Mais qui êtes-vous, spectateurs de cinéma ?

8 octobre 2015 14h55 · Musée d'art de Joliette

femmechambre

Mais qui est le spectateur de cinéma, le spectateur d’Internet ? Qui est-il ? Pourquoi s’intéresse-t-il à l’intimité des autres, au fantastique, à tout ce qui le dépasse, à tout ce qui le mine, à tout ce qui le fascine ?

Ce sera la Semaine du Cinéma de Lanaudière du 17 au 24 octobre et hormis cette question inquisitrice qu’il posera au spectateur de cinéma, le MAJ va projeter tout plein d’étoiles dans vos yeux. Célébrer le cinéma d’ici, le court-métrage, c’est célébrer un des arts les plus vieux et à la fois les plus contemporains. Aiguisez vos rétines, polissez vos cornées, le Musée se déguisera en salle de cinéma.

Au Musée d’art de Joliette, à partir du 25 septembre jusqu’au 3 janvier 2016, la vidéaste Andrée-Anne Roussel se pose cette question fondamentale. Qui sommes-nous lorsque nous regardons l’autre dans son intimité, incognito ?

Artiste multidisciplinaire, Andrée-Anne Roussel s’intéresse au cinéma sensoriel, à l’expérience interindividuelle singulière qui survient entre une image mouvante et son spectateur. Vous êtes conviés à venir interagir avec son œuvre La femme dans la chambre, au MAJ.

Vous devez d’abord vous engouffrer seul dans une salle obscure et vous asseoir sur un fauteuil. Vous serez entouré de détecteurs de mouvements. Devant vous, un film dans lequel une femme, en nuisette, vous regarde, elle est assise sur un lit défait, dans une chambre. Personne ne vous introduira au contexte de cette rencontre. La suite de cet entretien improbable entre  l’image de cette femme et vous-même dépendra de vos mouvements.

Question de vous rincer les yeux avec des courts-métrages de réalisateurs et réalisatrices d’ici, je vous suggère fortement de faire une croix sur votre calendrier pour vous réserver la soirée du jeudi 22 octobre. On y présentera six courts-métrages : La volupté, de Sarianne Cormier; Hermosas, de France-Éléonore Bernier; Lactée, d’Andrée-Anne Roussel; La coupe, de Geneviève Dulude-De Celles; Bernard le grand, de Marie-Hélène Vien et Philippe Lupien; et Viaduc de Patrice Laliberté.

Je suis un amateur de court-métrage, je dois l’avouer. Je suis persuadé que vous l’êtes aussi. J’ai l’impression parfois d’y retrouver un concentré de longs métrages ou une idée forte développée un peu à la manière d’une nouvelle ou d’un reportage. Lors de cette soirée, vous découvrirez autant des œuvres qui puisent dans un imaginaire singulier, comme Lactée et Bernard le grand (l’histoire d’un petit gars de dix ans qui ne veut plus grandir), tout autant qu’il vous sera possible d’entrer dans le monde étonnant des femmes mariachis au Mexique, de suivre un graffiteur la nuit, ou d’observer un moment d’intimité privilégié entre un père et sa fille, dans le film La coupe.

Cartes postales, vignettes, études de cas, portraits, nouvelle, mini-documentaire, tableau abstrait, pamphlet, montage curieux, le court-métrage est devenu un mode d’expression en soi, une pratique contemporaine qui définit en quelque sorte notre nouveau rapport au monde.

Ici, on ne parle pas, par ailleurs, de simples vidéos amateurs disponibles sur les sites les plus connus, mais d’œuvres conçues, réalisées et tournées dans les règles de l’art.

Le court-métrage est un art en soi, un médium unique qui a ses règles et ses chefs-d’œuvre. Allez-y voir !

Je m’adresse ici bien entendu aux adultes et aux étudiants, qui sont aussi des adultes, mais comment forme-t-on le spectateur de cinéma, le spectateur d’images mouvantes ? J’ose avancer que le meilleur moyen d’intéresser les enfants au cinéma, c’est de les confronter à son histoire et à sa technique particulière. En tant qu’ex-enfant, je serais formidablement heureux si ma mère ou mon père ou mes deux parents avaient la gentillesse de m’amener à l’atelier de confection de folioscopes (ou flip-book) le dimanche 18 octobre au MAJ.

En plus de faire saisir en un tournemain le principe du cinéma (en feuilletant ces petits livres, on génère des images mouvantes quelques secondes), cet atelier leur permettra également de mieux comprendre le cinéma d’animation.

Ah…les folioscopes, ces objets d’art qui ont été et resteront toujours pour moi une source inépuisable de fascination, un éveil au monde de l’image mouvante, et une célébration attrayante de la création cinématographique.

Je rêve d’ailleurs d’une exposition de folioscopes au MAJ. Ils existent depuis le milieu du XIXe siècle. Dans le cadre d’une exposition, on pourrait alors avoir accès à une grande variété de ces livres de plaisirs. Je lance l’idée et bienheureux qui l’attrapera !

Bon visionnement !

 

Bertrand Laverdure
Pour le Musée d’art de Joliette

Partagez cette page

Présentation

Pour sa grande réouverture, le MAJ propose un tout nouveau regard sur la richesse de sa collection avec la réalisation d’une toute nouvelle exposition permanente Les îles réunies. Sa programmation temporaire est également lancée avec une exposition d’envergure consacrée à un artiste québécois en art contemporain. En plus de dédier ses nouveaux espaces à de nouvelles expériences, le MAJ continue sa mission d’accessibilité en offrant à la population une panoplie d’activités culturelles et éducatives pour répondre aux besoins de nombreux publics.

@MAJ_Joliette sur Twitter

Musée d’art de Joliette
145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil
Joliette (Québec) J6E 4T4

Pour obtenir plus de renseignements : 450 756-0311 ou museejoliette.org