Fumile Chapelier : la slow fashion assumée
Place publique

Fumile Chapelier : la slow fashion assumée

Les chapeaux sont depuis quelques années revenus à la mode, mais les véritables chapeliers, eux, sont difficiles à trouver. La boutique montréalaise Fumile prouve cependant que non seulement des jeunes s’intéressent encore à l’art de la chapellerie traditionnelle, mais qu’ils peuvent en plus le réinventer.

Alex et Mélodie s’activent dans leur atelier-boutique de la rue Amherst. L’ancien athlète professionnel et l’artisane d’expérience jouent avec les tissus, palpent et moulent les modèles qui intégreront au mois d’avril leur nouvelle collection estivale. Ils sont jeunes, dynamiques, mais ils ont choisi un métier de moins en moins pratiqué à cause de la redoutable concurrence manufacturière.

«J’ai toujours aimé porter des chapeaux, explique Alex. Et après ma carrière de sportif, j’avais envie de laisser s’exprimer mon côté artistique. Alors comme je voyais de plus en plus de gens porter des chapeaux, ce domaine s’est naturellement imposé à moi.» Il avoue que trouver des cours dans ce secteur est devenu complexe, et que les équipements nécessaires à la confection manuelle de chapeaux sont vieillissants, mais il ne regrette rien. «J’ai fait en 2016 un choix écoresponsable, local et créatif en lançant Fumile.»

Une position corroborée par sa partenaire Mélodie, qui a par le passé créé des bijoux et des vêtements avant de tomber sous le charme des chapeaux haut de gamme. «Nous travaillons dans le respect des techniques de nos ancêtres en termes de qualité, tout en adoptant une approche moderne dans le style.»

Une approche instinctive

Loin des chaînes de montage des entreprises, Alex et Mélodie montent chaque modèle Fumile à la main. Les matières qu’ils utilisent n’ont pas vraiment changé avec le temps: du feutre (des poils compactés de lapins) «chaud en hiver et qui respire bien en été», et de la paille tissée. Les deux artisans les mouillent et les chauffent, puis les sculptent sur des moules en deux étapes. «Ce sont ces moules en bois qui nous servent de base créative, ou bien les demandes spécifiques de nos clients, précise Alex. Notre approche est instinctive et non influencée par les tendances de l’heure.»

Pour Alex et Mélodie, ce n’est pas parce qu’un chapeau est haut de gamme qu’il doit être réservé à certaines occasions… et à une certaine clientèle. «Le chapeau, c’est pas élitiste! soutient l’artisane. On peut le porter pour une sortie comme au travail. C’est chouette avec un tee-shirt et des jeans. Il faut s’éloigner des stéréotypes.» Selon les deux partenaires, un chapeau constitue même un ajout original à une garde-robe. «On s’attache à un chapeau qu’on ne retrouvera pas sur toutes les têtes, même s’il a un coût supérieur. C’est ça, l’esprit de la slow fashion. Moins, mais mieux.»

Nouvelle collection

La tradition, mais aussi la touche d’audace caractérisent les modèles Fumile, que les créateurs mettent d’ailleurs en scène de manière très réussie chaque saison pour montrer leur diversité et leur contemporanéité. Il faudra donc s’attendre, pour la nouvelle collection à venir, aux styles qui ont fait la renommée de la marque, ainsi qu’à une vision plus légère et ludique inspirée de l’été.

«Certains modèles évoluent aussi en temps réel, puisque nous en personnalisons pour nos clients», ajoute Mélodie. Les deux créateurs invitent d’ailleurs le public à la découvrir le mois prochain, ainsi qu’à s’initier aux créations de Fumile les 5, 6 et 7 avril, alors qu’ils réaliseront une toute première solde de leurs modèles pour célébrer la première année d’existence de leur boutique.