Restos / Bars

Cabine M : Vue sur le tarmac

Vous êtes à l’aéroport Trudeau et vous avez plein de temps à perdre? Rendez-vous au bar à vins Cabine M, franchise du chef Louis-François Marcotte.

Avez-vous remarqué que l’aéroport Trudeau s’est subtilement "montréalisé" depuis que le gouvernement fédéral en a cédé la gestion en 1992 à Aéroports de Montréal, société sans but lucratif? La métamorphose se remarque, entre autres, aux oeuvres d’art qui habillent les espaces publics: photographies d’Isabelle Hayeur et de Luc Courchesne, installation lumineuse d’Axel Morgenthaler, par exemple.

Cette volonté de mettre en valeur les talents d’ici (en arts comme en gastronomie) s’étend aussi à la zone des restaurants. D’où l’installation de Cabine M, franchise de Louis-François Marcotte (Local, Hangar, Simpléchic), dans la zone internationale en décembre dernier. Restaurant le plus haut de gamme de l’aéroport, Cabine M est aussi le seul établissement à offrir une vue imprenable sur les pistes de décollage et d’atterrissage. Le décor intérieur, de style industriel contemporain, met en valeur de longs comptoirs où l’on peut observer le lent ballet des avions devant un plat bistro ou un ballon de vin (ou les deux à la fois).

Au menu

En entrée, la soupe à l’oignon et la salade de betteraves jaunes sont des valeurs sûres. La soupe, goûteuse et réconfortante, est coiffée de pain brioché (du Fromentier) et d’un bon emmenthal québécois. La salade est constituée de gros cubes de tubercules servis tièdes et amalgamés à des tomates cerises, haricots verts al dente et lardons. L’ensemble, lié par un fromage de chèvre Caprini et une huile aromatisée aux truffes, est rustique et très agréable au goût. Le hic: au centre, trône un oeuf à la coque pané, dont le jaune est dur alors qu’il devrait couler, comme la version servie au Local.

Les plats principaux commandés sont servis prestement: une assiette de crevettes et un burger. Les crevettes font la ronde autour d’un riz basmati et d’un monticule de légumes cuits vapeur et manquant de punch (carottes, bok choy, shiitakes). Annoncés "au caramel", les crustacés laqués au miel sont beaucoup trop sucrés. Heureusement, le riz à la cardamome est bien dosé.

De son côté, le burger de veau (il y a aussi un burger de boeuf) présente une galette dont la texture s’apparente davantage à de la viande compressée qu’à une boulette de steak haché… Étrange. Le pain est badigeonné d’un chutney commercial, très sucré. Comme condiments, on retrouve des feuilles de roquette, une tranche de tomate et une autre de brie fondant. Le burger est accompagné de frites surgelées et d’une salade arrosée d’une vinaigrette balsamique du commerce, également trop sucrée.

À aucun moment, la serveuse ne s’est informée de l’heure de notre avion. Débordée, elle nous a abandonnés durant une bonne heure entre plats et desserts.

Douceurs

Aucun des desserts du Cabine M n’est fait maison. Les cupcakes proviennent de la boutique Les Petits Gâteau (sic)… Sans être transcendants, ils étaient frais et moelleux. La tartelette au chocolat, issue du Fromentier, avait bon goût, mais comme elle sortait du frigo, elle était froide et figée. Elle coûte tout de même 16$…

Emballant /
La vue imprenable sur le tarmac. L’offre de vin au verre ou en bouteille (une vingtaine de propositions dont quelques importations), choisie par la réputée sommelière du Local, Élyse Lambert. L’effort pour mettre en valeur des produits québécois.

Décevant /
En termes de qualité, Cabine M est nettement en dessous des autres restaurants de Marcotte. Cela peut s’expliquer par les multiples contraintes avec lesquelles Cabine M doit composer, à commencer par la lourdeur de la logistique aéroportuaire et l’impossibilité de choisir son personnel.

Combien? /
Une centaine de dollars pour deux, avant taxes, vin et service.

Quand? /
Selon l’horaire des vols. Aucune possibilité de réservation.

Où? /
Cabine M
Jetée internationale de l’aéroport Montréal-Trudeau, porte 52

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