Inspirante Londres

21 juillet 2009 4h56 · Christian Quesnel

De par son caractère multiethnique, mais aussi par le flux incroyable d’artistes qui viennent tenter de percer dans le pays de Madame, Londres est une ville qui impose l’inspiration. Je dis bien «impose », car non seulement dans les galeries, mais partout dans les rues, l’on voit des œuvres et des façons de faire créatives qui résultent de tout ce bouillonnement culturel. Et ici, je ne fais pas références aux projets architecturaux du Central London qui amalgament contemporain et patrimonial avec des résultats parfois mitigés qui ne respectent pas le caractère environnant, mais qui, souvent, réussissent haut la main (par exemple la gare de Charing Cross). En parlant de bouillonnement, je fais référence au East London avec ses milliers d’artistes, d’ateliers et de résidences environnantes qui rehaussent littéralement le niveau de vie de ce coin de Londres.



En tant qu’artiste, on se sent poussé par un vent créatif intérieur impossible à freiner. Il faut que ça sorte, comprenez-vous ? À force de discussions avec mes collègues étrangers, le même phénomène les affecte. Marianne Engel m’a confié qu’elle doit mettre la pédale douce sur tout ce qui l’inspire présentement, car elle va manquer de matériel très bientôt si elle se laisse aller à toutes ses inspirations. Il y a aussi Tina Isabella Hild qui a pris l’initiative de transformer son studio en galerie pour ainsi présenter au public une exposition collective de la plupart des artistes d’ACME international dont je fais partie. 



Ça bouge. Les gens n’attendent pas à côté du téléphone « l’Appel » qui changerait leur carrière.

 



***



CŒURS D'ARGILE

Entre des BBQ d’artistes bien arrosés (le vin australien que j’affectionne particulièrement est la moitié du prix en comparaison de celui demandé au Québec), je travaille comme un moine sur mon album « Cœurs d’Argile ». Je viens tout juste de terminer le troisième chapitre, « L’ami imaginaire » dont voici quelques planches. On peut y apercevoir deux personnages en lien avec la maison : Nausicaa, en 2009, et le père Paul Quesnel dans les années 1930. À mesure que le récit se déroule, la rencontre de ces deux personnages dans le même lieu et le même temps se fait lentement par la couleur et le transfert d’une poupée ressemblant étrangement au prêtre décédé en 1937… 



Il y a des gouaches extraordinaires ici qui sont juste assez solides et assez liquides pour une bonne application ce qui me permet de travailler un peu différemment. En plus, elles conservent la même brillance lorsqu’elles sèchent. Par contre, elles sont coûteuses. Le vin australien est bien la seule chose qui coûte moins cher qu’au Québec.

 

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • 21 juillet 2009 · 08h00 Louise Louis-Seize

    Bonjour Christian,

    Vos planches sont toujours aussi belles. J’y reconnais des endroits de S.A.A.

    Bonne journée!

  • 21 juillet 2009 · 09h00 Christian Quesnel

    Merci beaucoup Louise. L’éloignement jumelé à l’architecture d’ici crée une drôle de sensation lorsque je dessine Saint-André-Avellin…

    Au plaisir.

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  • Christian Quesnel
    photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.

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