Arrêtons de manifester dans la rue pour rien.

5 avril 2013 0h12 · Denis McCready

Ce texte pourrait me faire perdre des amis. La probabilité qu’il change radicalement l’opinion publique est faible. Il y a de grandes chances pour que vous ne soyez pas d’accord avec moi. Je vous invite à vous exprimer en bas de ce texte, dans la section des commentaires. Désolé Jean, impossible de faire court avec celui-là…

Vendredi 22 mars à Montréal plus de 200 personnes ont été arrêtées avant même que la manifestation à laquelle ils allaient probablement participer ne commence. Ils ont été encerclés (une manœuvre illégale en Ontario) et ont été arrêtés pour se voir remettre une contravention de 637$ pour avoir enfreint le règlement municipal P6, qui exige que l’itinéraire d’une manifestation soit remis au Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Les médias sociaux se sont enflammés au cours du weekend qui a suivi surtout sur le site du Voir.ca, certains appelant Mme Marois à intervenir (Simon Jodoin) alors qu’elle a démontré plus tôt cette année sa grande capacité au mensonge et à la duplicité, d’autres en faisant un exposé implacable de l’illégalité de cette loi qui enfreint la Charte canadienne des libertés (voir Me Véronique Robert), on y a exprimé la colère avec force (Ianik Marcil), on a raconté de la première ligne en assaisonnant d’un peu d’insultes envers les policiers (Marie-Christine Lemieux-Couture), certains ont fait bon usage de leur verve caustique avec une insinuation de soulèvement révolutionnaire en sous-texte – comme d’habitude – (Marc-André Cyr), et quelques-uns ont simplement utilisé leur tribune Facebook pour conclure – on n’arrête pas la grandiloquence – que nous vivons dans un état policier (c’est de moi, j’ai fait ça, et oui, un café au lait, un ordi branché, la vue sur la tour du CN et je me sentais aspiré d’une grande soif de justice… Ouf… Mes excuses).

La défense de nos droits et libertés est primordiale, mais ça ne veut pas dire qu’il faille perpétuer une approche quand on se rend compte qu’elle n’a plus aucun effet. Il faut s’adapter ou périr.

Comme le disait si bien Stéphane Beaudin : « My opinions are not my identity. » Mes opinions ne sont pas mon identité.
Et après une saine, mais vaine, montée de lait électronique collective dans l’enceinte électronique du Voir, il m’est apparu évident à la lumière des réflexions que je fais depuis plusieurs mois que ça ne sert à rien de gueuler sans actions. Encore faut-il poser des gestes qui aient un impact réel pour changer la situation actuelle.
Manifester dans la rue de sert plus à rien. Pour le moment.

Après le Printemps Érable de 2012, et le mensonge commode de Mme Marois à la population, il y a eu augmentation de frais de scolarité. Je ne remets pas en question toutes les manifestations qui ont mené à cet amer constat, je ne dis pas que ça ne redeviendra pas pertinent un jour, je dis seulement qu’aujourd’hui et pour un petit bout de temps, ça ne sert à rien de manifester dans la rue.

À l’automne 2011, j’ai pris une position ferme pour la levée du campement de Occupons Montréal auquel j’avais participé depuis le premier jour. Le mouvement citoyen mondial d’Occupation a eu un impact extraordinaire, mais j’y étais entré avec la ferme conviction que l’enjeu principal était la démocratie directe, pas le camping urbain. Je pense la même chose des manifestations actuelles qui ont été réprimées dans la violence et certaines en contravention avec la « Charte canadienne des droits et libertés, qui est le document de protection des droits fondamentaux régissant les rapports entre l’État et les individus, (et qui) protège clairement le droit de manifester. » (citation de Me Véronique Robert : http://voir.ca/veronique-robert/2013/03/23/avoir-peur-de-la-police-pas-des-manifs/ )

Notre droit de manifester et de se réunir est précieux et il faut le défendre. La meilleure défense en ce moment n’est pas dans la rue. La meilleure défense c’est l’attaque.

Une fois dénoncé le SPVM, il faut faire un constat : l’indignation sur les médias sociaux n’a qu’un modeste impact. Il serait plus logique de s’adresser aux élus qui ont une autorité sur le SPVM, sur la Ville de Montréal ou qui représentent l’arrondissement. Voici une brève liste des options possibles :

Le conseil de ville de Montréal – Le citoyen peut s’adresser directement au maire et aux conseillers de la ville. Le problème est que les noms des citoyens qui peuvent poser des questions sont pigés au hasard et la séance permet trois questions par sujet. Ce n’est pas avec trois questions de personnes choisies au hasard que le règlement P6 sera renversé.

