C’est ce lundi que se tenait le fameux Autre Gala de l’ADISQ, bordel aussi joyeux que glamour où trophées, tapes dans le dos et calembredaines sont échangés. À ce point-ci, revenir sur les gagnants serait un exercice aussi caduc qu’alimentaire qui se résume en quelques mots: «Chacun ses goûts!» et «Ah ouin? La catégorie Album de reprises a toujours sa place? Vous allez vraiment de l’avant avec?»

M’enfin, comme nous sommes tous en manque de hockey – et donc de statistiques et de lignes ouvertes – , permettez-moi de remettre mon galurin de gérant d’estrade en vue du fameux gala de ce dimanche.

Pour l’Album contemporain, mon cœur penche pour L’existoire de Desjardins, mais ma tête, elle, opte pour Le désert des solitudes de Catherine Major qui m’a laissé de glace, mais qui a tout de même charmé plus d’un mélomane.

Du côté de l’Album folk, étant un fan d’Avec pas d’casque – Lafleur, c’est mon Bieber, bon – , j’espère qu’Astronomie remportera le prix, mais j’ai comme l’impression que la comète Lisa LeBlanc – qui a, elle aussi, livré un album étonnant – recevra le bonhomme doré (ainsi que le trophée de la Révélation de l’année, pendant qu’on y est). Si ça se trouve, l’électron libre Fred Pellerin va, une fois de plus, séduire le jury et foutre le bordel dans mon «pool».

La catégorie Album pop est particulièrement déchirante cette année, réunissant cinq candidats profitant tous d’un certain succès (d’estime, critique ou populaire). Mes tripes y vont avec Aux alentours de Marie-Pierre Arthur, une œuvre pop rock assumée… et Blonde de Cœur de pirate qui, ma foi, s’avère une épatante collection de vers d’oreille. Mais bon, avec ma veine, Mixmania2 va l’emporter…

À mon humble avis, le Félix du Spectacle de l’année – auteur-compositeur-interprète devrait revenir au Golden Bombay de Misteur Valaire. N’ayons pas peur des mots, avec ses changements de tenues et ses chorégraphies étudiées, c’est sûrement le spectacle québécois qui se rapproche le plus d’un show de Lady Gaga… mais livré par des gringalets à lunettes… qui jouent de la meilleure musique. Comme la locomotive Vallières ralentit à peine, le sympathique bonhomme pourrait bien avoir à quitter son siège pour monter sur scène.

Du côté du Spectacle de l’année – interprète, bien que tous les finalistes soient méritants et aient indiscutablement leur place au sein de l’académie et patati et patata, si Le retour de nos idoles – machine à nostalgie bénéficiant, notamment, de tours de chant de Reno et Pagliaro – remporte le prix, le malaise au Théâtre St-Denis risque d’être palpable jusque dans nos chaumières (télé 3D ou non). Bref, vivement un prix pour le merveilleux projet 12 hommes rapaillés!

Finalement, l’ADISQ surprend cette année avec une catégorie Auteur ou compositeur de l’année aussi bien fournie que cruelle. Devant tant de chouchous – Marie-Pierre Arthur, Avec pas d’casque, Lisa LeBlanc et Catherine Major – , j’opterai pour le «cheval noir» du lot: Koriass qui, avec Petites victoires, mérite amplement de se faire découvrir par un plus grand public.

En ce qui concerne les catégories liées au vote populaire, je les laisse – justement – aux lecteurs et mélomanes. Allez-y, surprenez-moi… puis participez au processus du GAMIQ, qui se tiendra le 11 novembre au Théâtre Plaza. Information: gamiq.net.

Jour de paie

Enfin! Le cliché des «deux solitudes» de la scène musicale actuelle s’effrite alors que de plus en plus d’artistes abordant des sonorités «world» se retrouvent dans des médias grand public. Ainsi, le collectif rap latino-montréalais Agua Negra – qui lançait son premier disque mercredi dernier – rejoint les Boogat, Poirier et Heavy Soundz à titre de pourvoyeur de bons beats. En attendant la prochaine foire du groupe, on peut écouter un extrait de la galette au aguanegra.bandcamp.com.

Dans un tout autre registre, les fanatiques du Fab Four sont servis avec une réédition vinyle remastérisée des 14 albums des Beatles, offerts séparément ou réunis dans un coffret accompagné d’un bouquin. Ce bijou, orchestré par le producteur Rick Rubin, sera en magasin dès le 13 novembre, mais plusieurs disquaires prennent les commandes depuis le 25 octobre.

Dans un tout autre format maintenant: l’étiquette montréalaise Forchristsake lançait vendredi dernier une compilation sur cassette (oui, oui) de pièces d’excellents projets rock underground locaux dont Meta Gruau, Solids, Phil Console et Vulgar You!. Curieux? On peut commander l’objet – et écouter la compilation – au forchristsakelabel.bandcamp.com.

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