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Le Nouveau-Brunswick dans l'assiette
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Le Nouveau-Brunswick dans l’assiette

Fruits de mer transformés en finger food, plats typiques revisités, ambiance chaleureuse et décontractée : voilà ce que le propose un restaurant de la Petite-Bourgogne, le Fricot. 

Simon Dunn et ses associés ont décidé d’offrir un petit bout de leur coin dans les assiettes de leur plus récent commerce rue Notre-Dame Ouest, adjacent au bar la Drinkerie dont ils sont aussi propriétaires. Occuper le local à côté de leur établissement est bien pratique : « Ça me permet de gérer les deux établissements en même temps », indique Simon.

Ses partenaires possèdent aussi le Bar de Courcelle dans Saint-Henri et le Bar Social à Verdun. « Le sud-ouest, c’est pas mal notre coin. Ça fait une dizaine d’années qu’on est ici. On voyait que c’était un quartier qui se développait, mais il n’y avait pas beaucoup de bars à l’époque à part le Burgundy Lion sur Notre-Dame. Ç’a beaucoup changé, surtout des deux dernières années, mais ça reste un endroit un peu moins central que le Plateau ou le Centre-Ville et ça en fait un endroit à l’atmosphère unique », raconte l’entrepreneur.

La rue Notre-Dame regorge aujourd’hui de restaurants de toute sorte. La compétition peut être forte. « C’est vrai, nous ne sommes plus les seuls. Mais même s’il y a plus de restaurants maintenant, on ne travaille pas l’un contre l’autre », confie Simon, qui ajoute que les restaurateurs de la célèbre artère se connaissent, discutent et fréquentent les établissements des uns et des autres.

Des classiques revisités

Le jeune restaurateur originaire d’un village près de Shédiac, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, avait depuis longtemps le projet de mettre sur pieds un établissement qui permettrait de faire connaître et de revisiter les classiques de ses origines. « Tout le monde est allé en vacances au Nouveau-Brunswick, mais connaît peu la bouffe et les plats traditionnels de là-bas », observe l’Acadien.

Le nom de son établissement fait d’ailleurs directement référence au fricot, un plat typique de chez lui, genre de soupe dans laquelle cuisent patates, boules de pâte, poulet, lardons, carottes et sarriette. Le chef du restaurant, Alain Gauvin (anciennement au bar à vin L’Oregon) apprête ce classique en faisant mijoter un bouillon maison de sarriette et de poulet séparément des légumes et de la viande pour mieux isoler les saveurs.

Les deux amis ont élaboré ensemble le menu. « Le but n’était pas de faire de la nourriture traditionnelle comme celle de nos grand-mères, mais plutôt de revisiter des classiques en leur donnant une touche originale et revampée, d’actualiser et de dépoussiérer les vieilles recettes », explique Simon. Il ajoute que certains Acadiens qui viennent au Fricot s’attendent de prime abord à retrouver leurs classiques locaux tels quel, mais qu’une fois qu’ils goûtent les recettes revisitées ils les adoptent et reviennent!

Autre classique déconstruit offert au Fricot : la célèbre poutine râpée, qui ne se réduit pas, comme plusieurs le croient, à une poutine classique saupoudrée de fromage râpé. À l’origine, il s’agit de porc aux herbes salées qu’on enrobe de patates râpées crues et de patates pilées que l’on fait ensuite bouillir. « C’est pas appétissant dans l’assiette, mais c’est très bon. On a pris le concept de base pour y mettre du porc aux herbes salées et des grains de fromage dans le milieu de la patate pour faire un clin d’œil à la poutine québécoise, qu’on enrobe de parmesan et qu’on fait frire dans une friture maison. On accompagne le tout d’une gravy de fond de veau » décrit Simon, qui souligne qu’il s’agit d’un des meilleurs vendeurs sur la carte. « Ça en choque certains au début, mais on les convertit », sourit le jeune homme.

La fête au rendez-vous

Le Fricot, ouvert depuis huit mois, attire différents publics, autant des Acadiens venus retrouver les saveurs locales que des gens du quartier Petite-Bourgogne, certains devenus des habitués. On y trouve également des groupes d’amis, des rendez-vous galants et même des étudiants qui passent manger un plat avant d’aller à leurs cours ou une fois l’école terminée.

« Fricot » signifie aussi festin, ou fête en vieux français, et c’est véritablement l’ambiance que Simon veut insuffler à son restaurant. « La musique est présente, ça parle parfois fort, des groupes prennent des shooters au bar ; on se prend pas trop au sérieux tout en offrant de la bonne nourriture et des boissons intéressantes », dit le restaurateur, soulignant au passage la créativité de ses mixologues qui composent des cocktails.

« On fait du finger food avec des fruits de mer, alors que les restaurants qui en servent sont souvent plus raffinés », ajoute le copropriétaire. « On veut allier bonne ambiance et plats originaux et accessibles… »