La réunion du conseil d’arrondissement – Le citoyen peut s’adresser directement au maire et aux conseillers de l’arrondissement. Ces séances sont plus accessibles, sauf que les arrondissements n’ont pas d’autorité directe sur le SPVM ni sur le règlement P6. Ils ne peuvent que relayer la parole des citoyens.

Les députés provinciaux des arrondissements où l’application du règlement P6 sévit – Daniel Breton (PQ – Ste-Marie/St-Jacques) et Jacques Chagnon (PLQ et Président de l’Assemblée nationale – Westmount/St-Louis).

  • M. Chagnon était député sous Jean Charest, il n’a probablement pas voté pour la loi 78 parce qu’il était président de l’Assemblée nationale à ce moment et le vote a été majoritaire. Comme plusieurs députés, il était en fonction au moment où le règlement P6 a été voté à Montréal.

Le ministre de la Sécurité publique – Stéphane Bergeron (PQ – Verchères) a autorité sur le chef du SPVM.  On peut écrire ou appeler le ministre, mais il est peu probable qu’il intervienne sans le feu vert de Mme Marois dont on connait maintenant l’opportunisme politique et la propension à la fausse représentation.

Le ministre de la Justice – Bertrand St-Arnaud (PQ – Chambly) – Il est à la tête du ministère de la Justice qui « a pour mission de favoriser le respect des droits des citoyens du Québec »*.  On peut écrire ou appeler le ministre. Il me semble que la séparation entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire exige plutôt que la légitimité du règlement P6 soit contestée en cour du Québec, et peut-être aller jusqu’à la Cour suprême du Canada. Ça pourrait prendre entre jusqu’à 10 ans.

Les députés des circonscriptions fédérales où l’application du règlement P6 sévit – Irwin Cotler (PLC – Mont-Royal) et Hélène Laverdière (NPD – Laurier/Ste-Marie).

  • M. Cotler est un avocat qui a défendu les droits de la personne avec force et persévérance pendant toute sa carrière. Il serait tout naturel qu’il se prononce sur une pareille violation de la Charte. Le couronnement de Justin Trudeau pourrait prendre toute la place en ce moment.
  • Pour Mme Laverdière, ayant une grande expérience des affaires étrangères, elle a certainement une perspective en comparaison aux pays qui bafouent les droits de la personne.

Le ministre responsable de la région de Montréal – Jean-François Lisée (PQ – Rosemont) a probablement une relation privilégiée avec le maire Applebaum, mais dans un article du Devoir du 26 mars, il a clairement pris position pour le règlement municipal P6 – http://www.ledevoir.com/politique/quebec/374194/itineraires-des-manifestations-lisee-est-en-faveur-des-reglements-municipaux

Interpeller les élus, leur demander des comptes, les implorer d’intervenir, les menacer de conséquences historico-hystériques est un bien faible remède. Ils peuvent ignorer ces appels et attendre que ça passe. Ça finit toujours pas passer, beaucoup plus rapidement que leur mandat de 4 ans. Ils ne risquent rien. Regardez Jean Charest, un des pires Premier ministre du Québec, un fossoyeur que j’ai dénoncé longuement sur cette tribune. Le Parti Libéral a remporté 50 circonscriptions le 4 septembre 2012 avec 31,20% des votes – un mince 0,75% de moins que le PQ. Toutes les attaques, critiques, manifestations, plaintes, pétitions n’auront presque rien accompli. Parce que le pouvoir reste dans les mains des élus, et non celle des citoyens.

L’expert en droit constitutionnel français Étienne Chouard appelle ça « la cause des causes » et il fait un brillant exposé lors d’une conférence : (http://www.youtube.com/watch?v=oN5tdMSXWV8 – 17 minutes qui valent la peine!). On peut s’attaquer à toutes les causes de nos problèmes, on finit toujours par remonter à la cause des causes : les citoyens n’ont aucun pouvoir politique. Il faut que ça change. Le modèle actuel a été exposé pour ce qu’il est : un cirque pour obtenir notre bête consentement, notre silence et notre apathie. On nous donne une minute pour voter aux quatre ans, on nous rassure qu’on vit en démocratie, on nous mentionne avec sévérité qu’il y a des gens qui meurent pour ce même droit, on nous renvoie sagement à la maison et ensuite on nous méprise pour les quatre prochaines années.

