Nocturne au cimetière Tower Hamlets

26 juillet 2009 4h27 · Christian Quesnel

 

À force de discussions lors des BBQ qui réunissaient les artistes en résidence, Marianne Engel et moi avons discuté de notre intérêt pour les cimetières. Elle m’a mentionné qu’elle en avait visité un très beau : le Tower Hamlets Cemetery. Nous avons convenu d’aller le visiter ce que nous avons fait vendredi à la tombée de la nuit. On a enseveli des morts dans ce lieu entre 1841 et 1966. Il est considéré comme l’un des sept plus beaux cimetières de Londres.

Le premier coup d’oeil a été révélateur. Je savais dès lors que j’entrais dans un cimetière sinistre et pittoresque. Oubliez le déprimant carré de gazon sans arbres avec les pierres bien alignées et une clôture autour. Marianne, qui vient de Suisse, est plutôt habituée elle aussi à des cimetières «propres».

Dans le Tower Hamlets Cemetery, la nature fait corps avec les pierres tombales dont certaines sont enfouies sous la verdure et dont nous ne pouvons voir que la forme. Nous nous sentions comme dans un film de science-fiction postapocalyptique où les humains vivent sous la terre depuis 200 ans, apercevant en sortant des vestiges de la civilisation humaine visibles sous la végétation qui a repris ses droits…

Parmi d’innombrables et superbes arbres, des rangées de tombes se succèdent les unes derrière les autres sans sentier entre elles, ce qui donne une superposition de tombes incroyablement dense. Celles en arrière-plan sont inaccessibles. D’autres tombeaux, brisés, étaient entrouverts. De plus, des corneilles croassaient entre le passage de deux avions et des chauves-souris volaient au-dessus de nos têtes. Incroyable et tout à fait lugubre!

Ah oui, dernière chose. C’est le seul endroit dans Londres où je suis allé et où il n’y avait pas de caméra de surveillance.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 4

  • 26 juillet 2009 · 18h29 Jean-Claude Trotier

    Bonjour Christian,
    Je viens de découvrir et de lire en rafale ton blogue. Ici, nous sommes à la fois fiers de toi et ravis de pouvoir de lire. C’est un peu comme si, discrètement, nous t’accompagnions à Londres.
    Merci de nous faire partager tes visites rencontres et réflexions.

  • 26 juillet 2009 · 20h02 Christian Quesnel

    Tout le plaisir est pour moi.

  • 27 juillet 2009 · 11h02 Louise Louis-Seize

    Bonjour Christian,

    Vous savez, pour moi et le patrimoine funéraire, les cimetières sont un héritage pour les vivants. J’aime les visiter, car en généalogie ont y retrouve les traces de nos ancêtres.

  • 29 juillet 2009 · 15h17 Christian Quesnel

    Bonjour Louise,

    Votre vision des cimetières correspond entièrement à la mienne. Dans nombre de lieux au Québec, ceux-ci sont conçus comme des stationnements de cercueils alors qu’il pourraient être conçus comme de jolis parcs…

    Christian

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Christian Quesnel
photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.

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