Venger 1759 !

11 août 2009 11h00 · Christian Quesnel

Vendredi dernier, j’avais rendez-vous avec mon ami d’enfance, Félix, établi à Londres depuis maintenant neuf ans. Félix est biologiste et travaille en recherche à Kew Gardens, le jardin botanique de Londres.

Nous avons fait les 400 coups ensemble en compagnie de notre ami Manuel qui vit toujours au Québec. Je me souviens particulièrement de la fois où nous étions allés «accueillir», en bleu et blanc, Sa Majesté lorsqu’elle est venue au Québec, en plein tumulte du désaccord du Lac Meech en 1990. Presque vingt ans plus tard, nous nous sommes donné rendez-vous non loin du célèbre Big Ben, juste en face du parlement où se trouve l’abbaye de Westminster.

Après avoir payé 15 livres Sterling (30 $) comme prix d’entrée, nous avons pu admirer la magnificence architecturale du centre de l’édifice dont le début de la construction remonte à 1245. Outre ces images de cartes postales, il y a autre chose de moins connu, mais qui m’a fait sursauté lorsque je l’ai vue. C’est en parcourant une aile que je suis tombé sur une connaissance, c’est-à-dire un monument consacré à un personnage connu de l’histoire de notre pays : James Wolfe. Sur le monument on peut lire :

TO THE MEMORY OF
JAMES WOLFE
MAJOR-GENERAL AND COMMANDER IN CHIEF
OF THE BRITISH LAND FORCES
ON THE EXPEDITION AGAINST QUEBEC
WHO AFTER SURMOUNTING BY ABILITY AND VALOUR
ALL OBSTACLES OF ART AND NATURE
WAS SLAIN
IN THE MOMENT OF VICTORY
ON THE XIII OF SEPTEMBER MDCCLIX.
THE KING
AND THE PARLIAMENT OF GREAT BRITAIN
DEDICATE THIS MONUMENT.

C’est moins glorieux de le dire de cette façon, mais ce jour-là, c’est le plus chanceux des deux généraux qui a gagné.

À chaque fois que je vois un symbole du colonialisme, je ressens au-dedans de moi la même douleur. Comme lorsque vous visitez par exemple le Musée de la Guerre à Ottawa et que vous y voyez exhibé, comme un « trophée » les armoiries françaises des portes de la ville de Québec, volée par un militaire britannique en 1760. Bon, c’est la défaite de la France et ça fait 250 ans que la bataille des Plaines d’Abraham est terminée, me direz-vous. C’est vrai. Par contre, de nos jours, il y a des milliers de petites Plaines d’Abraham où l’on baisse facilement notre pavillon ou, pour être plus précis, que l’on remise notre langue dans notre poche. Je ne parle pas d’aller décapiter la statue de John A. Macdonald à la Place du Canada ou d’aller faire des graffitis sur la tombe de Pierre Elliot Trudeau. Les champs de batailles que l’on laisse aller ces derniers temps s’appellent culture, internet, dépanneur, magasin, fonction publique… Si notre révolution a été tranquille, notre laisser-aller l’est tout autant… Debout, que diable, et soyons aussi fiers de notre culture que les Britanniques le sont de la leur !

C’est ironique qu’un monument dédié à la mémoire de Wolfe, stratège militaire équivoque, fasse naître en moi des réflexions bien de chez nous… 

 

(Illustration tirée de Manche de pelle, texte de Danièle Vallée et dessins de Christian Quesnel, Studio Premières Lignes, 2005.)

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  • 11 août 2009 · 14h07 Soldat Sanspareil

    Il y a un moyen de rendre hommage à nos ancêtres de 1759 1760, voici un lien internet sur le sujet, à vous de militer pour ce rapatriement de notre patrimoine.

    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc

    Rapatriement des armoiries royales de France
    [ Nouvelles brèves • Québec ]

    Par Soldat Sanspareil

    Il y a une belle occasion de rapatrier les armoiries royales de France qui se présentera en septembre 2009 à Québec dans le cadre du dévoilement du projet Montcalm. Je vois bien son retour au musée de l’Amérique Française près du drapeau de Carillon.

    Permettez moi humblement de faire la requête suivante qui serait tout aussi significative dans le cadre d’ouverture envers le Québec et qui selon moi mettrait un baume à la polémique ayant entourée la reconstitution de la bataille des plaines de la CCBN.

