Ce jeudi, à l’hôtel de ville, on annonçait la tenue du Rendez-vous 2012, un événement où l’on présentera un nouveau bilan, en plus d’aborder les réalisations à venir, du Plan d’action 2007-2017 de Montréal, métropole culturelle. En attendant le verdict de mi-parcours, jouons donc au gérant d’estrade!

Initiative lancée afin que Montréal se dote, notamment, de «moyens appropriés pour affirmer son statut de métropole culturelle du 21e siècle», Montréal, métropole culturelle a vu ses partenaires – les deux paliers gouvernementaux, la Ville, la chambre de commerce et l’organisation Culture Montréal – échafauder un plan d’action qui, idéalement, permettra à la cité de démocratiser l’accès à la culture, de se distinguer par son cadre de vie et son aménagement urbain, tout en valorisant l’apport des artistes, institutions et entreprises locales.

Pour y arriver, plusieurs actions ont été planifiées. Parmi celles-ci, plusieurs sont louables («reconnaître les bibliothèques comme l’infrastructure de base d’une ville de culture et de savoir» reluit particulièrement ces jours-ci avec la construction de la bibliothèque Marc-Favreau), alors que d’autres font lever un sourcil («réussir le Quartier des spectacles» venant en tête… Pas «terminer» ou «concrétiser». «Réussir» ce projet qui, selon les plus récentes critiques de Projet Montréal, ne «réussirait» qu’aux spéculateurs immobiliers et gros joueurs culturels, en fait). Mais, dans l’ensemble, le gérant d’estrade que je suis doit avouer que, culturellement parlant, ça sent bel et bien la coupe à Montréal.

Écoutez, j’aurais bien aimé lancer un pavé incendiaire, mais il faut quand même remettre à Gérald ce qui revient – un peu – à Gérald: malgré son paysage urbain ponctué de cônes et de trous béants qui feront place à d’ignobles projets de «condos urbains» et malgré un maire qui semble avoir troqué le «Je me souviens» contre «Mais… mais… mais… je n’étais pas au courant!» comme devise, la vie culturelle de Montréal se porte bien et va jusqu’à rayonner à l’étranger (parlez-en à l’entreprise montréalaise Moment Factory qui, en septembre, illuminait les parois de la mythique Sagrada Familia de Barcelone).

Bien sûr, la situation n’est pas parfaite. Notons, par exemple, le projet NOISE – cette fameuse initiative implantée en 2010 afin de «limiter le bruit» sur le Plateau – qui aura coupé les élans de certains producteurs d’événements (les amendes annoncées étant particulièrement salées) ou encore les mesures adoptées contre l’affichage sauvage, plombant du même coup la promotion de plusieurs artistes de tout acabit.

Il est aussi surprenant de noter que la plus récente édition du «Coup d’œil» au Plan d’action – datant de 2009 – cite BIXI comme un symbole de «la vitalité des concepteurs de la métropole». Bien que j’adore ce service, je le lierais davantage au transport en commun qu’à la culture, mais bon… surtout que, côté culture, le fameux tank sur deux roues est surtout associé à la débâcle avec BIXI Poésie, un mouvement citoyen qui, en avril, transformait l’espace pour les annonceurs en vitrines roulantes pour poètes. On se rappellera que la Société de vélo en libre-service avait réagi vivement à ces «trafiquages» plus sympathiques que vandales.

Mieux encore, le fameux Plan d’action rapporte. Le 13 octobre dernier, La Presse révélait que, malgré la crise étudiante, Montréal avait battu des records d’affluence touristique cet été. Exploit qui revient, en grande partie, au volet culturel de la métropole. Alors, à tous les partenaires de Montréal, métropole culturelle, sans oublier les artistes locaux – ces «crisses de gratteux de guitare de carrés rouges» – , merci de sauver la donne… parce que les autres sphères de la cité ne reluisent pas autant présentement!

Le Rendez-vous 2012 de Montréal, métropole culturelle se tiendra le 26 novembre prochain à la TOHU. On peut s’y inscrire jusqu’au 2 novembre. Pour avoir plus de détails sur le projet: montrealmetropoleculturelle.org.

Jour de paie

Les Francouvertes, la vitrine pour artistes francophones émergents qui aura notamment servi de tremplin aux Sœurs Boulay, annonçait, plus tôt cette semaine, qu’elle prolongeait ses inscriptions jusqu’au 28 octobre. J’en profite donc pour inviter toute la relève francophone de champ gauche à envahir le concours. Pour paraphraser Charlebois: «À soir, on fait peur au jury!» Info: francouvertes.com.

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