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Chez Lévêque: le bistro parisien hors du temps
Histoires

Chez Lévêque: le bistro parisien hors du temps

Difficile de parler du restaurant Chez Lévêque sans faire l’éloge de sa constance et de sa durée dans le temps. Les établissements qui offrent des classiques tout en se renouvelant ne sont pas légion. 

C’est le pari qu’a fait cette grande institution dont les portes ont ouvert en 1972 et qui s’inscrit dans la pure tradition de la brasserie française. Qualité, convivialité et respect du client font de l’endroit un incontournable depuis plus de quatre décennies.

Une bonne recette

C’est l’histoire d’une famille qui a inscrit sa marque dans le paysage de la restauration montréalaise. Passionnée et engagée dans sa communauté, elle fait rayonner le métier. Et la bonne nouvelle, c’est que la relève est bien présente pour assurer son avenir.

À l’origine, il y a Pierre Lévêque. Originaire de France où il a fait ses classes en cuisine, il traverse l’Atlantique pour fouler le sol québécois en 1967. Il cumule différents emplois dans le domaine de la restauration avant de se lancer en affaires en reprenant un petit steakhouse de la rue Laurier à Montréal, rebaptisé La Lucarne. Ça tombe à point: il cherche à ouvrir un établissement offrant des classiques de la cuisine française. Sa conjointe, Patricia, se joint au projet. Lui est aux fourneaux, elle en salle.

En 1992, La Lucarne change de nom et devient Chez Lévêque. On va d’ailleurs plaisanter avec la nouvelle appellation du restaurant pour créer des publicités mettant en vedette des membres du clergé. Un concept plutôt audacieux à l’époque et qui connaît un grand succès. Ce repositionnement vise à renforcer l’idée d’une véritable brasserie française, chaleureuse, qui ne se prend pas au sérieux, tout en étant raffinée et authentique.

Rénovation et relève 

Au fil des années, le décor se renouvelle à plusieurs reprises. L’arrivée d’Olivia, fille de Pierre et Patricia, dans la gestion du restaurant donne un deuxième souffle à l’administration.

«J’ai grandi au restaurant, je dormais sur les banquettes car mes parents terminaient tard, raconte-t-elle. Adolescente, je ne voulais pas me diriger vers la restauration, sachant tout le travail que ça pouvait représenter. J’ai plutôt suivi une formation en communication et en ressources humaines, puis obtenu une maîtrise en administration des affaires. Puis, j’ai eu envie d’essayer de nouvelles choses et c’est à ce moment que je me suis investie au restaurant. Je me suis surprise à aimer ça.»

Bien que ses parents soient encore présents dans l’établissement, Olivia assure graduellement la transition en actualisant l’expérience sans toutefois la dénaturer. «C’est important de ne pas changer une formule gagnante et de respecter ce qui a été créé. Je reprends quelque chose que je ne veux pas détruire, mais au contraire qui peut s’épanouir davantage.»

Comme à la maison

L’institution outremontaise propose toujours une grande partie des classiques de ses débuts. Que ce soit les abats, la bisque de homard, la bouillabaisse, le boudin, les saucisses, la terrine, le saumon, les fruits de mer ainsi que les huîtres variées choisies chez des producteurs locaux, impossible de passer à côté de ces recettes authentiques qui ont traversé l’océan et qui ont été adoptées ici.

Comme ces classiques qu’on ne réinvente pas, le service a toujours été primordial Chez Lévêque. On ne refuse presque rien aux clients. «On a envie qu’ils se sentent bien, affirme Olivia. Ce n’est pas un endroit in ou m’as-tu vu. C’est familial et sympathique.» Que ce soit pour une intolérance au gluten, une requête végétarienne ou un plat souhaité qui n’est pas à l’ardoise, on répond à la demande puisque tout est fait sur place, des terrines aux délicieuses rillettes de porc servies en amuse-bouche. Certains produits sont même issus de La Ferme Chez Lévêque. Cet espace permet au restaurant de cultiver certains des produits consommés sur place (entre autres l’oseille du fameux saumon façon Troisgros).

Clientèle béton

 Pour Olivia, le restaurant réussit à tirer son épingle du jeu grâce à une clientèle qui se renouvelle spontanément. L’établissement demeure un lieu de retrouvailles symbolique pour une grande partie de fidèles, dont certains sont même devenus des amis. «Les parents viennent ici avec leurs enfants, note Olivia. Une fois ces enfants devenus adultes, ils amènent leurs enfants à leur tour. Il y a une roue qui tourne de façon naturelle. C’est un endroit où les fêtes de famille sont récurrentes et il y a un attachement affectif.»

Pour attirer une clientèle plus jeune, a été ajouté il y a quelques années un menu de fin de soirée à 25$, ainsi que des brunchs le week-end, durant lesquels les mimosas sont servis à volonté pour 15$.

 Après toutes ces années, la brasserie a tenu la route, évoluant au gré des courants et des tendances, puis s’est tournée vers l’avenir pour continuer à briller. Un plan qui se poursuivra pour longtemps encore et qui passera notamment par un rafraîchissement de sa décoration, prévu pour l’an prochain, ainsi que le développement d’un projet de prêt-à-manger pour ceux qui souhaitent poursuivre l’expérience culinaire à la maison.

Que ce soit pour siroter un verre, s’égayer autour d’un brunch, déguster quelques bouchées en soirée ou prendre le temps autour d’un délicieux repas accompagné d’une bonne bouteille, on se sent toujours chez soi dans ce lieu festif, animé et intemporel.