Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Argent Tonic : Les trésors de l'avenue Laurier
Histoires

Argent Tonic : Les trésors de l’avenue Laurier

En moins de 20 ans, la boutique Argent Tonic est devenue un incontournable de l’avenue grâce à ses bijoux uniques fabriqués à la main.

Il n’a que 19 ans lorsqu’il quitte son pays natal pour Montréal. À l’époque, Aaron Maya ne parle pas français, n’a pas d’emploi et n’a que quelques billets en poche. Il vient de Taxco de Alarcón, une petite ville du Mexique qui possède une longue tradition joaillière notamment grâce à sa situation géographique – elle est proche de mines d’argent. Alors qu’il enchaîne les petits boulots, il décide un jour d’ouvrir sa boutique de bijoux, conçue comme un bar. En référence au gin tonic, Argent Tonic naît.

S’il a commencé par exposer des bijoux d’autres artistes mexicains, Aaron Maya s’est rapidement pris au jeu de la création. Bien que ses créations soient fabriquées au Mexique, il dessine et imagine aujourd’hui tout ce qui se trouve dans sa boutique: des bracelets, des bagues et des colliers en or, argent 18 carats ou en plaqué or 24 carats, toujours sertis de pierres précieuses ou semi-précieuses. L’artiste s’attache à travailler les textures – martelées, en spirales, lisses ou encore à bulles – pour offrir un rendu étonnant: «J’aime travailler le fini de la pièce, combiner mat et brillant, pour donner un look différent.»

Avant tout, Aaron cherche à créer des pièces qu’on ne voit nulle part ailleurs, à mille lieues des bijoux fabriqués en série pour le plus grand nombre. «Les gens qui viennent chez nous sont des gens qui ont un certain goût pour l’art, un œil pour les choses différentes, et qui ont envie de se démarquer. C’est d’ailleurs pour ça qu’on ne fait que des pièces uniques», indique le joaillier. Son style se veut éclectique: «Mes bijoux sont intemporels et faciles à porter, même si certaines pièces sont assez flamboyantes.»

Des pierres qui sortent de l’ordinaire

Aaron ne se réclame pas d’un style purement mexicain, mais plutôt d’un mélange de diverses influences. Ainsi, la nature, l’architecture et ses nombreux voyages l’inspirent au quotidien. Le dernier voyage qui l’a marqué? L’Afrique, où les couleurs chaudes des paysages ont trouvé un écho dans les pierres que l’artiste utilise aujourd’hui pour ses créations.

Il n’y a pas de règle pour cet esprit libre en recherche d’innovation. L’artiste teste constamment de nouveaux procédés de fabrication pour se renouveler et continuer de surprendre. Oser une approche créative différente, c’est avant tout ce qui guide son travail. Comme lorsqu’il nous confie l’origine de l’un de ces bracelets: «Je travaillais sur des croquis depuis longtemps mais je n’étais pas satisfait. Alors j’ai froissé le papier, et en le regardant à nouveau, les contours du bracelet me sont apparus.» Cela a donné trois bracelets en argent à l’aspect froissé, que le joaillier affectionne particulièrement.

 

Quand on lui demande quelles seront les prochaines tendances en matière de bijoux, Aaron est sans appel: «Je ne suis pas quelqu’un qui suit les tendances, je ne l’ai jamais fait.» Ce refus de la convention, il l’exprime aussi au travers des pierres qu’il choisit: tourmalines, tanzanites ou encore spinelles. L’artiste sélectionne volontairement des pierres qui sortent de l’ordinaire. «On voit beaucoup de pierres bleues cette année, mais je ne veux pas me limiter.»

Une démarche qui paye: alors que l’avenue Laurier Ouest a connu de nombreux changements et subi beaucoup de travaux ces dernières années, les bijoux d’Aaron continuent d’attirer une clientèle raffinée et des touristes de passage. Ainsi, même s’il aimerait ouvrir une boutique à Toronto, voire aux États-Unis à moyen terme, Aaron reste très attaché à l’avenue qui a vu naître ses premières créations: «Pour moi, c’est une des plus belles rues de Montréal.»

De nouvelles matières

Cet amour pour Montréal, il le partage avec son épouse, Teresa Gonzales, également joaillière, qui a reçu sa formation à Florence en Italie. Elle faisait partie des premiers artistes mexicains qu’Aaron a exposés dans sa boutique à ses débuts. «On a évolué ensemble: nos créations s’influencent. Ses pièces s’agencent très bien avec les miennes et ça crée une belle atmosphère en boutique.»

La marque de la joaillière, TEGO, affiche des lignes plus féminines, mais les collections sont tout aussi originales, et toujours fabriquées à la main en série limitée. Les deux artistes tiennent aussi à prolonger le lien qu’ils ont avec leur clientèle en proposant un service impeccable, même après la vente. «On prend soin des réparations éventuelles, c’est important pour nous de s’occuper des bijoux et de nos clients.»

Depuis la collection 2019, Aaron a incorporé l’or pur à ses créations, ainsi que des pierres plus précieuses telles que le diamant et le saphir. Son ambition cette année réside dans la recherche de nouvelles matières, notamment pour la collection homme. L’artiste avoue essayer de créer des collections qui peuvent plaire à tous – il n’est d’ailleurs pas rare de voir certaines femmes piocher dans la collection homme pour trouver leur bonheur.

L’artiste, en constante évolution, souhaite aller chercher d’autres textures et relever d’autres défis de fabrication. Un voyage créatif qui n’a pas encore livré sa destination, pour le plus grand plaisir des amateurs.