Live à Montréal : Mauvais Quarts d'Heure
Musique

Live à Montréal : Mauvais Quarts d’Heure

Le 22 avril, au Petit Campus

Un pas en avant, deux pas en arrière. C’est ce qu’on s’est dit en entendant la version d’Incognito de Ceuline que les Mauvais Quarts d’Heure avaient commise sur disque. Promptement rappelé des stations de radio où il avait été envoyé, le single n’aurait jamais dû se retrouver sur CD, point. Durant le premier de leurs deux spectacles au Petit Campus, les MQH nous ont présenté ce qui devait être la «vraie» version d’Incognito. Rien à faire. C’était une mauvaise idée dès le départ, et toutes les pédales de distorsion du monde ne la rendraient pas moins indigeste. Cela étant, ce dérapage ne devrait pas nous éloigner du véritable talent des Mauvais Quarts d’Heure. Car sur scène, même devant un public clairsemé comme celui de jeudi dernier, le trio (ils semblent avoir perdu leur deuxième guitariste) mené par le chanteur Simon Bédard ne manque pas d’efficacité, bien au contraire. Ce dernier possède une excellente voix et affiche un enthousiasme pour le moins communicatif. Son groupe connaît sur le bout des doigts le power-pop énergique de l’album Gaucher, et il s’est même permis de jouer quelques chansons en version semi-acoustique, ce qui n’a pas manqué d’en surprendre quelques-uns. Bien qu’en pleine possession de ses moyens, MQH est un groupe à la croisée des chemins, à la recherche de son public. Tout ce qui leur manque maintenant, c’est du nouveau matériel original sur disque, histoire de faire le grand saut en avant qui leur permettra de passer le cap du millénaire. Les 8, 14 et 15 mai, au Petit Campus.

Lulu Hughes, Festival Medley Blues

Le 24 avril, au Medley

On la devinait fébrile et impatiente. Ce fut pire. Quelques instants avant de monter sur scène, Lulu Hughes s’est avérée terrifiée et plus certaine du tout si elle s’était embarquée dans la bonne galère. Au compteur, 1628 personnes, selon les organisateurs du Festival Medley Blues, attendaient leur injection. Imaginez, ses nouvelles chansons ne sont jamais sorties du studio. Son tour de chant viscéral et cicatrisant n’a que peu de choses en commun avec le blues. Son nouveau bassiste, Maurice Soso, n’a eu qu’une semaine pour apprendre le répertoire. Personne, pas même Lulu, ne savait où ce show-là allait aboutir. Le public, qui était loin d’être gagné, fut vraiment comblé. Et très démonstratif. Ce qui a eu pour effet de rassurer la muse et ses huit musiciens et choristes. Le pacing concocté par Dan Hughes, son frère et batteur, faisait preuve d’un flair remarquable: une poignée d’irrésistibles incontournables comme Son of a Preacher Man, People Get Ready, Shake Everything You’ve Got et Respect, mais aussi trois de son cru: Come Live With Me, Low et Around the World. Les gens ont tellement tripé sur sa propre cuvée qu’un retour de vague est venu éclabousser la scène. En prime, Luck Mervil (sa version de No Woman No Cry m’a semblé plus pertinente que n’importe quelle version de Sweet Home Chicago…), Garou, Rick Hughes, Richard D’Anjou des Cooks et Luce Dufault sont venus galvaniser un concert auquel manquait encore la véritable griffe de Lulu, mais qui a atteint l’essentiel: l’auditoire. «Ce Festival, c’est d’abord et avant tout une grande fête, de constater Jamil, le producteur de l’événement. Son retour est maintenant confirmé et on va l’augmenter en durée dès l’an prochain.»

Chanson de la semaine

Eagle-Eye Cherry Falling in Love Again (Work/Sony)
Deuxième extrait de Desireless, le premier album d’Eagle-Eye: refrain catchy, voix prenante. Si tout va bien, un aussi grand succès que Save Tonight est à prévoir. Mais, soyons réalistes, ce sera probablement aussi le dernier à sortir de cet album…

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