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Trois nouveautés littéraires par la librairie La Liberté
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Trois nouveautés littéraires par la librairie La Liberté

Véritable institution à Québec, la librairie La Liberté a récemment changé d’adresse, mais surtout pas de vocation. Dans le foisonnement de la rentrée littéraire automnale, c’est grâce aux conseils de ces libraires expérimentés qu’on arrive à séparer le bon grain de l’ivraie. La directrice Elena Laliberté et la libraire Virginie Saint-Pierre proposent trois nouveautés à lire pour être dans le coup cet automne.

On entre au 1073 route de l’Église, juste en face de la bibliothèque Monique-Corriveau, et on retrouve tout de suite ce qui a fait la renommée de la librairie au fil des 74 dernières années: les nouveautés côtoient les incontournables de la littérature universelle ou les ouvrages de référence. Une «librairie de fonds» comme il s’en fait de moins en moins. Pour aujourd’hui, laissons les libraires nous diriger vers la section nouveautés.

L’air que tu respires

Paru en français le 6 juin dernier aux éditions Flammarion, ce roman de l’auteure américaine Frances de Pontes Peebles a fracassé les ventes chez nos voisins du Sud. «Avec raison», dit Elena Laliberté, qui compare ce roman à la saga L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. «C’est un livre d’une grande musicalité, porté par une écriture fluide qui vogue entre le présent et une narration plus distanciée, pour faire le récit d’une amitié improbable entre une domestique et une jeune fille riche au Brésil dans les années 30, dans une plantation de canne à sucre. Ensemble, elles fuient vers Rio, découvrent la samba et veulent devenir des stars.»

Petite femme montagne

Grande admiratrice du travail des éditions Marchand de feuilles, Elena Laliberté surveille chaque année les parutions de cette maison montréalaise «dont la ligne éditoriale est passionnante». Cet automne, elle jette son dévolu sur un récit de Terese Marie Mailhot, une auteure autochtone de la Colombie-Britannique dont l’écriture autobiographique à la jonction de l’intime et du politique fait la part belle aux non-dits et à une certaine poétique de l’ambiguïté. «En racontant une enfance difficile dans une réserve et une relation mère-fille complexe, ainsi qu’une vie adulte délimitée par la maladie mentale, elle expose une certaine réalité autochtone. On peut en faire une lecture politique si on veut, mais l’auteure demeure dans le territoire intime, cultive la nuance et n’est jamais sentencieuse.»

Beside, numéro 06

Le magazine semestriel Beside, apparu sur les tablettes en 2017, a peut-être échappé à votre radar. Il faut vite le découvrir, selon la libraire Virginie Saint-Pierre: «C’est une revue axée sur les modes de vie durables, qui propose de réfléchir aux manières de concilier nature et culture à notre époque. Le numéro 6, qui vient de paraître, s’intéresse à la question de la conservation des traditions en interrogeant par exemple des personnes âgées qui tentent de moderniser leur rapport à la tradition, ou des détenteurs d’un savoir-faire ancien qui s’engagent dans une actualisation de leurs pratiques.» En plus, l’équipe de Beside produit des podcasts, organise des ateliers et un festival. La totale.