Les nostalgiques du groupe UZEB ont dû être comblés avec la dernière production du bassiste Alain Caron. Septentrion est aux antipodes de ce que le musicien nous avait proposé, il y a quelques années, en collaborant avec les pianistes François Bourassa, Lorraine Desmarais et Oliver Jones sur l'album Conversations. Certains ont même dû se poser de sérieuses questions en constatant à quel point l'artiste semblait alors soudainement chérir un répertoire dépouillé et sobre, dépourvu de ces joutes virtuoses explosives auxquelles il nous avait habitués depuis les années 80, lorsque le fusion régnait sur la scène jazz.

Cette fois, reléguant aux oubliettes ce récent chapitre intimiste de sa carrière, le compositeur et bassiste a décidé de nous exposer sa dextérité dans un marathon de rock et de funk fusionné. Non, son travail aux côtés de la chanteuse Lynda Lemay ne l'aura pas assagi et c'est en compagnie du pianiste John Roney, du guitariste Pierre Côté et de Simon Langlois à la batterie qu'Alain Caron nous présentera son nouveau spectacle à l'Anglicane le 25 novembre à 20h.

Le débat, peut-être, refera surface. Cette esthétique musicale associée au jazz est-elle encore crédible aujourd'hui? N'étant nous-même pas très friand de ces délires de notes où la dextérité des interprètes joue un rôle clé, on se demande si le jazz fusion n'a pas atteint, tout simplement, ses limites. Son collègue au sein d'UZEB, le guitariste Michel Cusson, semble avoir abdiqué et être passé à autre chose. Entre autres avec le projet musical Cafe Elektric, qu'il a réalisé en compagnie de Luke Mervil et de Térez Montcalm.

Néanmoins, le bassiste Alain Caron est sans doute l'une des seules vedettes de la scène jazz internationale à être sortie du Québec. Ce maître prodige de la basse amplifiée n'a pas son égal. Nous verrons bien, avec le temps, si son art peut encore traverser les décennies pour, éventuellement, trouver grâce aux yeux des puristes du jazz. Pour l'instant, les affinités que cultive le fusion avec la musique progressive continueront d'irriter plus d'un mélomane. Chacun son style.

AMYLIE FAIT SON NID

Elle n'est pas la plus opportuniste des artistes et semble discrète. Mais Amylie fait les choses à son rythme en cultivant une pop audacieuse qui mérite une oreille attentive. Pour son premier album, intitulé Jusqu'aux oreilles (2008), l'auteure-compositrice-interprète s'est bien entourée. Avec les musiciens Carl Bastien (Dumas, Daniel Bélanger) et Alex McMahon (Yann Perreau) à ses côtés, elle nous a livré une production aux thèmes parfois ludiques qui s'illustrent dans une instrumentation raffinée. Un exercice qui pourrait nous faire penser au travail de l'artiste française Camille. Elle sera de passage au Théâtre Petit Champlain le 27 novembre à 20h. L'artiste de Québec Guillaume Tondreau nous présentera son projet solo en première partie.

À SURVEILLER

Bob Walsh bluesera le Théâtre Petit Champlain le 25 novembre à 20h et le chour Les Rhapsodes jazzera le Palais Montcalm le 26 novembre à 20h.

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