Le bois dans la peau
Histoires

Le bois dans la peau

Récemment racheté par Rodi design, le fabricant de meubles Artemano compte bien garder son identité et sa signature. Comme il le fait depuis sa création, il s’efforce de proposer des pièces minimalistes, naturelles et surtout, éternelles.

Depuis plus de 15 ans, l’entreprise québécoise Artemano cherche les plus beaux morceaux de bois exotiques dans de lointaines contrées, les façonne, les sculpte et les travaille pour en faire des pièces uniques et pour offrir aux arbres une vie éternelle.

Inspirés par la nature elle-même, les designers de l’entreprise croient que c’est en elle que naissent les meilleures idées et les trésors décoratifs qu’Artemano vend ensuite au Québec ainsi qu’en Ontario, à travers ses cinq magasins.

L’histoire naît d’une passion. Celle de deux hommes qui, lors d’un voyage en Asie, tombent rapidement amoureux des bois qu’offre la nature luxuriante de cette région. «Ils ont découvert qu’il y avait beaucoup de bois mort et ont décidé de le récupérer pour en faire des meubles», explique Géraldine Burtin, l’actuelle présidente d’Artemano.

Depuis, c’est en Inde et en Thaïlande que la marque se fournit essentiellement, mais aussi en Chine. Troncs et branches deviennent entre leurs mains buffets, tables, consoles, tables de chevet ou commodes. «Beaucoup de nos pièces ne sont faites que d’un seul et même morceau de bois, ce qui rend le produit final unique», précise Géraldine Burtin.

Le bois, c’est le cœur d’Artemano, sa raison de vivre. «C’est un matériau noble, chaud et durable, qui est presque intemporel», ajoute la présidente pour qui les meubles de la marque traversent le temps et les modes. «Ce sont des meubles que les clients peuvent garder toute une vie dans leur maison», assure-t-elle.

L’art du détail

Plus qu’une table basse ou une commode, Artemano veut faire de ses produits de véritables œuvres d’art dont les artisans ont réussi à mettre en valeur les veinures et les irrégularités, car les imperfections du bois sont en réalités parfaites.

«Nos meubles sont à notre reflet c’est-à-dire, naturellement imparfaits. Il n’existe pas d’arbre dont le tronc est parfaitement cylindrique, dont la couleur soit uniforme. Certains de nos clients seront séduits par la veine du bois, d’autres par une forme. La sensibilité de chacun intervient dans le choix d’une pièce ou d’une autre: il est étonnant parfois d’observer comme nos clients sont séduits par un détail! Finalement, chacun de nos meubles a sa personnalité», explique Géraldine.

Les matériaux qu’utilise le plus l’entreprise sont le suar et le rosewood. Le suar est un des bois les plus résistants qui existe. À son état naturel, le bois de suar revêt une palette de teintes chaudes, douces et terreuses. Quant au rosewood, il s’agit d’un bois issu de la famille des palissandres qui pousse sous les tropiques et s’étend à travers l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Afrique. Bois de manguier et d’acacia complètent l’offre de l’entreprise québécoise.

Conscience écologique

Quelques créations sont aussi faites de bois canadien, notamment en cèdre. D’ailleurs, la directrice confie que l’entreprise souhaite développer une gamme plus importante faite à partir de matériaux canadiens. «On vit quand même dans le pays du bois», lance-t-elle.

Si le bois a tant de succès aujourd’hui auprès des clients, c’est pour son aspect chaleureux, mais pas que. Pour Géraldine, «les gens se tournent de plus en plus vers des produits naturels. Il y a aussi une tendance liée aux enjeux environnementaux».

C’est aussi pour cela qu’en plus de miser sur la nature un peu à l’état brut, Artemano se veut une entreprise qui prend à cœur les défis écologiques du 21e siècle. Ainsi, si l’entreprise utilise généralement du bois mort, il lui arrive aussi de couper des arbres pour certaines de ses créations. Dans ce cas-ci, «on a une politique pour replanter un arbre à chaque fois et éviter la déforestation», précise la présidente.

Diversification de l’offre

L’entreprise propose aussi quelques portes d’anciens palais indiens en bois peint, dans un style vieilli. «C’est comme avoir une partie d’histoire chez soi», poursuit la présidente en rappelant que sa marque souhaite représenter le bien-être de manière plus générale. «Notre univers, c’est le bien-être, parce qu’être chez soi, c’est surtout être bien chez soi.»

À moyen terme, Artemano souhaite développer une nouvelle offre axée sur des accessoires décoratifs, des luminaires, ainsi que des sofas, des fauteuils et des chaises. «L’idée, c’est d’offrir une pièce complète à nos clients», énonce Géraldine.

Une nouvelle approche qui est rendue possible notamment grâce à Rodi design, spécialiste du sofa. «C’est aussi une entreprise québécoise. On y tient et on est fier d’être québécois», affirme la directrice. D’ailleurs, elle rassure ses clients: si Rodi design a racheté Artemano, c’est «parce qu’on est littéralement tombé en amour avec cette marque. Artemano, c’est une signature en soi, on ne va pas en changer le sens.»

À plus long terme, la marque prévoit de s’exporter plus à l’ouest du pays, dans le nord des États-Unis et pourquoi pas en Europe. Un défi qui semble réalisable pour la présidente tant l’attrait pour le bois est devenu universel.