Resto-bar Chez moi : le goût du voyage
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Resto-bar Chez moi : le goût du voyage

Passer de chasseur de trésors à restaurateur, c’est ce qu’a fait le chef propriétaire d’un restaurant du village de Deschambault, dans le comté de Portneuf.

Jean-Philippe Alonso a grandi entre la Corse, l’Italie et la France. À l’âge de 12 ans, il a commencé à faire de la plongée et s’est immédiatement passionné pour cette activité. Si bien qu’il est devenu un des plus jeunes moniteurs nationaux français à 16 ans, et qu’il s’est lancé un an plus tard à la chasse d’un premier trésor marin à bord d’une épave située au nord de Tunis.

Des aventures de la sorte, il en a vécu cinq au total, dont une qui s’est étalée sur près d’un an et demi en République dominicaine. Au fil de ses conquêtes, l’explorateur a trouvé des montagnes de pièces d’argent, des poteries égyptiennes intactes et même un sous-marin de la Première Guerre mondiale qui est aujourd’hui exposé dans le port de Marseille. Mais Jean-Philippe Alonso a surtout trouvé dans ces expéditions la façon dont il mènerait sa vie. «On cherche tous un trésor au cours notre existence, que ce soit en amour, à travers le travail ou les activités, confie-t-il. Moi, je voulais réaliser mes rêves.»

Entre terre et mer

L’appel du large a effectivement plusieurs fois résonné chez cet homme libre, qui a tour à tour été technicien de plongée pour le Club Med, ainsi que guide marin pour des touristes à Tadoussac et dans les îles Turques-et-Caïques. Toutefois, Jean-Philippe était aussi un entrepreneur né qui aimait le monde de la restauration et du nightlife.

Après une première visite au Québec où s’était établi son frère, il a donc ouvert à 24 ans un premier club musical de 1 200 places au centre-ville de Montréal. Une première adresse à laquelle se sont greffés d’autres établissements, vendus par la suite pour le mener vers des aventures commerciales, parfois aussi atypiques que celle de diriger une compagnie de jardinage dans les îles Turques-et-Caïques.

Malgré tout, après bien des voyages et des épopées professionnelles, le découvreur a décidé de faire du Québec son point d’ancrage. «C’était ici que je me sentais le mieux. Mais je ne voulais plus me lancer dans des projets pharaoniques. En fait, je ne voulais même plus habiter en ville», raconte-t-il.

Trouver son chez-soi

Un jour, le hasard a amené Jean-Philippe à discuter avec une restauratrice du comté de Portneuf alors qu’il mangeait sur place. La dame voulait vendre son affaire, ce qui a mis la puce à l’oreille à l’entrepreneur qui cherchait un nouveau défi à taille humaine. «J’ai fait mes recherches. Je savais que j’avais l’expertise nécessaire pour me lancer. Et finalement, j’ai acheté un restaurant… mais pas celui-là!»

Le local qui l’a séduit se trouvait plutôt dans la vieille maison d’un des plus beaux villages du Québec: Deschambault. «C’est un endroit magnifique jouxtant un marché public, près de toutes les commodités et doté d’une spacieuse terrasse bordant le Chemin du Roy», explique le restaurateur, qui a fait de ce lieu son chez-lui – d’où le nom Chez Moi. «J’ai créé un établissement qui ressemblerait à une maison, avec une cuisine simple, fraîche et authentique. C’est un restaurant convivial et chaleureux, où je vais à la rencontre des clients à leur table et où ces derniers peuvent aussi venir me voir en cuisine.»

La Méditerranée à l’honneur

Racines et voyages obligent, la cuisine de Jean-Philippe est surtout méditerranéenne. On y retrouve des plats aux influences africaines comme le tajine ou le couscous, espagnoles comme l’emblématique paëlla, italiennes ou encore corses. Le chef refuse la notion de plat signature. Il aime varier les plaisirs, changer sa carte aux trois mois et proposer le soir des menus à l’aveugle pour les gourmands audacieux. «Je n’ai jamais apprécié la routine, mais mon approche plaît beaucoup à ma clientèle, tant mieux!»

Même si les assiettes au menu du Chez Moi varient régulièrement, elles ont toutes un point en commun. «Ma cuisine est remplie de couleurs, de légumes… et de fines herbes provençales!», indique le chef qui s’amuse à interpréter à sa manière les plats méditerranéens typiques ou à en élaborer d’autres, comme une poutine à la poitrine de canard, saucisse farcie au fromage et champignons flambés au Cognac; ou encore, une pizza corse arborant les meilleurs ingrédients de cette région.

Alors que l’été s’apprête à commencer et que Jean-Philippe est impatient de faire découvrir à ses visiteurs la nouvelle terrasse réaménagée du Chez Moi, l’ancien voyageur en lui sommeille-t-il toujours? «Je ne pars plus à l’aventure, mais mon passé d’explorateur me sert à chaque instant. Je le partage d’ailleurs avec mes clients à travers les photos de voyage projetées dans la salle à manger, tout comme dans les plats que je réalise.» Le monde entier dans une assiette? Pourquoi pas?