Cabaret burlesque « Lynchien »

21 novembre 2009 19h36 · Christian Quesnel


 

Mon amie, Marianne Engel, m’a invité avec enthousiasme la semaine dernière à aller voir un spectacle au Bethnal Green Working Men’s Club, un petit centre culturel de quartier où nous sommes allés voir récemment des projections de deux films d’Henri-Georges Clouzot, « Le Corbeau » et « Les Diaboliques ».

J’hésitais, car je suis fort occupé ces temps-ci (la raison fera l’objet d’un prochain billet), mais je n’ai pas regretté du tout ma décision d’y aller. Le spectacle, intitulé Double R Club, était un cabaret burlesque inspiré de l’univers de David Lynch. Mêlant mystère, bizarreries, époques, humour, kitch, sang et cauchemars, des artistes de talents se sont produits devant une salle pleine et des spectateurs enthousiastes, qui, costumés, participaient énergiquement à l’ambiance d’ensemble.

L’accueil, chaleureux et familier, s’est fait avec un shooter et un biscuit. On nous a menés jusqu’à une table et le spectacle a commencé rondement et s’est poursuivi à un rythme soutenu.

L’animateur de la soirée, Benjamin Louche, était d’un ton précis digne d’un équilibriste, à la fois très contemporain avec ces « fuckin’ » à répétition et de la musique métal, mais très « années trente » par son attitude. Durant la soirée, neuf artistes se sont produits dont un travesti magnifique (Mr. Mistress), une contorsionniste (Rosy Cheeks) simulant la maladie mentale, une effeuilleuse (Kiki Kaboum), un lapin gore (Lena Mae) et une chanteuse (Em Brûlée). Leurs performances de haute qualité nous ont agréablement surpris.

Un artiste digne de mention est cet imitateur d’Elvis (The Dave Elvis Experience) qui avait la voix parfaite du King, mais le parodiait juste assez pour que le doute s’installe chez le spectateur. Les artistes n’avaient pas de loge pour se restaurer, ni avant ni après leur performance, Ils se prenaient place parmi les spectateurs, ce qui créait une ambiance très familière et sympathique.

La soirée s’est terminée par le spectacle du groupe The Cesarians, qui franchement, a fait lever le toit du Working Men’s Club. C’est un groupe rock composé d’un batteur, d’une claviériste, d’un chanteur, d’une tromboniste, d’une clarinettiste et d’une corniste.

Londres est un peu une ville à l’image de cette soirée. On ne sait jamais à quel tournant, à quel coin de rue on va découvrir quelque chose hors normes, qui va élargir nos horizons. Tout y est possible.

Sur les photos :  Em Brûlée, Elvis et Benjamin Louche.

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Christian Quesnel
photo du profil : David Cormier Auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse, Christian Quesnel vit à Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, en Outaouais. De plus, il travaille avec plusieurs artistes de différentes disciplines dont le conte, le théâtre, l’histoire et la poésie. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles d’envergure en France, en Suisse, en Finlande et au Canada. Sa pratique artistique en bande dessinée, en peinture et en récits graphiques est influencée par le contact des différentes cultures, soit par le sujet ou les techniques utilisées. Dans le contexte des pratiques de l’art actuel, il définit le contact des cultures comme le rapport du créateur à différentes visions du monde et de l’esthétisme, contribuant à l’enrichissement de l’œuvre et de la création par le métissage. L’identité, produit de multiples croisements et constamment en mutation, est donc au cœur de sa pratique artistique. Il a d’abord publié des albums BD de fiction historique pour se consacrer par la suite à la quête identitaire au sens large avec un style graphique plus proche des arts visuels que de la BD traditionnelle (Le D2ux, Manche de pelle, Langue de poche, Aski-i). En 2008, il a co-dirigé une anthologie Québec-Finlande (10x) et a dirigé l’œuvre collective, Le Projet Outaouais, deux parutions questionnant les identités locales et leurs apports à l’international. En plus de publier de courts récits dans diverses revues et collectifs, il est président du conseil d’aministration du Studio coopératif Premières Lignes, une coopérative en bande dessinée. À l’automne 2008, il devient le premier artiste en bande dessinée à remporter le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour l’ensemble de son œuvre.

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