Lisa LeBlanc et les critiques…

11 janvier 2013 16h21 · André Péloquin

Le hasard fait parfois «bien» les choses…

Après avoir pris à partie Radio Radio parce que le trio se complait dans une «sous-langue d’êtres handicapés en voie d’assimilation», le chroniqueur du Devoir Christian Rioux adressait ce matin une «lettre» à Lisa LeBlanc où il aborde son malaise face à l’engouement pour sa fameuse pièce (vous savez laquelle).

Hier, je m’entretenais justement avec la cowgirl pour revenir sur son année coup de poing (à lire jeudi prochain dans le Voir, d’ailleurs!) et il a été question de la première missive de Rioux ainsi que des reproches – par la suite rétractés – de Pierre Harel qui disait de Leblanc qu’elle faisait «plus de mal à la Loi 101 que tous les allophones réfractaires». Comme la langue de Duteil est particulièrement dans l’air du temps aujourd’hui, profitons-en pour transporter un extrait du verbatim de l’entrevue sur ce blogue…

En 2012, des chroniqueurs – dont Christian Rioux du Devoir et Pierre Harel de Canoe – ont critiqués les artistes qui, selon eux, «appauvrissent» la langue française. Ce sont des critiques qui t’atteignent?

« Beaucoup de monde dit «Moi, je ne lis pas les critiques», mais moi – c’est niaiseux d’même – je l’ai toujours fais, peut-être par curiosité ou encore par habitude parce que je voulais savoir ce qui se passait. C’est sûr qu’une critique vraiment hard sur une personne, qui t’attaque personnellement plutôt que ce que tu fais ou quand tu réalises que la personne a écouté qu’une seule toune, soit Ma vie c’est d’la marde ou Câlisse-moi là qui sont deux tounes qui ne représentent pas l’album, j’avais envie de leur répondre «Peut-être que tu devrais écouter l’album en entier, tu changerais peut-être d’avis» et c’est ce qui est arrivé avec Pierre Harel d’ailleurs. Thanks!  Je care pas, mais c’est sûr que ça m’a atteint un moment donné. T’en viens à douter.

Pis l’affaire de la langue, je me rappelle que ça a lancé une polémique jusqu’au Nouveau-Brunswick. Ça a mis du monde en crisse pis whatever, mais ça demeure un discours qu’on a entendu tellement souvent. Un moment donné, je me disais «Est-ce qu’on revient vraiment là-dessus en 2012?» C’est pourquoi je ne voulais pas me prononcer là-dessus, je trouvais ça niaiseux d’élaborer sur le sujet. Devons-nous encore «défendre» le chiac ou le joual à notre époque? Il y en aura toujours pour dire que le français doit être parlé d’une façon précise, pis je me suis dit “Too bad, ils vont passer manquer de belles affaires». Faudrait qu’ils viennent pêcher du homard au Nouveau-Brunswick, ça leur fera réaliser que le monde est pas mal cool pis ils vont tomber en amour avec l’accent tout de suite! Ça sera toujours là pis je suis pas mal sûre que dans deux, trois ans, on aura encore droit à une polémique là-dessus. Franchement, guys… »

En ce qui me concerne, je préfère le franc-parler de Leblanc – et des Soeurs Boulay, qui ne portent pas tant l’éperon, mais qui ne font pas toujours dans la dentelle non plus – que la chanson française colporté par les Marie-Élaine Thibert et autres chanteuses aux voix prodigieuses, mais qui interprètent des ritournelles dans un français international trempé dans l’eau de rose et, surtout, qui ne sied pas à des jeunes filles de leur âge, mais bien aux matantes qui s’en gavent.

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