Si des citoyens veulent faire annuler le règlement P6, ils peuvent gueuler sur les médias sociaux, écrire à leurs élus et même se présenter aux conseils de ville, ça ne changera pas le fait qu’ils n’ont aucun pouvoir sur les élus. Et même si les élus s’avisaient d’annuler le règlement présentement, ça ne serait qu’en monnaie d’échange pour arrêter la clameur des citoyens. Le système actuel resterait en place et le règlement P6 pourrait revenir aussi vite que la première fois.

En démocratie directe, un règlement comme P6 n’aurait jamais vu le jour sous cette forme ou bien il aurait été annulé très rapidement. Les citoyens qui veulent voir annuler ce règlement – et j’en suis – doivent donc poser un geste pour amener une démocratie directe au niveau municipal. Et ne me parlez pas de « consultations citoyennes », la seule vraie consultation c’est un référendum qui a force de loi.

La démocratie directe, la vraie démocratie, c’est celle qui donne aux citoyens le pouvoir de gouverner, le pouvoir de nommer des gestionnaires de l’état, le pouvoir de les destituer s’ils commettent des fautes, le pouvoir de voter les lois qui les gouvernent. En démocratie directe, le système actuel de corruption généralisée à la Ville de Montréal n’aurait jamais pu prendre racine et durer aussi longtemps.

Nous avons le choix des méthodes. On peut marcher et se faire matraquer dans le grand théâtre de la rue à 637$ le billet, gueuler à la ronde et devenir des professionnels de l’indignation électronique, s’égosiller sur les tribunes politiques marginalement ouvertes aux citoyens, se faire mentir le temps que l’on se calme ou on peut collectivement opter pour la solution des solutions afin de régler la cause des causes : se donner une démocratie directe. Prendre le pouvoir.

Il y a moyen de le faire au niveau de la ville de Montréal, dans les arrondissements, et ce dès les prochaines élections municipales prévues en novembre 2013. À la fin avril, j’organiserai une conférence où j’exposerai mon approche pour mettre en place une démocratie directe à Montréal en opérant dans le système politique actuel.

En septembre 2011, j’ai écrit ma « Lettre ouverte aux autres citoyens » avec qui je vis dans cette ville pour vous exhorter de vous réveiller. Maintenant, je veux vous inviter à poser un geste pour mieux vivre ensemble dans cette ville. En attendant la conférence d’avril, pensez à votre capacité d’engagement et à votre désir de changement : la ville est grande et je ne pourrai pas y arriver sans vous.

—-

* : Selon le site du ministère de la Justice du Québec

** : J’ai effectué trois corrections : le comté de M. Cotler, le nombre de questions aux conseil de ville, et le titre de Étienne Chouard et j’y ai ajouté un lien.

Mise à jour du 19 avril 2013 : Plus de 50 organismes demandent l’abrogation du règlement P-6

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  • 5 avril 2013 · 00h42 Olivier Roy

    L’indignation sur les médias sociaux. 1) C’est plus que s’indigner ce qu’on fait : on documente nos indignations. C’est un travail d’enquête collaborative plus que nécessaire. 2) Ce travail et sa diffusion permet de construire et consolider nos solidarités. 3) Si jamais la proposition de Denis Mcready a une chance de passer, c’est en s’appuyant sur ces solidarités. Autrement dit, fais la promotion de l’indignation numérique, Denis. Ne crache pas dessus.

    • 5 avril 2013 · 08h13 Denis McCready

      J’ai souvent souligné l’importance de ces échanges électroniques. Va relire ma lettre ouverte du 8 septembre 2011. J’appelais cet usage des médias sociaux. Je ne crache pas dessus, j’en fais parti, mais il vient un temps où il faut aller de l’avant et tenter une nouvelle approche. Ce temps est maintenant.

  • 5 avril 2013 · 00h51 Vincent Desrochers

    Je suis à 400% pour la démocratie directe, mais dans le cadre du capitalisme, ce n’est pas de donner la chance aux gens déjà instruits, déjà politisés, et qui ont le loisirs ( genre pas travailler 40 heures semaine au salaire minimum avec 3 enfants à sa charge ? ), et donc ca ne recréerait pas une certaine forme d’oligarchie officieuse, si les conditions de vie des gens ne changent pas ?

