Ne manquez rien avec l’infolettre.
Bistro Pavillon : quand l'art rencontre la restauration
Histoires

Bistro Pavillon : quand l’art rencontre la restauration

Quand deux amies d’enfance, l’une cheffe passionnée de cuisine depuis toujours et l’autre diplômée en histoire de l’art, se lancent dans la création d’un restaurant…

« On a toujours parlé un peu à la blague d’avoir notre propre restaurant, raconte Caroline Pagé. Au secondaire, on se disait déjà qu’on allait ouvrir un hôtel ensemble. » En 2017, Sarah Pelletier et Caroline, qui œuvre alors dans le secteur culturel, se mettent à travailler sur leur plan d’affaires.

À l’époque, la cheffe officie derrière les fourneaux de La Tannerie, après avoir exercé son talent dans plusieurs restaurants, dont Les Canailles. « C’était le bon moment, je revenais de l’étranger et Sarah pensait à quitter son emploi car elle avait besoin de changement », ajoute Caroline.

Expérience culturelle et gustative

En août 2018, le Bistro Pavillon ouvre ses portes. Pour les deux amies, combiner leurs passions pour l’art et la bonne bouffe s’est imposé comme une évidence. Elles y sont parvenues en créant un lieu où la cuisine du marché côtoie l’art sous forme d’œuvres accrochées aux murs, mais aussi lieu de vernissage, de lancement de livres et de soirée de poésie ou d’humour.

« Comme la restauration, l’art est est un milieu difficile. Nous avons à cœur de le démocratiser en le rendant accessible même à des gens parfois peu intéressés au départ. » C’est Caroline qui gère le volet culturel. Elle donne de la visibilité à des artistes locaux et émergents, comme Jean-François Larocque ou Janna Yotte : « Certains artistes ont pris leur envol ici et je suis contente d’avoir pu y contribuer ».

Photographies, tableaux, collages… Les œuvres exposées sont plutôt de style abstrait ou minimaliste, avec comme point commun d’être susceptibles de plaire à un grand public. « Nous ne sommes pas au World Press Photo, explique Caroline. Les gens viennent ici pour manger alors on évite les œuvres montrant de la violence. »

L’établissement est situé sur la rue Sainte-Catherine, dans le Village, où les locaux vacants sont nombreux. « On voulait s’installer dans un quartier qui avait besoin d’amour », explique-t-elle.

Une cuisine fraîche et locale

En plus de régaler les yeux, le Bistro Pavillon s’emploie à satisfaire les papilles grâce à sa cuisine faisant la part belle aux produits locaux de saison et aux assiettes à partager. Pleurotes cultivés à Montréal par Blanc de Gris, jeunes pousses récoltées sur les toits de la ville par Ôplant… « Nos fournisseurs nous livrent chaque semaine avec le sourire, met en avant Sarah. C’est souvent plus cher, mais on aime faire confiance à des gens qui veulent, comme nous, faire découvrir de beaux produits. »

Valoriser de beaux produits locaux, c’est la mission que se donne la cheffe. « Je ne suis pas là pour étaler mes techniques culinaires. Je préfère mettre l’accent sur la fraîcheur et la beauté d’un produit. »

Si la carte évolue au rythme des saisons, certains plats s’y sont taillés une place permanente grâce à leur succès auprès de la clientèle. C’est le cas des beignets de maïs du Québec relevés de crème à la lime, de pico de gallo et de sauce piquante à l’avocat, ou encore du tataki de veau de lait servi avec de la crème fraîche aux anchois, du caviar d’aubergine et des champignons marinés.

Autre plat signature du Bistro Pavillon : les polpettes de Fernande. Ce plat de boulettes de viande de porc et de peau enveloppées de sauce tomate et de parmesan porte le nom de la grand-mère de Sarah, décédée peu avant la création du restaurant. « C’est elle qui m’a appris à cuisiner et c’est le premier plat que j’ai appris à préparer avec elle qui rêvait de me voir ouvrir mon propre restaurant. »

Huîtres à petit prix et mimosas à volonté

Du mercredi au samedi soir, les huîtres sont proposées à 1 dollar. Et, le dimanche, les amateurs de brunch peuvent accompagner leur sandwich déjeuner Monte Cristo ou leur pain à l’érable et aux pommes confites de cocktails mimosa à volonté pour 25 dollars.

Côté décoration, le Bistro Pavillon offre une atmosphère féminine et minimaliste grâce notamment à sa palette de couleurs douces. « On souhaitait une décoration qui nous ressemble et qui ne soit pas trop chargée pour mettre en valeur les œuvres d’art », précise Sarah.

En alliant cuisine et art, le restaurant a su fidéliser les clients. « Leur loyauté nous touche particulièrement, cela nous encourage au quotidien, confie Caroline. On a reçu un bel accueil de la part de la clientèle, qui nous témoigne de beaucoup d’amour et de soutien. »