est se montrer la poche…

«Oui, on a fait un gag, mais je m’étais aussi bien préparé. J’ai écouté 140 speechs, je savais exactement ce qu’il fallait dire ou ne pas dire devant eux. Ce qu’on fait est ludique, mais c’est bien pensé. On ne veut pas que nos vêtements soient portés une fois parce qu’ils sont drôles», explique Anthony. Ce jour-là, ils écoulent en quatre heures un mois de stock.

Cet humour réfléchi se voit bien dans la manière dont l’entreprise expédie ses commandes: elles sont emballées dans des boîtes à pizza, mais dont la taille respecte exactement les standards de Postes Canada. Avec le temps, Anthony et Nicolas ont réussi à créer une véritable communauté autour de leurs produits, qui se déclinent désormais en robes, bas et costumes de bain. Leur page Facebook compte près de 90 000 fans – certains d’entre eux se sont d’ailleurs donné rendez-vous le 7 août, à l’occasion du «Tournoi extrême de roche-papier-ciseaux».

«On ne veut pas tout le temps dire aux gens «achetez, achetez», on veut qu’ils aient du fun. L’actualité est assez lourde, c’est correct de rire de temps en temps», commente Anthony. C’est d’ailleurs sur cette communauté que la marque compte pour développer ses nouveaux produits ou même trouver de nouveaux noms de poches, en sondant ses membres. Celles qui marchent le mieux en ce moment portent le nom de «Canne Nagano» (un gros poisson) et «Pas d’casque» (pour une scène de hockey).

Clins d’œil culturels

Pour entretenir la créativité de l’équipe, le cofondateur mise sur l’humour, évidemment. Les employés profitent des «vendredis Céline» pour chanter toute la journée les meilleures tounes de la diva, ou s’accordent une pause ludique durant la récréation quotidienne que sonne la cloche à 15h précises. «Si on veut donner du fun, il faut qu’on ait du fun nous-mêmes», justifie Anthony, qui avoue sans détour que devenir adulte, même s’il en est techniquement déjà un du haut de ses 28 ans, «ça [le] fait chier».

Jusqu’à maintenant, les quelque 300 poches produites depuis la naissance de Poches & Fils soulignent des stéréotypes québécois, tout en offrant des clins d’œil culturels à tout ce que les gens aiment ou aiment détester. Difficile donc d’imaginer une exportation hors des terres québécoises d’une poche qui fait référence à l’échangeur Turcot… «Ce qu’on voudrait, c’est s’implanter à Toronto par exemple, mais avec des gens sur place qui eux auront les références culturelles de la région», explique Anthony.

Et puis pourquoi le nom de Poches & Fils? «Et pourquoi pas?», rétorque Anthony, qui ajoute que l’idée était de trouver un nom qui fasse un peu référence à une entreprise familiale même si elle ne l’est pas. «Des entreprises Tremblay & Fils, il y en a plein au Québec, dit le fondateur. Poches & Fils, de génération en génération depuis 2015.»