La musique classique québécoise en expo temporaire au Musée d’art de Joliette

17 juillet 2015 10h49 · Musée d'art de Joliette

Le Musée d’art de Joliette s’associe au Festival de Lanaudière pour vous présenter une série de quatre concerts consacrés au patrimoine musical du Québec.

Le premier, une soirée électro-akousma, a eu lieu le 16 juillet. Vous ne le saviez pas ? Tant pis, je vais me restreindre aux autres concerts qui seront présentés au Musée d’art de Joliette le 27, le 28 et le 30 juillet.

Puisque je suis un peu inculte en histoire de la musique au Québec, j’ai appelé mon ami, le compositeur Éric Champagne, à la rescousse. Il a composé une symphonie, pour dire l’étendue de son talent. Symphonie créée en 2014 par l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Yannick Nézet-Séguin. En plus d’être un compositeur d’ici célébré et joué à l’étranger, c’est un bonhomme au rire franc et un érudit de l’histoire de la musique au Québec. Toujours courtois et généreux, c’est avec plaisir qu’il a accédé à ma demande, soit celle de commenter le programme des trois concerts qui nous intéressent. Je l’ai attrapé en plein vol, entre deux brassées de linge, se préparant à partir.

D’abord il s’exclame, à l’autre bout du fil « C’est une programmation malade ! ». Son enthousiasme est sincère, de plus il me rappelle que plusieurs compositeurs au menu sont très peu joués et qu’ainsi, ces concerts sont d’une rareté notoire. Premier point à retenir, ceux qui assisteront à ces concerts seront des chanceux.

Victor Fournelle-Blain

Victor Fournelle-Blain © Festival de Lanaudière

Je note ce qu’il me dit. Le concert du lundi 27 juillet au MAJ met en scène une grande vedette montante du violon, Victor Fournelle-Blain. Il y interprétera du André Mathieu, maintenant bien connu grâce au travail de prosélyte d’Alain Lefèvre, mais aussi plusieurs autres compositeurs québécois oubliés. Maurice Dela (1919-1978), entre autres, très influencé par Debussy; le plus ancien des compositeurs au programme de cette soirée est Alexis Constant (1858-1918) qui a eu une carrière mondiale, a percé en Europe et aux États-Unis, un phénomène, un peu comme Emma Albani; Claude Champagne (1891-1965), qui a donné son nom à une salle de concert de l’Université de Montréal, compositeur contemporain respecté, a été le professeur des deux autres compositeurs au programme, soient Jean Vallerand (1915-1994), ancien critique musical au Devoir, et Jean Papineau-Couture (1916-2000), prix Denise-Pelletier en 1981.

Trio Hochelaga © Odile Boucher

Trio Hochelaga © Odile Boucher

Je continue de noter. Le mardi 28 juillet, c’est au tour du Trio Hochelaga, qu’Éric Champagne qualifie de « chatoyant et très français » de nous offrir  une soirée de musique classique entièrement québécoise. Nous y retrouvons une pièce d’Alexis Constant, mais aussi une pièce du père d’André Mathieu, Rodolphe Mathieu qui était plus avant-garde que son fils ! Imaginez vous, le père, plutôt aficionado de Debussy, amoureux de Scriabine, et son fils qui lui tourne le dos en se refusant aux modernes ! En soit, il y a une histoire là. Auguste Descarries (1896-1958), organiste à Saint-Viateur d’Outremont, est celui qui a enregistré le premier disque de musique religieuse au Québec.

Quasar

Quasar © Festival de Lanaudière

À la mention du concert du jeudi 30 juillet, toujours aussi volubile, mon stylo barbouille le papier en essayant de suivre son débit de voix, Éric Champagne me parle du très beau concert de Simon Martin, tout jeune compositeur. Concert qui a déjà été donné au Musée des Beaux-Arts de Montréal il y a deux ans.  Avec trois ensembles différents, Trio de guitares contemporaines, Quasar (ensemble de saxophonistes) et le Quatuor Bozzini (bien connu quatuor à cordes), Simon Martin nous offrira une palette variée de sa musique spectrale, introspective, contemplative, tout en jouant sur la couleur du son. Une musique contemporaine planante et accessible.

Je quitte mon interlocuteur privilégié, toujours en éclatant de rire avec lui autour d’une blague de lessive et tout en le remerciant, je me fais la réflexion que toute passion réelle, qu’elle soit artistique ou sportive, naît de la culture.

J’espère qu’avec ces petites bouchées de culture, je vous ai donné un avant-goût de ce que peut être la passion pour la musique classique québécoise.

Rendez-vous le 27, 28 et 30 juillet au MAJ.

 

Bertrand Laverdure
pour le Musée d’art de Joliette

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Présentation

Pour sa grande réouverture, le MAJ propose un tout nouveau regard sur la richesse de sa collection avec la réalisation d’une toute nouvelle exposition permanente Les îles réunies. Sa programmation temporaire est également lancée avec une exposition d’envergure consacrée à un artiste québécois en art contemporain. En plus de dédier ses nouveaux espaces à de nouvelles expériences, le MAJ continue sa mission d’accessibilité en offrant à la population une panoplie d’activités culturelles et éducatives pour répondre aux besoins de nombreux publics.

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Musée d’art de Joliette
145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil
Joliette (Québec) J6E 4T4

Pour obtenir plus de renseignements : 450 756-0311 ou museejoliette.org