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Je ne défendrai pas Jean Barbe!

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La dame aveugle soupesait
Tout ce que les gens lui disaient
Que j’avais fait, n’avais pu faire
Dans une balance de fer
Ou l’innocence et son contraire
L’une dans l’autre se déguisaient

Christian Mistral

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Pour tout vous dire, je ne suis pas allé au bout de ce texte dans lequel, Barbe revient sur ce lynchage publique dont il a été l’objet dernièrement. J’ai lu par ailleurs beaucoup de commentaires qui, soudainement, le réhabilitent et le défendent.  Mais au nom de quoi?

Je ne suis pas la Justice. Je n’ai pas à le défendre, et encore moins à l’accuser de quoi que ce soit!

Juste le fait que certains donneurs de leçons reviennent sur un jugement prononcé il y a 11 ans, alors que le « reconnu coupable » a réussi à remonter la pente d’une douloureuse épreuve judiciaire, me paraît d’une irresponsabilité morale sans nom.

Même s’il était mon ami intime, je n’aurais rien à dire pour le défendre publiquement. Étaler ses qualités personnelles, dont je ne doute point, passe à côté de l’enjeu véritable.  Celui d’une justice, juste et équitable.  Celle qui juge le comportement précis dans un moment précis d’une personne, mais pas la personne en tant que telle.  C’est cette justice qu’il faut défendre.

Celle qui se fait cogner dans le ventre par un tribunal parallèle qu’on appelle « l’opinion publique« .  Une illusion d’opinion publique, parce que des commentaires exprimés dans les réseaux sociaux, aussi nombreux soient-ils, ne peuvent parler au nom de tout le monde et encore moins au nom d’une institution judiciaire qui a déjà fait son travail.

C’est cette justice parallèle, qu’il faut dénoncer, celle qui rappelle les jours sombres d’une justice arbitraire, fondée sur le goût du sang et de la vengeance. Cette fois c’est Barbe qui en paye le prix, demain ça sera toi ou moi..!

Je connais, par ailleurs, un autre Jean Barbe, l’auteur de « Comment devenir un monstre ». Un aussi grand écrivain, je le défendrai jusqu’au dernier souffle..

Et je l’invite…