    • 5 avril 2013 · 08h17 Denis McCready

      La démocratie directe, éventuellement, permettra de changer ce système et de se donner de meilleures conditions de vie. Il faut redonner le pouvoir au citoyen avant, et non pas espérer changer le système capitaliste pour redonner le pouvoir aux citoyens.

  • 5 avril 2013 · 01h21 William Girard

    La diversité des tactiques doit être privilégiée, il n’y a pas qu’une roue qui conduira au changement pour une démocratie directe…

    • 5 avril 2013 · 08h15 Denis McCready

      Effectivement, mais en ce moment il n’y a qu’une manière qui permet de la mettre en place : de prendre le pouvoir au niveau d’un arrondissement.

  • 5 avril 2013 · 09h00 Eric B

    Pour avoir pris part a pratiquement toute les manifestations depuis 2011 je peux dire la manifestation doit demeurer, les gens moins militantE on besoin de manifester on peut pas envoyer du monde en manif-action a leur première manif ou action…
    La radicalisation Denis ce fait avec le temps j’penses bien on va être d’accord la dessu sauf de la dire faut arrêter c,est vraiment dire on devient muet parce que malheureusement même un manif-action serait arrêté avant même le début et se qui est des éluEs, députéEs, maire de ville et éluEs…. anyway peut impore ils et elles ne travaillent pas pour nous va faloir se l’avouer une fois pour toute la démocratie représentative n’est pas en notre faveur…

    Avant d’en arriver a la democratie direct on a un long chemin a faire et c’est pas en restant a maison et continuer de croire aux bouffons de la classe politique que nous allons avancer !
    en gros désobeisance civile se qui est des médias la police de montreal et la ville passe un sale moment au niveau internationale et c’est beau a voir donc continuons le combat anyway le pire est a venir avec cyprus et la connection au canada ;)

    Denis cest ton opinion tu perderas pas mon amitié pour autant ;)

  • 5 avril 2013 · 09h14 Olivier D. Asselin

    Cette opinion me rappelle celle de Jean-Marie Aussant qui méprisait dernièrement les manifestants et qui, Ô génie, appelait à écrire des courriels aux députés… Jamais le fait de prendre la rue ne sera désuet pour la simple raison que c’est là l’ultime acte de dissidence politique. Pour bien des gens, particulièrement ceux qui ne savent pas lire, pas écrire, ceux qui ne sont pas « branchés » pour avoir accès aux belle tribunes comme celles-ci, prendre la rue est souvent leur seul recours. Les luttes sont gagnées quand les forces s’unissent dans une diversité de tactiques pour une même cause. Tout ne dépend pas de l’efficacité temporaire de la méthode. La modification technocratique du système dénoncé, que vous préconisée dans le cas de p-6, ne trouve son efficacité que quand la pression vient de la rue également. D’accord pour remettre en question les structures même de notre système parlementaire désuet. Mais seule une alliance entre des forces à l’intérieur et à l’extérieur dudit système pourra en modifier durablement les structures.

  • 5 avril 2013 · 10h55 Jean-Philippe Villemure

    Reprendre notre pouvoir collectif en débutant par le municipal/local me semble une excellente piste, en effet. Le haut de la pyramide suivra.

  • 5 avril 2013 · 11h02 Apache

    Denis, je n’ai pas bien compris dans le texte pourquoi il fallait arrêter de manifester. J’ai compris certes que d’autres tactiques pourraient être PLUS efficaces. RIEN, rien n’empêche de faire les deux. Une manifestation c’est trois heures de moins par semaine c’est tout (un peu plus dans le cas d’une ratière). Le temps n’est pas si élastique mais je crois que la manifestation si elle n’est plus efficace (pas sûr de cela) a le mérite de poser le problème de P-6 là ou il est et de poser un écran de fumée pour des actions plus larges.

  • 5 avril 2013 · 11h05 Valérie Bloch

    la solution des prochaines élections municipales on a vu ce que ça a donné au niveau provincial (voir vos allusions à Pauline)
    prendre le pouvoir comme vous le dites, c’est aussi prendre la rue, prendre la parole, et exiger des comptes: en un mot c’est se tenir debout au quotidien!
    Contre un régime de terreur les élections ne peuvent rien.

