Maisons inhabitées, édifices désaffectés, granges abandonnées… Alors qu’on passe souvent devant les vieux bâtiments sans les voir, l’artiste canadienne Carolyn Mount y a puisé son inspiration pour créer l’exposition Places In Between.

"Ils ne sont pas toujours beaux. Parfois même, ils sont laids, mais ils représentent tout de même une connexion avec l’histoire d’une communauté." Lorsqu’elle regarde les vieux bâtiments, Carolyn Mount pense à ce qu’ils ont représenté pour ceux qui y habitaient, qui y étaient. Particulièrement attirée par les portes, elle les perçoit comme le début ou la fin d’une aventure pour les personnes qui y sont passées. "En plus d’être un canevas pour les graffitis!"

Les installations de grandes gravures sur linoléum qui composent son exposition documentent, d’une certaine façon, l’évolution des quartiers et des paysages qui l’entourent et qui la fascinent tant. "Places In Between, c’est un peu ce qui se passe entre la construction et la destruction d’un lieu. Entre le nouveau, le vieux, et le renouveau", définit l’artiste d’origine ontarienne qui s’inspire majoritairement de lieux à Vancouver, où elle habite désormais. Ce qui était au début un travail sur l’évolution d’une zone géographique particulière a fini par déborder sur une idée plus vaste imbriquant le changement et la transformation. L’oeuvre qui illustre le mieux sa démarche est certainement celle qui s’intitule Future Home of a BC Sub Station, où elle a immortalisé une maison aujourd’hui détruite pour faire place à une station de métro britanno-colombienne.

ART SUICIDE

Si Carolyn Mount a choisi la linogravure, c’est que cette technique illustre bien le propos de son exposition. "Je construis mes images en détruisant mon bloc de linoléum." Ici, la technique est directement en relation avec l’idée puisque l’artiste doit graver une couche pour imprimer chacune des couleurs qui composeront l’image, en détruisant la matrice strate par strate.

Un média au processus plutôt complexe, donc. "Il n’y a pas de deuxième chance si vous faites une erreur." Pas si dramatique de retourner à la case départ pour ceux qui impriment en deux ou trois couleurs, mais lorsqu’on utilise une vingtaine de couleurs comme le fait Carolyn Mount, le terme suicide print, lié à cette technique, prend tout son sens.


Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : ,

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel