Entrevue avec Pierre Robitaille

MARIONNETTISTE ET CODIRECTEUR DU THÉÂTRE PUPU LUS MORDICUS 

D’où est venue l’idée d’écrire un spectacle de marionnettes mettant en vedette Freud, tout particulièrement lors de sa dernière année à Vienne, juste avant la guerre ?

L’idée de ce spectacle est née du visionnement de L’Ange bleu, film allemand de Joseph von Sternberg, tourné en 1931 à partir du roman de Thomas Mann Le professeur Unrat. Un vieux professeur strict et sévère se retrouve dans un tripot où chante une envoûtante jeune femme (Marlene Dietrich). Séduit, il connaît la pire des déchéances.

Que se passerait-il si Sigmund Freud était confronté à une telle femme, si ses certitudes étaient ébranlées par l’expérience d’une « professionnelle » habituée aux choses de l’amour et aux confidences des hommes ? Sigmund Freud face à son ultime fantasme au seuil de la mort. Freud pris d’une soudaine pulsion de vie, fuyant ses démons et sa propre mort tout comme la vieille Europe fuyait les siens dans la folie des cabarets burlesques, feignant de ne pas voir la vague meurtrière qui allait s’abattre sur elle. Pourquoi la marionnette ? Selon ce grand savant, ne serions-nous pas manipulés par notre inconscient ? Quel plaisir que de lui renvoyer la pareille !

En plus d’être marionnettiste, vous êtes codirecteur du Théâtre Pupulus Mordicus. Comment en êtes-vous arrivé à créer cette compagnie de théâtre de marionnettes pour adultes ?

En 1995, lors de la production de Faust, pantin du Diable, quelques membres de la troupe créée pour l’occasion sous le nom de Productions Mordicus ont incorporé la compagnie sous son nom actuel. L’engouement qu’avait connu notre premier spectacle n’y est pas étranger, mais c’est surtout le terrain de jeu que nous offrait la marionnette qui nous a motivé. Personnellement, je rêvais depuis le début de ma carrière de séduire le public adulte avec mes pantins. Il y a dans leur essence même notre condition de mortels conscients de l’inéluctable destin. Nous prêtons vie à la marionnette ; sa fragilité nous renvoie immédiatement à la nôtre et c’est là qu’est la clé de la fascination qu’elle exerce. Quelle alliée merveilleuse pour un comédien !

PUPULUS MORDICUS, THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES

Le Théâtre Pupulus Mordicus a été fondé en 1995 par Philippe Soldevila, Marie-Christine Lê-Huu, Sylvie Courbron, Martin Genest et Pierre Robitaille. Ces deux derniers se partagent la codirection artistique. Leur premier spectacle, Faust, pantin du diable, est un véritable succès et récolte une mention spéciale au Gala des Prix d’excellence des arts et de la culture de Québec. Leurs créations explorent et repoussent les limites du jeu avec la marionnette et se donnent pour mission originale d’offrir des spectacles de marionnettes destinés à un public adulte. Leur répertoire compte maintenant huit spectacles dont plusieurs ont rayonné sur la scène internationale. Leur deuxième production, Les Enrobantes cabaret décolleté pour psychanalyste plongeant (1997), remportera le Masque de la production Québec (1998). Au Théâtre du Trident, leur créativité a été remarquée avec les productions de Jacques et son maître (2006), L’Oiseau vert (2008) et L’Opéra de quat’sous (2011).

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À gagner, une paire de billets pour Les Enrobantes.

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Les gagnants seront sélectionnés au hasard parmi ceux qui auront soumis un commentaire durant la semaine précédent le tirage et qui auront fourni tous les renseignements nécessaires lors de l'envoi de celui-ci. Les gagnants seront contactés par courriel et/ou par téléphone. Tirage le 1er mai 2013.

Saison 2012-2013

Crédit photo : Vincent Champoux

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