  • 5 avril 2013 · 11h14 Michelle Painchaud

    M. McCready, votre suggestion d’aller aux réunions municipales est bien intentionnée, mais ne tient pas compte du fait que les élus font « ce qu’ils veulent » même si plein de gens mécontents se présentent. Ai-je besoin de vous rappeler l’épisode de St-Bruno où des citoyens ont été simplement expulsé par la police pour avoir poser des questions dérangeantes?
    Pour ce qui est des médias sociaux, je vous rappellerai que nos « élites » (qu’ils aiment s’appeler) usent des médias conventionnels (et tous les autres, aussi), pour manipuler nos croyances et nos pensées. Il suffit maintenant d’une publication bien documentée pour déculotter ces menteurs et démentir leurs propos et ainsi défaire leurs fausses nouvelles. C’est la principale cause de l’éveil populaire et ce qui a permit à des petits « n’importe qui » de prendre part à notre conscience collective en intervenant sur les réseaux. Chacun peut maintenant faire ses propres recherches et agir sur l’actualité. Les riches n’aiment « tellement » pas ça…

  • 5 avril 2013 · 11h18 David Gendron

    Ce n’est pas en jouant le jeu électoral avec toute sa corruption qu’on va engendrer de la démocratie directe. C’est moins pire que les idioties de JMA, mais quand même.

  • 5 avril 2013 · 11h28 Llaurick

    Plus il y aura de manif bloqué par la police, lui il y aura de constats de 637$ d’emis, et plus la contestation de la P6 gagne en argument!
    Plus il y a de manif SANS aucun méfait de commis, plus l’opinion publique change en notre faveur. On le voit très bien dernièrement et si Daniel Breton est venu à la vigile, c’est que le gouvernement commence à avoir peur.
    Alors au contraire, les manifs il faut les continuer parce que ça marche! Et faire plein d’autres choses aussi!

  • 5 avril 2013 · 13h03 Jacques Morissette

    Ce qui fait la force des gens de droite, c’est l’organisation qui dit en un mot: Haro sur les gens qui ne pensent pas comme nous, avec système à l’appui.

    La faiblesse des gens de gauche, c’est leur incapacité à s’organiser de manière à ce que les gestes posés comptent. Il y a aussi qu’il n’y a pas qu’une seule gauche avec des valeurs communes.

    Avec la gauche, en un mot, c’est à chacun sa cause, ce qui fait un beau mélange de valeurs qui souvent disise plutôt que de réunir. Je lis en ce moment Left, de Eli Zaretsky intéressant à ce sujet.

    J’ai parlé de gauche et de droite pour simplifier les choses.

  • 5 avril 2013 · 15h49 Philippe Landry

    Étienne Chouard mérite le détour. De même que Franck Lepage (éducation populaire), Jean-Claude Michéa (excellente analyse de la société actuelle).
    Avant tout, il importe que ceux qui ont reçu des contraventions ne les paient pas. Car les payer serait leur donner raison. Mais faut-il en recevoir davantage ?
    Denis amène plusieurs pistes intéressantes.
    La démocra… chie ! Elle ne se porte pas bien. Il faut probablement parler de Feu la Démocratie, car la Commission Charbonneau nous expose une corpocratie ou une moneycratie bien proche de la réalité. La démocratie actuelle est en effet un cirque, une apparence, du théatre… Money walks, bullshit…

    • 6 avril 2013 · 09h28 Denis McCready

      Il faut lire le livre de Francis Dupuis-Deri « Démocratie – Histoire politique d’un mot » pour comprendre comment ce système a toujours fait peur aux élites. À raison.

  • 5 avril 2013 · 22h11 Christian

    Merci de votre support c’est tres apprecier.

  • 5 avril 2013 · 23h12 vincent

    la démocratie directe ne fait aucun sens si 100 % des citoyens ne peuvent y participer. Elle se résumera à une démocratie de disponibilité où seuls les gens oisifs auront le temps de participer. On le voit bien dans les assemblées générales des universités et des cégeps où 10 % de participation est déjà presque impossible à avoir et encore moins à maintenir. Cette démocratie directe participative est un concept irréaliste dans le monde dans lequel on vit. Il peut fonctionner pour gérer une coopérative de 10 personnes mais au-delà de ça…beurk.

