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Sainte-Catherine célèbre le cœur de la ville
Histoires

Sainte-Catherine célèbre le cœur de la ville

Qui aurait pu prédire que la petite route de terre qu’elle était à ses débuts allait devenir cette artère névralgique qui fait vibrer le cœur de la métropole?

Rares sont les artères commerciales qui ont autant marqué l’histoire de Montréal que la rue Sainte-Catherine Ouest. Née en 1758, elle a connu entre autres la folie des années 1930, le tramway, l’arrivée des gratte-ciels, l’effervescence de la Formule 1, de multiples défilés de la Coupe Stanley et, surtout, le pas, pressé ou flâneur, de millions de passants.

«Sainte-Catherine, c’est LA rue du magasinage à Montréal, et ce depuis très longtemps», lance tout de go Paul-André Linteau, historien et auteur du livre La rue Sainte-Catherine – Au cœur de la vie montréalaise. Mais ce qui la rend réellement unique et qui explique sa longévité, c’est qu’elle n’est justement pas qu’une rue de magasinage. Dès la fin du 19e siècle, elle devient une destination ludique pour l’ensemble des Montréalais et, plus tard, des banlieusards.

«Au commerce s’ajoute alors l’élément du divertissement sur toutes ses formes: le théâtre, le cinéma, les boîtes de nuit, toutes sortes de salles de spectacle et, greffé à ça, le volet restaurants et bars, raconte l’historien. Alors que dans beaucoup d’autres villes d’Amérique du Nord les rues commerciales se vident après 18h, la rue Sainte-Catherine demeure très vivante le soir à cause de cette dimension spectacle et divertissement. Il y a une sociabilité urbaine qui est considérable.»

C’est ce fourmillement incessant que recherchait Nizzar Ennabil lorsqu’il a ouvert Hvmans au coin des rues Sainte-Catherine Ouest et Mackay, un café indépendant visant à redonner ses lettres de noblesse aux cafés traditionnels à travers le monde. «Je voulais développer une marque, une image, donc j’avais besoin d’un achalandage que je ne pouvais avoir dans une petite rue de quartier, mais je ne m’attendais pas à ce qu’on ait la même symbiose avec les clients ici qu’on aurait eu dans un quartier comme le Mile-End. On a beaucoup de réguliers, une belle communauté. On est devenu, au milieu du centre-ville, un petit café de quartier», s’enthousiasme ce passionné.

C’est qu’entre les travailleurs des alentours, les étudiants des universités McGill et Concordia et les habitants des nombreuses tours d’habitation qui y poussent depuis une dizaine d’années, la vie du centre-ville demeure foisonnante à longueur d’année. Plus qu’un lieu de commerce et de divertissement, le cœur de la ville devient aussi un milieu de vie.

La Sainte-Catherine Célèbre en collaboration avec Desjardins

Il n’existe pas un meilleur moment dans l’année pour profiter de cette ambiance unique que lors des festivités de La Sainte-Catherine Célèbre, le plus grand événement commercial à ciel ouvert au Canada. Pendant trois jours, du 12 au 14 juillet prochain, la rue fermera ses portes aux voitures entre Guy et Robert-Bourassa pour les ouvrir très grandes aux piétons, commerçants, restaurateurs, musiciens, acrobates, muralistes, DJ et compagnie.

C’est près de 300 000 visiteurs qui sont attendus lors de la 22e édition de cet événement qui, année après année, marque le début des soldes estivales. Et si les acheteurs aguerris abondent généralement en quête d’aubaines irrésistibles, ils ne sont pas les seuls pour qui La Sainte-Catherine Célèbre est synonyme de bonnes affaires, explique James Gaspar, propriétaire du légendaire restaurant Mister Steer. «C’est très profitable pour les commerçants. Pour nous, ça ouvre les portes à de nouveaux clients qui n’ont encore jamais goûté au Steer burgers», explique le commerçant avant d’ajouter, espiègle, «on est ici depuis 61 ans et il y a une raison pour ça».

Selon un sondage IPSOS réalisé en 2016, 44,7 millions de dollars ont été dépensés durant les trois jours de l’événement en 2016. Une manne que certains comparent à la fin de semaine du Grand Prix de Formule 1, un des événements les plus importants de l’année pour la rue Sainte-Catherine Ouest.

Les retombées de ces festivités ne sont cependant pas qu’économiques. Pour les passants, c’est l’occasion parfaite de flâner et de redécouvrir un centre-ville à échelle humaine tandis que pour les commerçants, c’est une rare opportunité de sortir de leurs locaux et de prendre possession de la rue. «Ce qui est cool, c’est qu’on rencontre nos voisins propriétaires, on crée une communauté. Il y a une belle ambiance, beaucoup d’échanges, explique Nizzar Ennabil. Les clients vont davantage prendre le temps de s’attarder chez vous. Puisqu’ils n’ont pas le choix de marcher, ils découvrent davantage les commerces. Le temps ralenti pendant ces trois jours.»

Ralentir le temps, reprendre possession de la rue, redécouvrir — lentement — une artère commerciale à la fois historique et de son époque: voilà ce que nous offrent les festivités de La Sainte-Catherine Célèbre en collaboration avec Desjardins. Allons-y!