J’ai reçu ben des commentaires à la suite de ma dernière chronique qui traitait du lock-out chez Rio Tinto Alcan à Alma. Parmi ceux-ci, celui d’une dame qui m’écrivait qu’elle était mère monoparentale de trois enfants, dont un jeune bébé de neuf mois. Elle termine son congé de maternité et elle ne pourra pas retrouver son ancien emploi car l’entreprise pour laquelle elle travaillait a fermé depuis. Le père de ses enfants, étant présentement en lock-out, prétexte qu’il ne peut rien lui verser, et ce, bien qu’il reçoive des allocations. Je me serais gardé une petite gêne si le courriel de la dame en question avait été bourré de fautes d’orthographe mais non, c’était écrit dans un français impeccable. Tsé quand on dit à nos jeunes que c’est important de savoir bien écrire, c’est justement dans ce sens-là. Le pouvoir de bien écrire, c’est que ça donne de la crédibilité.

Donc je sais que c’est pas pantoute de mes affaires, mais si le père lit ceci, j’ai juste un petit mot à lui adresser: «Regarde, l’ami, me semble que tes enfants méritent au moins de manger dignement. Je voudrais pas te faire freaker, mais mon père a pratiquement jamais donné une cenne à ma mère de toute ma jeunesse et regarde ce que je suis devenu. As-tu envie qu’un de tes enfants finisse chroniqueur? À ta place, je leur souhaiterais plus que ça. Genre médecin ou mécanicien. C’est ben plus pratique dans une famille.»

Reste que, peut-être que le gars ne reçoit pas des allocations suffisantes. Mais si tel est le cas, y a personne dans le syndicat qui a pensé à instaurer un programme ou quelque chose dans le style afin de prévenir les dommages collatéraux? Parce que statistiquement, on ne se leurrera pas, le taux de divorce chez les employés de la RTA est plutôt élevé. Ce qui me désole, c’est que j’imagine que la madame qui m’a écrit n’est malheureusement pas la seule dans cette situation-là.

Je garde ma position comme quoi le combat est noble, mais ça m’écœure quand des enfants en paient le prix. Si Batman avait des kids, je suis certain qu’il s’assurerait qu’ils aient du macaroni de prêt dans le frigo avant d’aller sacrer une volée au Joker.

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Un autre lecteur m’a totalement déstabilisé. Le gars est originaire de la région et il vit maintenant dans le 450 ou le 514 et selon lui, le 02, c’est une population de chômeurs en pick-up. En fait, il s’agit d’une citation de l’artiste Guy-Philippe Wells, mais bon…

En théorie, les impôts versés par la population des grands centres sont en grande partie réinjectés dans les régions et principalement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est plate mais me semble que j’ai déjà lu ça quelque part.

Toujours selon ce lecteur, le monde de Montréal est ben tanné de payer pour nous autres et là, quand ils nous voient faire des grèves (je veux juste vous rappeler qu’il est question d’un lock-out chez RTA Alma et qu’il y a une certaine nuance), ça les choque doublement car ici, tout le monde a deux ou trois chars, des gros pick-up, des ski-doos pis un chalet.

J’ai ben de la difficulté à me sentir atteint par une telle perception, car je travaille depuis que j’ai 16 ans. J’ai la naïve impression de gagner ma vie sans l’aide de qui que ce soit.

Aussi, j’éprouve un mépris hors du commun pour les gros pick-up et particulièrement les pick-up blancs. Je trouve que ça n’a pas de rapport que ça soit blanc en admettant que c’est censé servir à faire des promenades dans la bouette. En plus le monde qui ont des pick-up blancs te collent toujours au cul et anyway les compagnies de transport de toilettes chimiques devraient être les seules à avoir le droit d’en posséder.

Sinon, j’haïs les ski-doos parce que c’est bruyant et qu’à tout bout de champ, il y en a toujours un qui sort de nulle part et manque de foncer sur ton char. En bientôt 32 ans, je totalise 16 minutes de ski-doo à vie.

Enfin, si j’avais un chalet, j’en ferais un relais pour les ski-doos et je m’en servirais comme piège afin de séquestrer les motoneigistes et de les obliger à lire L’être et le néant.

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  • 12 janvier 2012 · 23h34 Gaston Bernier

    Monsieur Martel,
    Je suis passé par le Royaume aujourd’hui. J’ai eu le plaisir de vous lire (Des ski-doos et des pick-up). Vous abusez des mots anglais et du joual. Il me semble que vous pourriez être aussi vivant en utilisant le français standard (des motoneiges, Tu sais quand on dit (Tsé quand…), il n’y a personne.. (y a personne), le monde qui ont des pick-up (qui a), etc., etc. C’est malheureux que vous ne sachiez pas distinguer la langue familiale ou la langue des tavernes de la langue d’un journal, celle qui est lue par des milliers de personnes. Votre lectorat continuera de chercher les expressions et les mots français, ne les trouvera pas et se contentera, comme vous, du franglais et du joual. Cela mériterait une citation…

  • 18 janvier 2012 · 22h34 geneviève rouleau

    ?? Monsieur Bernier,
    J’ai l’impression, pour ma part, que Monsieur Martel arrive très bien à s’exprimer dans un bon français écrit; vous n’avez qu’à le lire davantage. Par ailleurs, sans toutefois nier sa langue natale, (je fais bien sûr des hypothèses), il s’en sert justement pour être authentique et rendre ses chroniques bin drôles et divertissantes. Croyez-vous que les sons et les termes inventés dans le joual soient moins intéressants que ceux d’un outil universel, qu’est notre belle langue française? Martel sait très bien écrire, mais il sait aussi être comique. Oui, on peut être comique autrement, mais non on n’est pas tenu de nier notre joual. Oui, pour le discours de l’hommage à la langue soutenue, mais oui aussi pour nos racines. Je vous trouve fermé d’esprit. N’avez-vous donc que l’intelligence grammaticale? Pour ma part, le chroniqueur dépasse largement celle-là, et son lectorat aussi!!!!
    Merci.

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