Décapitations en carton et Henry VIII

22 octobre 2009 7h24 · Christian Quesnel

Je suis passé nombre de fois tout près de la fameuse Tour de Londres sans jamais y mettre les pieds, plus attiré que je suis par le victorien et préférant me garder cette visite en bonne compagnie.

D’entrée de jeu, il faut dire qu’Henry VIII est omniprésent dans Londres, car il y a une exposition impressionnante en cours sur ses armures et ses armes à l’intérieur de la Tour blanche, au cœur de la forteresse. Même qu’à la station du Tube Tower Hill, les barrières qui laissent les usagers entrer dans la station sont ornées de représentations d’Henry VIII.

Bon, après les classiques comme les cachots, les corbeaux, les palissades, le couronnement d’Elizabeth II et la chambre des despotes du temps, on a pu admirer les joyaux de la couronne à partir d’un tapis roulant au débit assez lent. Personne ne peut s’arrêter devant ces couronnes inestimables et chacun reste salivant sur son tapis roulant. À quoi ça m’a fait penser de voir ces couronnes ? À l’album de BD « Blake et Mortimer – La Marque jaune », d’Edgar P. Jacobs bien sûr.

Les touristes sont par la suite dirigés vers les boutiques, nombreuses sur le site, pour y acheter d’innombrables ramasse-poussière. Parmi ceux-ci, un jeu pour enfants en carton à découper, à assembler et à coller pour recréer une scène de décapitation ou de torture pittoresque du temps grâce à un mécanisme ingénieux ! Des heures de plaisir ! Les plus sensibles pouvaient acheter une poupée à l’effigie d’Henry VIII (aiguilles non comprises), des canons en plastique ou de mauvaises reproductions de tableaux du Moyen-Âge.

Un détail intéressant que j’ignorais : Rudolf Hess, un nazi invétéré, dauphin d’HiItler, y a été détenu brièvement durant la Seconde Guerre mondiale…
 

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Christian Quesnel
photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.

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