Flâner, le nez en l’air, à Joliette, avant un arrêt au musée, et attraper des œuvres d’art dans le détour

26 juin 2015 9h27 · Musée d'art de Joliette

terrasse

Il fait chaud. L’air est bon. Vous avez l’embarras du choix. Tout s’offre à vous. Mais Joliette vous inspire. Vous ne savez pas trop pourquoi, mais le bloc lumineux du nouveau Musée d’art de Joliette vous interpelle. Vous avez votre billet d’autobus, vous êtes à l’arrêt de la 50 au métro Radisson. Ou bien vous avez déjà les mains sur le volant et vous écoutez Paradis City de Leloup. L’été vous intime de partir. Vous en avez assez des festivals. Une journée ailleurs, en regardeur esthète autonome, c’est ça qui vous intéresse.

Je vous propose tout d’abord de partir du terminus d’autobus de Joliette. Coin Beaudry et Saint-Louis, tout à côté de l’immense stationnement du Métro Bélair, là où vous laisserez votre voiture, si vous êtes Communauto ou votre auto commune.

L’humidité n’est pas harassante. En sortant de l’autobus, ou en quittant votre véhicule, vous êtes en état de marche.

J’ouvre les pages de mon calepin du flâneur sur la rue Beaudry, au coin de Manseau. En évoluant sur Beaudry, vous croiserez les bureaux de l’UPA,  puis un terrain vague aux herbes fourragères. Arrivé coin Manseau,  vous allez voir un terre-plein en forme de triangle, sur lequel trône une œuvre d’art en ciment, une espèce de poing levé, de fleur abstraite, de soleil figé dans la matière. Cette œuvre ne vous bouleversera pas. Elle évoquera en vous des choses que je ne peux prédire puisque je ne vous connais pas encore. Je peux toutefois vous dire que ce que vous avez devant vous est une œuvre qui a été réalisée en 1966, dans le cadre d’un symposium de la sculpture qui s’est déroulé à Joliette. Le titre de l’œuvre est « Hommage au soleil » de l’artiste Ethel Rosenfield.

Chaque ville est une course au trésor insolite qui témoigne de son passé, du passage des arts sur son terrain. Ici, vous tenez un bout de son histoire, quelque chose qui vous replonge dans la fébrilité artistique des années 60, pré Expo 67. Les artistes n’ont eu qu’un mois pour concevoir et réaliser leur œuvre.

Remontez ensuite Manseau, vers le centre-ville. Remarquez les maisons victoriennes, les « cabanes » des anciens notables, et continuez jusqu’à la rue Saint-Pierre.

Tournez à droite, dirigez-vous vers la Bibliothèque Rina-Lasnier. Bel édifice encastré dans une ancienne église. Rina Lasnier, grande poète joliettaine, catholique, assez conservatrice, que Jacques Ferron n’aimait pas, mais qui a pourtant écrit une œuvre luxuriante, pour le moins. Si vous êtes intrigué, allez lire Présence de l’absence, son recueil le plus moderne, disponible en livre de poche, qui sauve le reste de l’œuvre, engoncée dans une forêt de métaphores denses et de références bibliques.

Entrez dans l’édifice. Allez au fond, regardez au-dessus de vous. Vous êtes sous l’œuvre de Joëlle Morosoli, intitulée Entre partition et manuscrit, créée en 2007. Tubes d’orgues et bandes de métal percées de signes, bandelettes à piano mécanique ou vagues, rappelant tout aussi bien l’emplacement de l’orgue de l’église que la nouvelle vocation du lieu s’offrent à votre regard. Morosoli est une artiste spécialiste du 1 %, des intégrations d’œuvres à l’architecture. Vous retrouverez ses sculptures un peu partout, à Montréal comme ailleurs.

Poursuivez votre chemin sur Manseau, arrêtez-vous à la place Bourget, allez-vous mouiller aux pieds des murs d’eau, réalisation de Daoust Lestage architecture design urbain, installés là en 2009 puis traversez l’esplanade. Vous n’êtes plus très loin du Musée d’art de Joliette.

Poussez jusqu’à Wilfrid-Corbeil, la rue qui rend hommage au fondateur du Musée, prenez à droite. En une minute ou deux, vous atteindrez son immense porte d’entrée en vitres longues.

Bonne visite !

 

Bertrand Laverdure
pour le Musée d’art de Joliette

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Présentation

Pour sa grande réouverture, le MAJ propose un tout nouveau regard sur la richesse de sa collection avec la réalisation d’une toute nouvelle exposition permanente Les îles réunies. Sa programmation temporaire est également lancée avec une exposition d’envergure consacrée à un artiste québécois en art contemporain. En plus de dédier ses nouveaux espaces à de nouvelles expériences, le MAJ continue sa mission d’accessibilité en offrant à la population une panoplie d’activités culturelles et éducatives pour répondre aux besoins de nombreux publics.

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Musée d’art de Joliette
145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil
Joliette (Québec) J6E 4T4

Pour obtenir plus de renseignements : 450 756-0311 ou museejoliette.org