  • 6 avril 2013 · 13h49 Sébastien Rajotte

    Comment peut-on vous épauler concrètement dans cette démarche?

  • 6 avril 2013 · 14h29 François Genest

    Denis, je trouve très intéressant ton idée d’introduire la démocratie directe au niveau des arrondissements. Par contre, historiquement, la démocratie directe a toujours été en meilleure santé dans les espaces publics facilement accessibles, comme dans les manifestations où peut opérer une certaine liberté d’expression et d’action. Pour moi, les citoyens qui vont sciemment se faire arrêter dans les souricières ces derniers temps dénoncent l’absurdité du système et méritent notre reconnaissance. Je ne dis pas que c’est la meilleure tactique, mais je ne vois pas l’intérêt de décourager des gens qui exercent leurs droits démocratiques dans le cadre d’un système qui a un besoin criant d’implication citoyenne.

  • 6 avril 2013 · 23h20 Isabelle Dupont

    Le village de Marinaleda en Andalousie est un exemple de démocratie directe intéressant.
    Nous apprenons par l’exemple.
    À quand une démocratie directe dans un de nos beaux villages Québécois?
    Si ça marche, ça donnera peut être le goût à d’autres et ainsi de suite.

  • 8 avril 2013 · 18h40 Margot Savoie

    J’ai aujourd’hui l’âge pour faire une comparaison des contestations d’hier et d’aujourd’hui, ce qu’il ne faut pas oublier c’est qu’hier nous étions plus nombreux a revendiquer (8-9 enfants par famille) et la contestation était une nouvelle forme d’expression populaire, il y avait une grande solidarité. Également à l’école secondaire nos enseignants parlaient politique, hé oui incroyable hein ? on discutait des projets de loi avec nos profs qui nous les vulgarisait parce que, comme au printemps dernier, les gens étaient dans la rue très nombreux et ns étions curieux d’en connaître la cause.
    Aujourd’hui la force des manifestants c’est le Web, les dirigeants ne peuvent rien contre ça, c’est formidable comme outil, famille moins nombreuse oblige.
    Par contre je crois que la rue a sa limite moi aussi, la preuve c’est qu’avec la venue de Harpeur faudrait passer beaucoup de temps a manifester. Il faut agir, écrire à nos députés ou tout autre action possible. Pour le PQ, il fait son possible étant minoritaire(éclatement de la gauche), l’idée de Denis est intéressante mais avec des manifestations aussi de temps à autre, 1re cible: faire abolir la P6 qui sert à empêcher de manifester spontanément.

  • 10 avril 2013 · 10h13 Myriam

    Sur papier, la démocratie directe est fabuleuse, mais dans les faits… C’est autre chose ! Pour l’avoir vécue plusieurs mois à Occupons Québec, où il y avait entre 15 et peut-être 200 participants aux assemblées, c’est la meilleure manière de revenir inlassablement sur les mêmes points et de ne jamais avancer en prenant des décisions… Parce que chacun est différent, a une opinion et des valeurs différentes et a des points de vue et arguments qui font du sens, mais pas souvent dans la même direction; parce qu’il y a toujours de nouvelles idées pour un même sujet et qu’il est difficile de fixer la limite du moment où il faut arrêter de permettre aux gens de proposer, et se mettre à agir, sans nuire à la liberté d’expression de chacun… J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je vois mal comment on peut appliquer ça à une ville comme Montréal et encore pire, à une province ! Ce pourrait même en fait être terrible; si on regarde les réactions de tant de gens par rapport au printemps étudiant, on se rend compte que ce n’est peut-être pas une majorité de gens qui souhaitent vraiment un monde meilleur, ou du moins un monde différent de l’actuel, et je ne suis pas sûre qu’en démocratie directe ce seraient souvent les meilleures décisions qui seraient prises… Mais il faut y aller avec la majorité, n’est-ce pas ? Sinon cette démocratie ne fait plus de sens, elle redeviendrait celle qu’on a actuellement, où l’on conteste vainement pour l’éternité… Bref, je pense que ce n’est pas si simple que ce que votre texte semble annoncer…

    Malheureusement je n’ai pas de meilleure solution, mais je dois dire que je n’ai plus beaucoup espoir qu’on puisse un jour en arriver à un mode démocratique viable… Parce que nous sommes tant d’individus, avec tout ce que ça implique !