    Lorsque Québec a capitulé devant les troupes anglaises, le 18 septembre 1759, les vainqueurs avaient arraché les armoiries de Québec – une sculpture de Noël Levasseur – pour les transporter à Londres en guise de trophée. La sculpture a été rendue au Canada en 1909. Elle est maintenant exposée au Musée de la guerre à Ottawa. Ne serait-il pas de mise de la restituer à la ville de Québec en cette année ? C’est une idée comme ça.

    Pour plus de détails voir le billet de Raymond Lemieux publié dans la revue Québec Science d’avril 2009.

    Les armoiries royales de France
    À partir de 1725, un ordre est donné d’accrocher les armoiries royales de France au-dessus des portes principales des villes et des forts de Nouvelle-France. L’exemple montré plus haut est installé à Québec jusqu’en 1760.

    Il y a une belle occasion de rapatrier les armoiries royales de France qui se présentera en septembre 2009 à Québec dans le cadre du dévoilement du projet Montcalm. Je vois bien son retour au musée de l’Amérique Française près du drapeau de Carillon.

    Merci de l’attention que vous porterez à ce billet en espérant cette fois-ci que les groupes de reconstitutions historique du Québec soient invités à toutes commémorations si ceci se concrétise.

    Soldat Sanspareil, 2ième bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  • 11 août 2009 · 14h20 claude jean

    En espérant que ces paroles du Chevalier de Lévis ne tombe dans l’oubli, je souhaite que ceux-ci résonnent de nouveau sur les plaines. Qui sera le porte voie?

    Citation du chevalier de Lévis lors de la bataille de Ste-Foy 1760..

    La seconde bataille des plaines d’Abraham !

    Chevalier de Lévis

    « Nos espoirs sont élevés. Notre foi dans les gens est grande. Notre courage est fort. Et nos rêves pour ce magnifique pays ne mourront jamais. »

    Soldat Sanspareil
    2ième bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca

  • 11 août 2009 · 16h02 claude jean

    Il y a un moyen d’en apprendre un peu plus sur notre histoire, celui de la reconstitution historique. Les groupes de reconstitutions historique du Québec permettent de faire revivre une partie de notre patrimoine. Je vous invite donc à découvrir les groupes du Québec.

    Voici les groupes:

    Le 2e bataillon du régiment de la Sarre http://www.regimentdelasarre.ca/

    La compagnie des Canonniers-Bombardiers de Québec http://www.ccbq.net/

    Les compagnons de la Nouvelle-France http://www.lescompagnons.org/

    Miliciens et réguliers du Marquis de Montcalm http://miliciensdemontcalm.allmyblog.com/
    http://cf.geocities.com/miliciensetreguliers/

    Le Détachement de la Colonie http://geocities.com/detachementdelacolonie/

    La compagnie de Lacorne http://www.compagniedelacorne.org/

    La Garnison de Québec http://www.lagarnisondequebec.com/

    La Société d »Histoire In Memoriam – Soldat du Roy et Habitants en Canada http://www3.sympatico.ca/napoleon.josephine/1750.htm et le nouveau site http://www.lashim.com

    Musée Stewart La compagnie Franche de la Marine http://www.stewart-museum.org/default.asp?id=135&mnu=55 Les Habitants du Fort http://www.stewart-museum.org/default.asp?id=15&mnu=15

    Les Habitants de la Vallée du St-Laurent http://membres.lycos.fr/habitantsstlaurent/index.htm

    L’association d’histoire vivante du Québec Canada http://pages.videotron.com/ahvqc/

    Le Corps historique du Québec http://reenacting.net/qhc/qhcf.html

    Prenez plaisir à découvrir ceux qui ont à coeur de garder notre histoire vivante.

    De plus le régiment de la Sarre a fait deux diaporamas sur la reconstitution historique, voici le lien pour les visionner:

    http://video.google.ca/videosearch?q=regiment+de+la+sarre&hl=fr&emb=0&aq=f#

    En espérant que ceci change les perceptions et aide à reconnaitre ce que les groupes peuvent apporter à notre histoire commune.

    Soldat Sanspareil
    2e bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!

  • 19 août 2009 · 09h21 Hélène Dufour

    Dis donc,tes propos suscitent tout un cour d’histoire !
    « Si notre révolution a été tranquille, notre laisser-aller l’est tout autant… Debout, que diable, et soyons aussi fiers de notre culture que les Britanniques le sont de la leur !  »

    En effet,soyons fiers dans notre quotidien, le combat est journalier.

    gertie

  • 19 août 2009 · 12h11 Christian Quesnel

    Gertrude,

    Tu as justement interprété mes propos. Merci.

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Christian Quesnel
photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.

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