Ariane Moffatt : alley-oop musical

5 novembre 2012 9h22 · André Péloquin

Quelques mois après le lancement de MA, un album anglophone doublé d’une facture électro, Ariane Moffatt drible avec deux nouveaux projets : une refonte de carrière hexagonale ainsi qu’un maxi de remix aiguillé par Poirier.

Avant d’aborder le nouveau disque, revenons sur l’expérience MA qui t’a permis de pousser du côté du Canada anglais et des États-Unis en plus de compter sur le marché québécois. Ravie de l’expérience? Oui. Avec MA, il y avait une possibilité d’ouverture vers d’autres choses en prenant le risque du bilinguisme et tout ce que ça comportait. On ne s’attendait pas à «percer» aux États-Unis en six mois, disons, mais je suis contente d’avoir eu la possibilité de jouer autant à Austin au Texas qu’au Canadian Music Week qu’au CMJ à New York, tous de petits parcours de défrichement.

Des échos de la France? En France, j’ai lâché ma maison de disques, Columbia.

Ah oui!? C’était une question de dignité! J’arrivais là et je pouvais croire qu’on avait organisé les détails la veille! J’ai donc laissé tomber et ils ont quand même été chouettes de ne pas me retenir avec une quelconque clause contractuelle. Ils étaient un peu d’accord, en fait! Ils n’étaient pas dans une bonne situation pour travailler l’album.

Tu vas procéder comment alors? J’ai revu ma façon de faire en Europe : distribution numérique et boîte de presse indépendante. J’aime évoluer ainsi. Dans une industrie qui n’arrête pas de changer, je m’adapte et je réagis à ça en me renforçant, en devenant de plus en plus autonome. C’est un aspect que j’adore. C’est très stimulant!

Qu’est-ce qui t’a amené à produire ce nouveau maxi? L’expérience précédente avec le EP Tous les sens? Le caractère plus électro de MA qui se prêtait bien à l’exercice de remix? T’sais, j’ai façonné l’album en m’attardant beaucoup à chaque son, à chaque beat et j’en venais à trouver ça «plate» que certains détails s’y perdaient dans le mix. Je considérais donc qu’il y avait beaucoup de tracks qu’on pouvait récupérer. Je me suis donc dit que je pourrais les bouncer vers d’autres gens, voir ce qu’ils pourraient en faire comme relecture.

Une chanson en particulier? C’est vraiment parti de Too Late. C’est là que j’ai pensé à Poirier : les steel drums de l’originale me faisaient penser à son côté dancehall. Je l’ai rencontré alors que MA était en mastering, histoire de prendre de l’avance. Il est venu chez moi. On en a jasé et j’ai réalisé qu’il ferait un bon passeur, car c’est un gars qui a les deux pieds dans une scène musicale que je maîtrise moins.

Un bon passeur? Il s’est avéré un bon recruteur de remixeurs. De plus, il ne voulait pas qu’on compile des remix produits à droite et à gauche, mais une oeuvre quand même cohérente. Il a «gardé le fort» de ce projet alors que je courrais à gauche et à droite, mais on gardait le contact pour prendre des nouvelles et s’échanger des idées.

Des idées comme? Bonjay, c’était une de mes demandes. De l’autre côté, je ne connaissais pas Nautiluss, ni Dubbel Dutch. Bien que j’avais envie d’un trip électro, je ne voulais pas qu’on délaisse l’aspect «joué» pour autant. D’où le recrutement de Plaster. Puis je me suis aussi commisse en reprenant, pour une première fois, une de mes pièces. C’était donc une collaboration aussi équilibrée qu’agréable.

Parmi les collaborateurs, on note une certaine Ariane Moffatt. Comment Ariane Moffatt remixe Ariane Moffatt? Disons que, dès le départ, je savais exactement quels éléments étaient dans la chanson! Pour ma part, je me suis beaucoup inspiré des cordes qu’on retrouve vers la fin de la chanson, mais qu’on n’entend plus beaucoup dans le mix final. Je crois avoir «complété» le «propos» de la chanson originale avec ce remix un peu plus «rêveur», mais ça aurait pût se diriger vers une tout autre direction. C’est ça que je retiens : les possibilités sont infinies! Y’a tellement de matière à tweaker que t’en viens à oublier que c’est ton propre matériel.

On dirait que t’en tires une leçon… Ça me fait penser un peu au cheminement de Thom Yorke de Radiohead – que j’adore! – et qui, au fil de sa carrière, est parti de la chanson, quelque chose de très organique, et qui a revu sa notion de la structure de sa musique au fil de sa carrière. Au fil des années, ce qui fait qu’une chanson devient ce qu’elle est a changée. Il a vraiment poussé son concept, notamment en y insérant des éléments électro, sortant la chanson d’un certain formatage de «toune» pour l’amener dans une direction plus «ambiante». Bref, il m’inspire et j’ai l’impression que cette expérience-là – le remixing – m’amène, moi aussi, à revoir le format…

Puis, finalement, qul est le meilleur joueur de basketball? Toi ou Poirier? J’vais faire attention à mon choix de mots. T’sais, Poirier, faut pas trop le niaiser!  Je dirais que c’est un peu comme notre collaboration sur ce disque. Moi, je suis une shooting guard : je drible et je fais des lancers. Lui, il est grand alors on peut faire des alley-oop. Je lui passe la balle et il la met dedans!

Lancement ce soir, en formule 5 à 8, au 5295 Avenue du Parc. Cliquez ici pour consulter la page Facebook de l’événement.

Information supplémentaire : arianemoffatt.com

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