    Oh, et « s’adapter ou mourir », n’est-ce pas la meilleure façon de devenir esclave ?

  • 4 mai 2013 · 19h25 Danielle Favreau

    ….Il y a toujours eu dans chaque circonscription quelques candidats indépendants…Au provincial il serait possible que quelques dizaines de milliers de personnes décident de se porter candidats indépendants. 175 a 200 par circonscription. Plus ou moins 20,000 candidats indépendants pour l ensemble du Québec…voila qui ferait trembler les élites et les partis politiques ! Une Évolution sans armes, ni larmes et encore moins de casseroles…La démocratie directe pour et par le peuple.

  • 4 mai 2013 · 22h22 André Bigras

    Allez-y avec la démocratie directe. Mais vous constaterez que la majorité de la population montréalaise est d’accord avec le règlement P6. Vous en serez désolé, bien sûr, et sonné, c’est sûr mais ça sera le poids de la réalité.

  • 5 mai 2013 · 08h27 André Bigras

    La démocratie directe est un voeu pieux qui ne mène, généralement, que par la prise de pouvoir par les « grandes gueules  » et, parfois, par les groupes les plus structurés. La démocratie par délégation de pouvoir à des élus évite ces problèmes.

    Quant à consulter la population par voie référendaire, c’est génia….mais dangereux. Par exemple, dans le cas du règlement P6, je suis absolument convaincu que l’immense majorité des montréalais viendrait appuyer le règlement tel qu’il est.

    Dans le cas de P6, vaut mieux s’en remettre aux tribunaux pour en diminuer les irritants car, le peuple, lui, ne fera pas dans la dentelle. Il l’approuvera sans le réformer.

  • 5 mai 2013 · 08h28 André Bigras

    La démocratie directe est un voeu pieux qui ne mène, généralement, qu’à la prise de pouvoir par les « grandes gueules » et, parfois, par les groupes les plus structurés. La démocratie par délégation de pouvoir à des élus évite ces problèmes.

    Quant à consulter la population par voie référendaire, c’est génia….mais dangereux. Par exemple, dans le cas du règlement P6, je suis absolument convaincu que l’immense majorité des montréalais viendrait appuyer le règlement tel qu’il est.

    Dans le cas de P6, vaut mieux s’en remettre aux tribunaux pour en diminuer les irritants car, le peuple, lui, ne fera pas dans la dentelle. Il l’approuvera sans le réformer.

  • 5 mai 2013 · 09h14 Jacques Morissette

    Délégué des pouvoir à des élus oui, mais qui sont souvent, potentiellement parlant, des grandes gueules. Malheureusement, ce ne sont pas toujours des gens de qualités qui courent après le pouvoir.

    Mais, tout de même, il y en a des gens de qualité au pouvoir. Le problème, c’est que finalement, ces gens de qualité se font souvent avaler par les grandes gueules. Vous voulez des exemples?

  • 5 mai 2013 · 09h17 André Bigras

    Je parle des défauts de la démocratie directe, Monsieur Morrissette et, aussi, des résultats prévisibles d’une démarche de démocratie directe quant à une consultation sur le règlement P6.

  • 5 mai 2013 · 09h23 André Bigras

    L’opinion de Vincent dans ses commentaires fait du sens. La démocratie directe n’est pas applicable dans une société complexe comme la nôtre. Je le dite : « Cette démocratie directe participative est un concept irréaliste dans le monde dans lequel on vit. Il peut fonctionner pour gérer une coopérative de 10 personnes mais au-delà de ça… »

    J’ajouterais qu’au-delà d’un certain nombre de participants, la démocratie directe est utilisée par des groupes de pression, des groupes structurés et des grandes gueules. On n’a qu’à regarder les exemples de démocratie directe dans les CA de nos institutions. Par exemple, tout le monde, absolument tout le monde peut participer et avoir une influence réelle dans le CA d’un hôpital. Qui assiste au CA, qui veut participer…des membres des syndicats et des représentants attitrés des patients. Pas plus.

  • 5 mai 2013 · 09h29 Jacques Morissette

    Je parle des défauts de la démocratie tout court. Ce ne sont pas toujours les individus les plus aptes qui sont attirés par le pouvoir. Une grande part des problèmes de notre démocratie dépend plus du manque d’éducation de la population que de la démocratie comme telle. Je le dis à regret, mais des gens bien éduqués serait plus difficile à faire mordre à l’hameçon des grandes gueules.

    Vous voulez que je vous dise: Les gens sont trop passifs, « du pain et des jeux » est souvent leur devise. Maintenant, je ne veux pas faire le procès de qui que ce soit, disons que cette passivité dépend en grande partie de notre système d’éducation et de notre culture qui entraînent plus les gens à devenir de smoutons qui suivent plutôt que des entrepreneurs qui avancent.

    Autrement dit, en résumé, les grands gueules ses vautrent dans un système qui leur est favorable. Démocratiquement parlant, on voudrait bien changer pour une voiture plus puissante, mais il faudrait aussi apprendre aux gens à la conduire. Je ne dis pas cela simplement pour critiquer, André. J’essaie simplement de vous décrire la photo de ce que je vois.

  • 5 mai 2013 · 09h31 André Bigras

    Nous sommes d’accord sur votre diagnostic de la démocratie. Mais, dans la chronique de McCready, on suggère un mode de démocratie encore plus irréaliste, soit la démocratie directe. C’est plutôt cet aspect qui m’interpelle…par sa grande naïvité surtout.

    Quant à consulter la population par voie référendaire, je leur dis « bonne chance  » car ils seront surpris que la population ne pense pas comme eux.

  • 5 mai 2013 · 09h40 Jacques Morissette

    Je comprends! C’est en effet un peu naïfs. Mais, je n’ai rien contre sa suggestion. Je vois sa suggestion un peu comme celle d’un jardinier qui, idéalement, travaille la terre pour y faire pousser quelque chose de mieux, plutôt que celui d’y laisser pousser à peu près n’importe quoi, à force de suivre le courant.

    Il ne faut pas mettre un bouclier devant les idées des autres. Il faut plutôt s’en servir dans un esprit constructif et réfléchir pour s’en faire un tremplin dans le but d’aller plus loin dans la réflexion. Bonne journée, JM

  • 5 mai 2013 · 09h46 André Bigras

    Bonne journée à vous. D’ailleurs je vais dans le jardin pour y travailler. C’est le temps du désherbage. Pour prolonger votre métaphore jardinière, je vous dirais qu’il ne sert à rien de replanter des pousses qui n’ont jamais réussi à croître. Vaut mieux connaître son jardin et vivre avec ce qui peut y pousser. C’est le principe de réalité…dans le jardin comme dans la politique.

  • 5 mai 2013 · 09h49 Jacques Morissette

    Le système capitaliste.

    http://naban.ca/blog/?p=2599

  • 5 mai 2013 · 09h50 André Bigras

    À bientôt. J’ai peur qu’il fasse trop chaud.

    Quant au système capitaliste, il est irremplaçable. Il ne peut qu’être transformée.

  • 5 mai 2013 · 11h59 Serge Trottier

    Démocratie directe, SansParti, tous les voteurs blancs, abstention, annulation peuvent s’ils le veulent se présenter comme candidats indépendants dans leur comté, aussi bien, fédéral, provincial, municipal. Ça veut dire plus d’un million de candidats indépendants, c’est plus intelligent comme ça que descendre dans la rue et d’être matraqué par des barbares payés avec nos taxes, qui ont comme premier travail de nous protéger. Facile, facile, à comprendre, à faire. Si tu trouves l’idée bonne soit contagieux, AIME….suis. si non attendons le messie.
    Il me fait plaisir de te déranger, j’essaie juste de faire mon
    possible pour un monde meilleur, est-ce la même chose pour toi?

  • 6 mai 2013 · 00h12 André Bigras

    Cher Serge, les stratégies du pire sont les pires stratégies.

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  • Denis McCready
    Natif francophone du Plateau Mont-Royal forcé d’épeler son nom depuis son enfance, photographe désarmé aux réflexes intacts, producteur de documentaire en proie au doute, auteur tardif obsédé par l’envie de raconter ses histoires avant de crever, orateur inspiré par son indignation et son coupable plaisir d’être écouté, marcheur omnivore allergique à la bêtise humaine, optimiste récalcitrant mais occasionnellement désappointé, modeste défenseur de droits humains, ami loyal. Il est l’auteur de la « Lettre ouverte aux autres humains » parue sur Voir.ca. Vous pouvez aussi consulter son CV si ça vous chante : http://bit.ly/xD8g2X

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